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	<title>psychopathe</title>
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		<title>Mobland : « power is a hungry thing »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-mobland/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Sep 2025 09:41:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mobland : rien que le casting de la série est jubilatoire. Tom Hardy, Helen Mirren, Pierce Brosnan, Paddy Considine, Joanne Froggatt, Mandeep Dhillon, Lara Pulver, Geoff Bell, Janet McTeer, Toby Jones, Anson Boon, Alex Jennings et j’arrête là vu la longueur de liste qui n’affecte en rien la qualité d’acteurs de haut vol menés bielle en tête par Ronan Bennet avec à la prod un certain Guy Ritchie. Autant dire que...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="480" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland.jpg" alt="affiche de la série Mobland" class="wp-image-38312" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland.jpg 480w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland-230x288.jpg 230w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/09/The-ARTchemists-Mobland-395x494.jpg 395w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></figure>



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<p><em>Mobland</em> : rien que le casting de la série est jubilatoire. Tom Hardy, Helen Mirren, Pierce Brosnan, Paddy Considine, Joanne Froggatt, Mandeep Dhillon, Lara Pulver, Geoff Bell, Janet McTeer, Toby Jones, Anson Boon, Alex Jennings et j’arrête là vu la longueur de liste qui n’affecte en rien la qualité d’acteurs de haut vol menés bielle en tête par Ronan Bennet avec à la prod un certain Guy Ritchie. Autant dire que <em>Mobland</em> rien que par son affiche met la barre haut. Et la série est au rendez-vous.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="MobLand | Bande-annonce VOSTFR - Paramount+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ykMMkvOJFoo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Quand le pouvoir se fissure</h2>



<p>Un petit pitch&nbsp;: le clan Harrigan règne en maître sur la pègre londonienne depuis des années. Mais comme toute famille régnante, il arrive un moment où le pouvoir se fissure. <em>Mobland </em>évoque ce craquellement aux allures de bombardement atomique. Car le clan Harrigan a construit son empire sur la violence, le sang, la terreur et la folie. «&nbsp;Power is a hungry thing&nbsp;» est le moto du patriarche, et cela reflète la mentalité à l’oeuvre dans cette parentèle.</p>



<p>Pour le dire clairement, ils sont tous ou complètement dingues tendance psychopathe (les grands parents et le petit dernier) ou très abîmés psychiquement (tous les autres, pièces rapportées y compris). Forcément, quand le fils du clan rival, les Bell pour ne pas les nommer, est retrouvé en petits morceaux, la guerre éclate, féroce, le pouvoir est contesté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;?</h2>



<p>Au milieu de ce joyeux et très saignant bordel, Harry Da Souza, l’homme à tout faire des Harrigan, tente de tempérer les choses. Compliqué vu qu’en plus de gérer les coups de folie des membres de cette meute (et leurs très nombreuses trahisons), Harry doit essayer de sauver son couple, sa vie de famille. Pas évident évident&nbsp;: quand on bosse pour les Harrigan, on n’a pas de vie perso, elle est forcément bouffée par les errements de cette bande de fous sanguinaires.</p>



<p>Et c’est là que se pose la question&nbsp;: pourquoi Harry reste-t-il&nbsp;? Par loyauté viscérale&nbsp;? Par sens des responsabilités (il faut bien quelqu’un pour canaliser ces fauves et il est visiblement le seul à y parvenir)&nbsp;? Par goût du fric (le job est dangereux mais il paie)&nbsp;? Ou y a-t-il autre chose&nbsp;? Lien caché, stratégie de l’ombre, tout le monde s’interroge, les Harrigan en premier. Car Harry est courtisé par les autres gangs, ses talents, sont précieux, sa retenue et son efficacité appréciées, sa perspicacité et sa diplomatie respectée. Alors pourquoi&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tragédie royale et thérapie familiale</h2>



<p>Cette question s’infiltre partout dans une intrigue à rebondissements multiples particulièrement violents, propres à l’univers tissé par Ritchie depuis son premier film <em>Crimes, arnaques et botanique</em>. Sauf qu’ici, l’humour cède le pas à la tragédie royale façon Shakespeare, à la thérapie familiale en mode Ari Aster. Imaginez le mélange pour le moins explosif qui en résulte.</p>



<p>Sur fond de règlements de compte entre clans mafieux, Ronan Bennet autopsie les rouages grippés d’une famille rongée par les non-dits, les secrets. Imaginez <em>Secrets and lies</em> de Mike Leigh mais avec des lames de rasoir, des armes d’assaut et des tronçonneuses. Le tout pulsé par une bande-son de dingue, un générique d’anthologie scandé par le magnifique et très retors «&nbsp;Starbuster&nbsp;» de Fontaine D.C. (rarement une chanson n’a autant collé au sujet d’une fiction, lui intimant une signature mélodique propre).</p>



