Halston : Icare de la mode ?

affiche de la mini serie Halston

Décidément, Ryan Murphy n’en finit plus de s’imposer comme LA référence de ce début de XXIeme siècle en matière de séries à la fois qualitatives, divertissantes et engagées. Nouveau joyau à inscrire à son palmarès : le superbe Halston.

Succès, chute et rédemption

Cinq épisodes de 45 minutes chacun pour narrer le destin du couturier américain depuis ses débuts de modiste préféré de Jackie Kennedy jusqu’à sa chute et sa rédemption en passant par un succès planétaire éclatant sur les catwalks du monde entier. Dans le sillage de cet Icare de la mode, des personnalités flamboyantes comme Liza Minelli, Elsa Peretti, Victor Hugo … Pour illuminer son apogée, la folie du Studio 54, la drogue et les orgies à gogo … pour annoncer sa décadence, l’épidémie de SIDA qui l’emportera. Et pour valider sa légende, les magnifiques costumes dessinés pour la chorégraphe Martha Graham.

La grandeur d’un nom

Le tout emballé dans une adaptation du livre de Steven Gaines Simply Halston : The untold story, adaptation flamboyante, ultra dynamique et sans concession comme seuls Murphy et son comparse Ian Brennan savent en faire. L’occasion de rendre à Halston la grandeur de son nom, nom qui lui fut littéralement volé par des investisseurs peu scrupuleux. La série donne à voir, outre cette folie créatrice à l’œuvre durant les 70’s, la manière dont le secteur de la mode est alors devenue un juteux business où s’engouffrèrent des hommes d’affaire plus désireux de s’enrichir à tout va que de protéger les arts.

Les démons de la finance

Styliste génial mais toujours en quête d’argent pour réaliser ses rêves, Halston paiera bien trop cher ce pacte avec les démons de la finance. Outre sa santé rongée par l’épuisement créatif, la drogue et le sida, il y laissera son entreprise, sa célébrité, son nom. Et son inspiration. Pour interpréter ce géant aux pieds d’argile, égocentrique, insécure et attachant, Ewan McGregor, proprement stratosphérique, qu’il s’agisse de draper une robe, de se rouler dans la fange ou de pleurer de chagrin devant sa vie gâchée. Et pour l’accompagner un casting percutant où Krysta Rodriguez se distingue, époustouflante Liza Minelli.

Une revanche

On ressort de cette série à la fois ébloui, ému, le cœur serré par semblable parcours. Mais comptez sur Murphy pour savoir réveiller les mémoires endormies. Halston tient ici sa revanche : Netflix est devenu LE prescripteur international par excellence. Cette nouvelle production, qualitative et osée à la hauteur du Saint Laurent de  Bertrand Bonello auquel elle pourrait faire écho, devrait déclencher de véritables passions pour ce génie fasciné par Balenciaga, inscrit dans la culture américaine, mais dont le nom s’était doucement effacé après avoir fait trembler la concurrence européenne.

Et plus si affinités

Vous pouvez regarder la série Halston sur Netflix.