Pour la première fois en France et jusqu’au 3 janvier 2027 (roulement de tambour!!!!), le musée Granet d’Aix-en-Provence présente l’exposition Paul McCartney photographe, 1963-64 : Eyes of the Storm. Au programme plus de 250 clichés pris par le musicien lui-même, archives inestimables s’il en est car témoignage rare du tourbillon qui allait porter les Beatles aux nues et les inscrire en lettres d’or au fronton du temple du rock.

Un trésor redécouvert par hasard

Comme c’est souvent le cas, tout commence par une redécouverte qui tiendrait presque du miracle. En 2020, surgies des archives du musicien, un millier de photographies remontent à la surface, prises par lui-même à l’aide d’un petit appareil 35 mm. L’artiste avait été initié à la photographie dès son enfance grâce à un Kodak Brownie familial qu’il partageait avec son frère.

C’est donc tout naturellement qu’il documente le quotidien de son groupe, et qu’il saisit, image après image, ce phénomène culturel en marche. Ces images, restées inédites pendant des décennies, le musée Granet les donne aujourd’hui à voir au public, avec cette particularité que ces documents sont le fruit du regard d’un des protagonistes de l’aventure Beatles.

De Liverpool à Miami, la tournée vue de l’intérieur

L’exposition se déploie en sept séquences chronologiques : Derrière l’objectif, Liverpool et Londres, Paris, Départs et arrivées, New York, De New York à Washington, Miami, comme autant d’étapes d’un voyage aussi géographique qu’intérieur. L’exposition décortique donc la trajectoire qui a mené le groupe d’un succès local (Liverpool et Londres à la fin de l’année 1963) à la célébrité internationale.

Paris en janvier 1964 puis la traversée de l’Atlantique vers les États-Unis, où leur passage au Ed Sullivan Show sera suivi par environ 73 millions de téléspectateurs. Consécration donc, les USA des Sixties constituant une étape clé dans une carrière de rocker. On notera du reste la fascination qui anime McCartney devant cette terre de modernité sublimée, fascination que ses photographies reflètent.

L’intimité derrière le phénomène

Ces clichés documentent par ailleurs l’envers du décor : les longues journées de répétition, les chambres d’hôtel, la route, le regard constant des médias sur quatre garçons de Liverpool à peine sortis de l’adolescence et déjà happés par les feux de la renommée. Certaines images, saisies à la volée à travers une vitre de train ou une lunette arrière de voiture, restent volontairement floues ; d’autres, plus posées, capturent avec précision l’esthétique d’une époque aujourd’hui disparue, jusqu’à ce trottoir devant l’Olympia, à Paris, où les Beatles partageaient l’affiche avec Sylvie Vartan.

Nostalgie d’une époque révolue ? Interrogé sur tous ces souvenirs, Paul McCartney a confié avoir redécouvert ces clichés avec plus de joie que de regret, savourant au passage la mémoire précise de lieux traversés et d’instants vécus comme une chance, une émancipation.

Une exposition sous haut patronage

Organisée par Paul McCartney lui-même avec Sarah Brown pour MPL Communications, en collaboration avec Rosie Broadley de la National Portrait Gallery de Londres, l’exposition est labellisée Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation des Rencontres de la photographie d’Arles. Autant dire que ce parcours a de bien prestigieuses marraines penché sur son berceau.

L’occasion de rappeler que l’histoire du rock se mêle intimement à celle de la photographie, qui fut placée aux premières loges des concerts et des enregistrements célèbres qui fleurirent durant les Trente Glorieuses, quand il ne s’agissait pas de pointer le bout de l’objectif dans les backstage même, dixit notre article « Des riffs & des flashes : comment la photographie a façonné les légendes du rock ».

Pour en savoir plus et préparer votre visite, consultez le site du Musée Granet.

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