<p>Voilà. Arrêtez de me lire, regardez <em>Mobland</em>, savourez la jouissance des acteurs qui s’éclatent dans ce jeu de massacre, c’est juste palpable. Profitez de cet OVNI qui bousille les genres, et priez très fort qu’on n’annule pas la seconde saison.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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		<title>X- Pearl – MaXXXine : la célébrité jusqu’à l’obsession</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/x-pearl-maxxxine-films/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 10:45:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le grand écran comme passerelle vers la célébrité&#160;: un thème usé jusqu’à la corde. Ti West s’en empare pour accoucher d’une trilogie sanglante qui dynamite le rêve américain. X- Pearl – MaXXXine&#160;: menée bille en tête par une Mia Goth sidérante à bien des égards, le triptyque a tout pour devenir aussi culture que les genres cinématographiques auxquels il rend talentueusement hommage. X (2022) : quand le rêve pornographique vire...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-X-Pearl-Maxxxine.jpg" alt="" class="wp-image-38274" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-X-Pearl-Maxxxine.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-X-Pearl-Maxxxine-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/08/The-ARTchemists-X-Pearl-Maxxxine-494x395.jpg 494w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Le grand écran comme passerelle vers la célébrité&nbsp;: un thème usé jusqu’à la corde. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ti_West">Ti West</a> s’en empare pour accoucher d’une trilogie sanglante qui dynamite le rêve américain. <em>X- Pearl – MaXXXine</em>&nbsp;: menée bille en tête par une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mia_Goth">Mia Goth</a> sidérante à bien des égards, le triptyque a tout pour devenir aussi culture que les genres cinématographiques auxquels il rend talentueusement hommage.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="X | bande-annonce vostfr" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/zjFi25nRznU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>X</em></strong><strong> (2022) : </strong><strong>quand l</strong><strong>e rêve pornographique vire au cauchemar</strong></h2>



<p>Situé en 1979, <em>X</em><em>, </em><em>le premier volet de cette goresque saga,</em>suit une équipe de tournage de films pour adultes qui déboule dans une ferme isolée au Texas. Maxine Minx (Mia Goth) compte bien s’y tailler la part du lion et propulser sa carrière. C’est sans compter sur Pearl, la propriétaire des lieux et son époux, vieillards isolés aux mœurs étranges et malsaines, avec une certaine tendance au massacre de masse.</p>



<p>Classique&nbsp;: le tournage tourne au carnage dans la plus pure tradition du slasher. <em>Vendredi 13</em>, <em>Halloween </em>et consort servent de socle à l’extermination particulièrement énergique de ces acteurs porno trop libérés au goût de leurs hôtes. Hôtes qui vont cependant se casser les dents sur Maxine qui n’a pas du tout l’intention de se laisser buter. Naissance d’une héroïne doublée d’une prédatrice&nbsp;?</p>



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<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Pearl </em></strong><strong>(2022) : </strong><strong>a</strong><strong>ux sources d’une psychose meurtrière</strong></h2>



<p>Préquelle de <em>X</em>, <em>Pearl</em> se déroule en 1918 et retrace la jeunesse de la vieille dame évoquée plus haut. Et sa mutation en meurtrière psychopathe. Son jeune époux étant mobilisé en France, Pearl est coincée dans la ferme parentale et elle s’y ennuie. Père handicapé, mère autoritaire, Pearl étouffe dans cet univers confiné. Elle n’a qu’une envie&nbsp;: devenir danseuse et partir, loin. L’envie tourne à l’obsession, et Pearl va tout faire pour réaliser son rêve. TOUT. Y compris l’inimaginable, l’insupportable.</p>



<p>Mia Goth endosse le rôle de cette jeune femme aussi fragile que cruelle. Elle y explose littéralement, occupant l’espace, l’écran, l’esprit. Épouvantable. On ne sait ce qui terrorise le plus&nbsp;: ses accès de violence, ses crises de larmes ou sa froideur. Un mélange de tout cela en mode technicolor, exprimé en un ultime sourire qui laisse le spectateur figé, offrant la clé du film précédent dans une retournement de situation proprement génial.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="MaXXXine | Official Trailer HD | A24" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/y0uS3t6nFgY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>MaXXXine </em></strong><strong>(2024) : Hollywood, entre rêve et cauchemar</strong></h2>



