Bon, je ne vous apprendrai rien en vous disant que c’est un brin le bordel social en cette fin d’année 2026. Devant le déferlement de vidéos illustrant violences policières et montée du fascisme, devant les mains éclatées, les yeux crevés, les gamins tabassés, on est pris d’une envie pressante de prendre ses jambes à son cou et de détaler comme un lapin loin, loin, loin si possible dans une île déserte … seulement voilà les îles désertes y en a pas bézef, on n’a pas le fric pour y aller, ni la formation pour jouer les Robinson Crusoé survivalistes. Que nous reste-t-il alors ? Les soirées Bragi Pufferfish bien sûr. Depuis toutes ces années que nous suivons les aventures de nos chers camarades, le savoir-faire est là , le talent aussi, l’engagement par ailleurs.
Les soirées La Velu.e et Beautiful Skin sont désormais implantées dans le paysage nocturne parisien, fidélisant un public conquis, la Gang Bambi fait doucement son trou … à la clé, une quête sans fin de jeunes talents qui des platines qui du cabaret, une communauté qui se rassemble sous le signe du rire et de la fête … et des safe spaces où l’on se tolère et s’entraide. C’est là l’important aujourd’hui. Vu le climat, la peur qui règne, profiter d’un safe space le temps d’une soirée, c’est un luxe qui ne se refuse pas, surtout quand le safe space fait aussi office de lieu d’échange, de conseil et d’éducation populaire.
Ce sera le cas lors de l’event Nos luttes font du bruit organisée à la Rotonde par le collectif Nous Toutes 93 Antiraciste. Au programme de cette « soirée de lancement des mobilisations contre les violences de genre, sociales et d’état » :
- une parenthèse clubbing en mode carte blanche aux membres du Bragi Pufferfish que sont Loki Starfish, Fabisounours, Louna Driol et Jackie Fuego (ça, c’est pour clore la soirée sur une touche djset + dancefloor = je m’éclate sur des rythmes electro/techno/house et plus si affinités, histoire de vider le trop plein de tension – c’est bien connu, l’activité physique, c’est bon pour faire baisser le stress, ne nous en privons donc pas surtout les Bragi sont aux platines).
- de 22h à minuit, du stand up !!!!! Stand-up assuré par Tatiana, Déelle, Violaine Henry et Juliette Clocher, soit quatre donzelles au verbe acéré et à la langue bien pendue, qui déboulonnent patriarcat, capitalisme, racisme et autres saloperies sociétales avec une allégresse communicative qui vous fera beaucoup de bien au mental (et en plus elles ne manquent guère d’arguments, donc vous moissonnerez le plein d’idées pour dézinguer le tonton facho lors du prochain repas de famille, pas dit que votre maman apprécie, mais ça vous fera tellement de bien – au passage cliquez sur leurs noms, lesl iens amènent directement sur leurs comptes Insta, vous aurez un avant-goût de leurs prouesses, clairement elles ont du ressort et du talent, c’est juste jouissif).
- un drag show animé/boosté/survitaminé par Nick Lebel, Angel Ick, Malédiction et Gotyosin, attendez-vous là aussi à ce que ça tape fort et à raison sur les dysfonctionnements actuels, le racisme, l’homophobie ambiante au autres pollutions de l’esprit qui auraient largement tendance à se décomplexer par les temps qui courent.
- le live de Mozzaika, profil artistique pluridisciplinaire des plus réjouissants, qui mêle les cultures, les sons, les tendances pour affirmer son identité et la nôtre dans une poésie travaillée mais directe en mode « ta norme m’ennuie » et « j’existe et j’t’emmerde ».
Il y aura probablement d’autres surprises de dernière minute dont je ne sais rien, mais c’est justement ça l’attrait de la surprise.
J’ajoute un élément qui me semble crucial. Une table ronde en accès libre ouvrira la soirée sur une « prise de parole et des échanges sur les violences de genre, sociales et d’État » en d’autres termes, l’occasion de pour chacun.e de vider son sac, d’évoquer ses peurs, sa colère, sa frustration tout en dialoguant sur ce qui ce passe actuellement.
Exprimer, réfléchir, rire, analyser, partager, se sentir moins seul.e face au monde qui nous entoure, la brutalité étatique qui nous frappe : c’est aussi ça un safe space, et cela revêt une fonction cathartique et fédératrice essentielle lors des crises sociales comme celle que nous traversons.
Pour en savoir plus et préparer votre venue, consultez le compte Instagram de Bragi Pufferfish et du collectif Nous Toustes 93 antiraciste