<p>Dernier opus de la trilogie, <em>MaXXXine</em> revient sur le parcours de Maxine Minx.&nbsp;Nous sommes en 1985&nbsp;: elle a survécu au premier opus, est installée à Los Angeles et tente de percer à Hollywood. Engagée dans un film d&rsquo;horreur, elle se retrouve confrontée à un tueur en série inspiré du « <a href="https://www.theartchemists.com/night-stalker-netflix-richard-ramirez/">Night Stalker</a>« , et qui menace de révéler son passé.</p>



<p>Connaissant les méthodes et la volonté de Maxine, on imagine bien qu’elle ne va pas se laisser faire. Ici encore, le prédateur ne sera pas celui qu’on croit. Il faut préciser que Maxine la survivante évolue dans un milieu de requins. Les dessous de l&rsquo;industrie cinématographique ne sont guère reluisants et les sacrifices consentis par l’héroïne trop importants pour qu’elle se laisse assassiner sans rien faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eros/Thanatos version trash</h2>



<p>À travers cette trilogie, Ti West interroge bien évidemment le mythe du rêve américain et les moyens employés pour y parvenir. Ses héroïnes sont en quête de reconnaissance, prêtes à tout pour devenir célèbres. Si elles s’adonnent au pire, c’est en toute connaissance de cause, volontairement. La société du spectacle en prend un sacré coup&nbsp;: pour sortir de l’anonymat, il y a la danse ou le porno.</p>



<p>Toutes ne sont pas forcément nées du bon côté de la barrière. Pour être reconnues, elles doivent employer la manière forte. C’est un peu la logique à l’œuvre dans la trilogie. Et Ti West fait en sorte de nous faire tanguer entre horreur et empathie face à ces jeunes filles acculées au pire pour réussir, et qui vont s’y adonner avec une forme évidente de délectation. Eros/Thanatos&nbsp;? Oui mais version trash.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au centre de l’objectif, Mia Goth</h2>



<p>Un trash teinté d’atmosphères, de tonalités différentes. Ti West connaît ses classiques, il les aime&nbsp;: <em>Massacre à la tronçonneuse</em>, <em>Psychose</em>, <em>Freddy, Ténèbres </em>se mêlent à <em>Gorge Profonde </em>ou <em>Le Magicien d’Oz </em>pour offrir un regard profondément dérangeant, malsain, alimenté par la bande originale, les cadrages, les couleurs, le grain de l’image. Au centre de l’objectif, Mia Goth.</p>



<p>Elle porte les trois films à bout de bras, tissant le lien entre les intrigues. Maxine, c’est Pearl avec 40 ans de plus. Dans une Amérique en train de se libérer. Si Pearl avait vécu dans les années 70, elle aurait plus facilement pu s’imposer. C’est ce qui ressort de l’interprétation de Goth, qui fait planer le doute avec un rare subtilité, cache une puissance incroyable derrière un visage insouciant ou candide parfois, dur aussi quand il s’agit de frapper.</p>



<p>Pour comprendre La trilogie <em>X – Pearl – MaXXXine</em> de Ti West, il faut faire le parallèle avec <a href="https://www.theartchemists.com/manson-perou-photographe-rock/">Marilyn Manson</a>. Chaque membre du groupe a forgé son nom de scène en associant le prénom d’une grande actrice et le nom d’un tueur en série. Histoire de mettre en exergue ce qui motive la société américaine&nbsp;: le sexe et la mort violente. Les deux pôles du cinéma hollywoodien en général et des films d’horreur en particulier. Et une synthèse rock de l’humanité obsédée par la reproduction et l’anéantissement. Pour échapper à l’oubli, la célébrité&nbsp;via la caméra ou le meurtre.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Dangerous Animals : le requin comme kit de meurtre</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/dangerous-animals-film-sean-byrne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Padme Purple]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 15:50:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ouh là, avis de tempête pour le shark movie ! Avec Dangerous animals, Sean Byrne redéfinit le genre en lui greffant le cynisme glaçant d’un serial killer qui n’a ni aileron ni mâchoires dentées. 50 ans après la naissance du cultissime Jaws, il fallait le faire ! Une arme venue des profondeurs On a tous grandi avec Les Dents de la mer, sa musique devenue mythique, cette trouille viscérale de ce qui...</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-dangerous-animals.jpg" alt="" class="wp-image-38228" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-dangerous-animals.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-dangerous-animals-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2025/07/The-ARTchemists-dangerous-animals-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Ouh là, avis de tempête pour le shark movie ! Avec <em>Dangerous animals</em>, Sean Byrne redéfinit le genre en lui greffant le cynisme glaçant d’un serial killer qui n’a ni aileron ni mâchoires dentées. 50 ans après la naissance du cultissime <em>Jaws</em>, il fallait le faire !</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Dangerous Animals: Official Teaser | Jai Courtney | HD | IFC Films" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/lA7Jm6GdLOU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Une arme venue des profondeurs</h2>



<p>On a tous grandi avec <em><a href="https://www.theartchemists.com/dents-mer-jaws-documentaire/">Les Dents de la mer</a></em>, sa musique devenue mythique, cette trouille viscérale de ce qui rôde sous l’eau. Depuis, le requin s’est bétoné dans l’imaginaire cinématographique comme un tueur autonome, implacable, une entité quasi surnaturel. Sean Byrne inverse cette logique. Dans <em>Dangerous Animals</em>, le requin n’est pas le tueur. Il est l’élément clé du kit de meurtre d’un tueur psychopathe.</p>



<p>Tucker, interprété par un <a href="https://www.instagram.com/jaicourtney/">Jai Courtney</a> sidérant de froideur, est un capitaine de bateau, guide touristique en apparence, surtout tueur en série aussi métodique que prolixe. Son rituel ? Enlever des jeunes femmes, les séquestrer sur son bateau, filmer leur agonie tandis qu’il les offre vivantes à ses « animaux dangereux » préférés. Clairement, le monstre, c’est lui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tension à bout de souffle</h2>



<p>Le film se déroule presque intégralement en huis clos, entre le pont du bateau et la cale transformée en cellule flottante. Zephyr (Hassie Harrison), surfeuse indépendante et dure à cuir, se retrouve piégée dans ce cauchemar maritime. Pas de cris, pas de panique excessive : tout est contenu, sec, tendu à l’extrême.</p>



<p>La réalisation minimaliste de Byrne, déjà remarquable dans <em>The Loved Ones</em> et <em>The Devil’s Candy</em>, atteint ici un nouveau stade de maturité glaçante. Il filme l’attente angoissée, la peur rampante, l’aliénation psychologique, la lutte pour la survie. Le score, discret mais redoutablement bien dosé, n’exagère jamais. Il laisse respirer les scènes, accentue les silences, souligne sans lourdeur. On entend la mer, le métal, la respiration de Zephyr. L’angoisse devient organique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Suggestion, domination, sidération</h2>



<p><em>Dangerous Animals</em> ne cherche pas la surenchère. Il la méprise. Pas de jump scares inutiles. Pas d’anatomie gore. Tout est dans la suggestion, la domination, la sidération. On pense à <em>Funny Games</em>, à <em>Martyrs</em>, à <em>Dead Calm</em>… mais avec des requins. Et ça fonctionne. Parce que le film ne cherche pas qu&rsquo;à faire peur, il veut aussi perturber. Faire émerger une horreur contemporaine : celle où l’humain, dans sa rationalité malade, s’approprie la nature pour commettre l’irréparable.</p>



<p>Tucker ne tue pas par pulsion. Il tue avec méthode. Il repère, il filme, il archive, il sélectionne. Il savoure la chasse, un peu comme le tueur de l’excellent/terrifiant <em>Wolf Creek</em> de Greg McLean. Et son arme de prédilection est parfaitement naturelle, d’une rare efficacité, presque intraçable : des squales. Ainsi le <em>shark movie</em> de muter pour devenir thriller psychologique sadique et cynique, jeu pervers entre prédateur humain et proie piégée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Requin mais pas que&#8230;</h2>



<p>Projeté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes 2025, salué par la critique pour son audace et son ambiance implacable, <em>Dangerous Animals</em> n’est pas un chef-d’œuvre à effets, c’est une machine à malaise. Son efficacité repose sur un casting solide, une tension qui s’installe rapidement pour ne jamais redescendre, une mise en scène qui ne prend jamais le spectateur pour un débile.</p>



<p>Zephyr n’est pas une victime passive. Elle pense, elle résiste, elle observe. Elle ruse. Le climax — silencieux, tranchant, brut — rappelle que dans un monde où les tueurs sont des gens “ordinaires”, la survie passe par l’intelligence, pas par l’héroïsme. Et que le prédateur demeure l’humain, qui détourne la nature tout en l’avilissant.</p>



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		<title>Ed Kemper (2025) : anatomie d’un prédateur selon Chad Ferrin</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/ed-kemper-film-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 07:32:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zoom sur le film Ed Kemper ! Réalisé par Chad Ferrin, ce biopic retrace le parcours sanglant du « Co-Ed Killer » aka « L’Ogre de Santa Cruz ». Des surnoms forgés par des médias en mal de sensation, mais derrière ces appellations, il y a une réalité sordide que le film s’ingénie à restituer avec un réalisme aussi détestable que nécessaire. Et qui remet les pendules à l’heure. Gestation d’une dérive criminelle Un père...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p>Zoom sur le film <em>Ed Kemper </em>! Réalisé par <a href="https://www.instagram.com/chad.ferrin/">Chad Ferrin</a>, ce biopic retrace le parcours sanglant du « Co-Ed Killer » aka « L’Ogre de Santa Cruz ». Des surnoms forgés par des médias en mal de sensation, mais derrière ces appellations, il y a une réalité sordide que le film s’ingénie à restituer avec un réalisme aussi détestable que nécessaire. Et qui remet les pendules à l’heure.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Ed Kemper (2025) Official Trailer" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/hz6e8zYs6tg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Gestation d’une dérive criminelle</h2>



<p>Un père absent, une enfance marquée par les abus&nbsp;: le moins qu’on puisse dire, c’est que les premières années de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_Kemper">Kemper</a> constituent un terreau plus que fertile pour sa dérive criminelle. Ferrin avec un œil expert trace les grandes lignes de cette gestation, en débutant par le meurtre fondateur, celui des grands-parents, que Kemper annonce à sa mère comme un défi. Tout est dit&nbsp;: sa carrière de serial killer servira d’exutoire pour s’émanciper d’une génitrice désaxée et castratrice dont il quête désespérément, sinon l’amour, du moins la reconnaissance.</p>



<p>Pas une excuse, me direz-vous, et vous aurez raison. Un psychologue conseillera au jeune Kemper rendu à la liberté après des années d’incarcération suivant ses deux premiers assassinats&nbsp;: «&nbsp;Surtout tenez-vous loin de votre mère&nbsp;», ce que le gamin ne fera pas. Le résultat, on le connaît&nbsp;: une dizaine de victimes, des jeunes filles mises à mort de la pire des façon, violées et démembrées post mortem, puis sa mère et une de ses amies. Le geste ultime, libérateur, puisque Kemper se rendra ensuite à la police pour aller croupir en prison.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Jouer à la poupée</strong></h2>



<p>La narration explore la transformation de Kemper en monstre. La barbarie des crimes, des dépeçages, des jeux sexuels nécrophiles sont abordés sans équivoque, le <em>modus operandi</em> relaté avec un réalisme prenant et écœurant. Ferrin capte l’horreur absolue que constitue ce type envahi par ses pulsions de mort. Maladroit d’abord, de plus en plus rôdé avec la pratique, froid, calculateur, désinhibé. Prenant de l’assurance quand il aborde ses proies mais grognant, hurlant comme un animal au moment de les mettre à mort.</p>



<p>Des victimes qui ne sont rien d’autres que des poupées, des jouets que Kemper, gigantesque (il faisait deux mètres de haut pour 136 kilos), photographie, déplace, découpe, baise à loisir avant de s’en débarrasser dans des sacs poubelles comme de vulgaires ordures. Choquant, c’est le moins que l’on puisse dire, d’autant que le réalisateur montre les choses sans les enjoliver. Pas de mise en scène baroque comme dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/cell-labyrinthe-mental-tueur-psychopathe/">The Cell</a></em>, de jeux d’ombre et de lumière comme dans <em>Seven</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une confrontation œdipienne</strong></h2>



<p>Là c’est brut de décoffrage, à la manière de <em>H</em><em>enry, portrait of a serial killer</em>, mais en pleine lumière et sans s’appesantir sur les détails gore qui n’en sont que plus frappants. La focale est faite sur le comportement quotidien de ce garçon, qui fantasme sur l’éviscération du chat du voisin en bouffant ses céréales, qui se désape intégralement pour abuser les corps, qui annonce le plus naturellement à sa mère qui l’engueule de rentrer si tard qu’il n’a pas le temps, vu qu’il a tué et violé une jeune fille et qu’il veut aller se doucher.</p>



<p>Le film repose ainsi sur la performance pour le moins exceptionnelle de <a href="https://www.instagram.com/brandonkirkactor/?hl=fr">Brandon Kirk</a> qui plante un Kemper d’autant plus effrayant que sa part d’humanité n’est jamais niée mais questionnée : est-il possédé ? Une victime ? Ou a-t-il le mal dans la peau naturellement ? Car d’autres que lui, maltraités, n’ont jamais sombré dans pareille violence. Alors pourquoi ? Face à lui, <a href="https://www.imdb.com/fr/name/nm0698160/bio/">Susan Priver</a> incarne Clarnell Strandberg, la mère dévoratrice. Leur confrontation, œdipienne en diable, est inscrite au cœur de cette course à la mort, comme une bombe à retardement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un danger constant</h2>



<p>Cette course à la mort, on en sait l’issue. Pourtant, Ferrin arrive à nous faire frémir, sursauter. La mère, si elle est manipulatrice et alcoolique, n’en est pas moins futée&nbsp;; elle comprend très vite que son fils a vrillé, elle cherche, elle veut savoir. L’ambiance en cet instant devient hitchcockienne. On sent la peur envahir l’espace, tandis que ce grand mec mal dans son corps évolue dans la maison. Dangereux, à l’affût, prêt à exploser n’importe quand.</p>



<p>Ferrin sait y faire pour nous transmettre cette angoisse, ce sentiment de danger constant. De fait, le tueur en série, sous couvert d’intégration, passe sa vie à se projeter dans les meurtres passés et à venir, expérimentant avec les dépouilles, conservant trophées et photographies de ses méfaits, fantasmant les passages à l’acte prochains. <em>Ed Kemper</em> est particulièrement juste à ce propos. Le film a également le mérite de refuser toute esthétisation, toute «&nbsp;romantisation&nbsp;».</p>



<p>Clairement, il s’agit de pénétrer les méandres d’un esprit meurtrier, sans lui trouver d’excuses ni le rendre glamour. Impossible après avoir visionné ces images qui ne cachent rien du supplice enduré par les jeunes femmes qui eurent le malheur de croiser la route de Kemper. Et c’est cela qu’il faut retenir du film dans une période où le true crime constitue une industrie à succès trop souvent fondée sur le spectaculaire et le gore gratuit.</p>



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		<title>Les Bienveillantes : « Vis ma vie de SS »</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/bienveillantes-roman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Mar 2025 10:27:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37878</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : Les Bienveillantes font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index. Un enfer à plusieurs visages Tout...</p>
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<p>Il y a des livres dont on ne se remet jamais. A peine entamée la première page, c’est le gouffre. Et on n’en ressort pas. Traumatisme littéraire, mutation à marche forcée de la perception du monde et de l’humanité : <em>Les Bienveillantes</em> font partie de ce style de bouquins, qui sentent le souffre et qu’à une époque pas si éloignée, on aurait mis à l’index.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfer à plusieurs visages</h2>



<p>Tout dans le roman fleuve de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Littell">Jonathan Littell</a> respire la désintégration mentale, la transgression des tabous, le cynisme le plus noir. Ce pavé de 900 pages à la louche raconte à la première personne le parcours de Maximilien Aue. Cet industriel allemand vieillissant prend un jour sa plume la plus acérée pour nous raconter sa jeunesse. Une jeunesse passée dans les rangs des SS.</p>



<p>Montée en puissance du <a href="https://www.theartchemists.com/?s=nazisme+">nazisme</a>, recrutement parmi les séides d’Himmler, infiltration parmi les opposants au régime réfugiés en France, invasion de l’Ukraine, massacre de Babi Yar, siège de Stalingrad, gestion des camps de concentration et d’extermination, chute d’<a href="https://www.theartchemists.com/?s=Hitler+">Hitler</a>… par les yeux de Max, nous traversons un véritable enfer à plusieurs visages, où des hommes infligent à d’autres hommes des tortures inimaginables. De fait,<em> Les Bienveillante</em>s s’avèrent presque une relecture de l’oeuvre de Dante avec à la clé deux qualificatifs : atroce, abject.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un condensé de la mémoire</h2>



<p>Jonathan Littell saisit là l’occasion de raconter une époque, une logique, une manière de faire, de voir les choses. Sans fard. Avec en sous-titre quelque chose comme « Vis ma vie de SS ». S’appuyant sur une documentation aussi complète que fouillée qu’il a mis des années à rassembler/décrypter, l’auteur relate l’indicible, tente de saisir la réalité de la banalité du mal selon Harendt. Pour ce faire, il pénètre les rouages mentaux, la psychologie d’un pur produit du régime nazi. Ce travail introspectif flirte avec les nerfs du lecteur, l’emmenant très loin dans une psyché perverse où l’inceste dialogue avec le matricide à la manière des grandes malédictions de l’Antiquité.</p>



<p>Sorti tout droit du livre <em>La mort est mon métier</em> de Merle et du film<a href="https://www.theartchemists.com/film-damnes-luchino-visconti-1969/"> <em>Les</em> <em>Damnés</em></a> de Visconti, Max Aue est un double du SS Rudolf Lang (lui-même version littéraire de Rudolf Hoess, commandant du camp d’Auschwitz) et du jeune dévoyé Martin (travesti, pédophile, incestueux, appelé à devenir un haut gradé de la SS). Des références de ce type, le livre en est saturé. Comme une sorte de condensé de la mémoire transmise via le cinéma, la littérature, la photographie. Et c’est là que se situe la valeur du récit de Littell : cette synthèse est un regard en arrière sur la manière dont on a transmis le passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire réagir un lecteur en léthargie</h2>



<p>Et ce regard interroge la manière dont à l’avenir on parlera de cette période. Travaillant au sein d’une ONG, Littell a traversé plusieurs conflits notamment celui des Balkans. L’horreur de la guerre, il l’a vécue en direct. Il a pu constater de ses yeux que la mémoire du génocide, le fameux « Plus jamais ça » n’ont rien stoppé. L’homme est un loup dévorateur et cruel pour l’homme, et le souvenir de la Shoah n’a visiblement pas porté. Comment alors perpétuer cette mémoire sinon par le traumatisme, la brutalité de l’écriture ? Incisive et provocatrice, la plume de Littell mêle pornographie sadico-régressive et violence la plus primaire pour faire réagir un lecteur en léthargie.</p>



<p>D’où des réactions contradictoires : certains ont adoré, d’autres détesté. Ce qui est certain, c’est que personne n’est indifférent, et c’est le but. Quitte à ébranler les consciences. A ce titre, une petite anecdote : ce livre m’est arrivé entre les mains grâce à une de mes étudiantes, qui devait le travailler en cours. Je ne la remercierai jamais assez du reste car ce fut pour moi une révélation, une secousse littéraire d’envergure. Pour elle aussi du reste. Elle me confia qu’elle aurait aimé être avertie de la teneur du livre avant de le commencer. Une sorte d’avertissement/consentement avant de plonger dans l’horreur.</p>



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<li><a href="https://www.theartchemists.com/film-zone-interet/">La Zone d’intérêt : « Big Brother chez les nazis »</a></li>



<li><a href="https://www.theartchemists.com/sale-francaise-roman/">Une sale Française : confessions d’une espionne… ou d’une victime ?</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Un bourreau en dentelles</h2>



<p>C’est vous dire l’onde de choc que constitue la lecture de ce bouquin. Âmes sensibles, s’abstenir ? Ou au contraire faut-il foncer, quitte à ne jamais s’en remettre ? C’est peut-être cela, la prise de conscience. Se prendre en pleine tête un peu du traumatisme ressenti par ceux qu’on détruit sciemment et avec un sadisme quasi assumé, banalisé, étatisé. A nous alors de ne plus être ces bienveillantes, Euménides déesses du pardon, qu’on nous demande d’être par souci de bienséance et de tranquillité ; il convient surtout d’incarner leur autre visage, celui des Erinyes, furies persécutrices du Mal sous toutes ses formes.</p>



<p>La aussi, aussi Littell trace le chemin. Son protagoniste, cynique en diable, ne cesse de ses plaindre de son sort, geignard condensé de vices, insupportable d’impudeur, évoquant cette descente aux enfers comme on le ferait d’un périple touristique, avec en prime une petite musique intérieure révélée par les titres des différentes parties : toccata, allemande, courante, sarabande, menuet en rondeau, air de cour, gigue. Éduqué, diplômé, cultivé, Aue est un bourreau en dentelles. Un psychopathe de salon adoubé par un régime abominable pour accomplir une besogne sordide. Et la question de se poser : combien comme lui, en ce moment même, déchiquètent le monde à belles dents ?</p>



<p>Merci à D. grâce à qui j&rsquo;ai découvert cet ouvrage majeur.</p>



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		<title>Les Enfants sont rois : de l&#8217;exploitation des enfants stars par temps de règne numérique</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-enfants-rois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2024 16:09:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
		<category><![CDATA[Tech]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37592</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une fois de plus, soyez les bienvenu.es dans le dark side des paillettes virtuelles. Inspirée du roman de Delphine Le Vigan, la mini-série Les Enfants sont rois décrit les effets pour le moins pervers de l’exposition médiatique infantile. Ou quand le combo chasse aux likes/fascination des abonnés dévoile des consciences perturbées, un rapport néfaste à l&#8217;identité, un amour filial dénaturé. Poule aux œufs d&#8217;or numérique Kimmy Diore, une adorable petite...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-les-enfants-sont-rois.jpg" alt="" class="wp-image-37594" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-les-enfants-sont-rois.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-les-enfants-sont-rois-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2024/11/the-artchemists-les-enfants-sont-rois-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Une fois de plus, soyez les bienvenu.es dans le dark side des paillettes virtuelles. Inspirée du roman de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Delphine_de_Vigan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Delphine Le Vigan</a>, la mini-série <em>Les Enfants sont rois </em>décrit les effets pour le moins pervers de l’exposition médiatique infantile. Ou quand le combo chasse aux likes/fascination des abonnés dévoile des consciences perturbées, un rapport néfaste à l&rsquo;identité, un amour filial dénaturé.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Les enfants sont rois - Bande-annonce officielle (VF) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ZMECGheHuBc?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Poule aux œufs d&rsquo;or numérique</h2>



<p>Kimmy Diore, une adorable petite fille de six ans, est la star de la chaîne YouTube « Happy Récré » qu&rsquo;elle anime aux côtés de sa mère, la charmante, souriante, éclatante Mélanie. Problème : une après-midi, la gamine, partie jouer avec son frère au pied de son immeuble, disparaît. Panique à bord : perdue ? Accidentée ? Enlevée ? Pire encore ? Qu&rsquo;a-t-il bien pu arriver à la petite ?</p>



<p>Dépêchée sur site ainsi que son équipe, l&rsquo;enquêtrice Sara Roussel (excellente Géraldine Nakache) sait qu&rsquo;elle doit agir vite pour trouver la trace de Kimmy. Mais elle se heurte très vite à une réalité déroutante. Derrière l&rsquo;amour et la complicité affichés sur les écrans en rose fluo, elle découvre un climat délétère, une enfant exploitée, une mère obsédée par la célébrité, un père passif, un couple qui a fait de sa fille une poule aux œufs d&rsquo;or numérique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les diktats du social media</h2>



<p>Qui a bien pu vouloir mettre à mal ce conte de fées aux allures de petite entreprise très rentable en s&rsquo;en prenant à cette fillette adorable au demeurant ? Un prédateur pédophile ? Un tueur psychopathe ? Un rançonneur ? Un concurrent ? À moins que les géniteurs de la star n&rsquo;aient dérapé ? De révélation en découverte, les policiers se perdent en conjectures&#8230; et tombent toujours un plus haut de leur chaise et nous avec.</p>



<p>Car le scénario de ce polar de haut vol décortique à belles dents la réalité du star-système numérique des enfants. Influenceurs précoces, parents exploiteurs, public qui consomme tout ça comme des sucreries : le tableau est effrayant. À l’heure où les gamins se battent plus pour des abonnés Insta que pour des bonnes notes, <em>Les Enfants sont rois</em> est le miroir trash et brutal d&rsquo;une époque soumise aux diktats du social media.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le besoin maladif d&rsquo;être reconnu.e</h2>



<p>Les questions s’enchaînent tandis que ce récit grinçant nous secoue profondément : jusqu’où peut-on exposer ses gosses ? Comment la société peut-elle cautionner ce genre d&rsquo;exhibition qui a tout de l&rsquo;exploitation infantile ? Le personnage de la mère, interprété par une Doria Tillier sur le fil du rasoir, illustre une dérive ô combien malsaine et insupportable, le besoin viscéral, maladif d&rsquo;être reconnue, adulée, quitte à la faire via sa fille, excroissance d&rsquo;elle-même et qu&rsquo;elle maltraite quand elle refuse de tourner.</p>



<p>Manipulatrice, colérique, violente, déséquilibrée mentalement, le personnage de Mélanie est au cœur du processus, prête à tout pour réussir, accumuler une fortune, être célèbre. En roue libre. Elle n&rsquo;est pas la seule, c&rsquo;est bien le problème. D&rsquo;autres parents font de même, ses concurrents, dans un climat de rivalité féroce, où les enfants stars sont contraints de tourner toujours plus, soumis à des challenges qui en font des animaux de foire, des freaks digitaux.</p>



<div class="wp-block-group has-white-color has-vivid-cyan-blue-to-vivid-purple-gradient-background has-text-color has-background has-link-color wp-elements-082e82e7bcf95455c2786d5f1e61df68" style="font-style:normal;font-weight:600"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
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<li><a href="https://www.theartchemists.com/serie-la-meute/">La Meute : non, la série n’est pas exagérée.</a></li>
</ul>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading">Que reste-t-il quand les lumières s’éteignent ?</h2>



<p>Insupportable et d&rsquo;une tristesse suffocante. Des Thénardier, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autres mots. Le réalisateur Sébastien Marnier enfonce le clou, tissant une atmosphère froide et angoissante : chaque scène capte le désenchantement de cette quête de visibilité. La caméra est sans filtre, capture l’intimité exposée, la pression subie par chacun, comme un clin d’œil à l’absurdité de notre ère numérique. Prise de conscience en marche ?</p>



<p>Cette série ne parle pas seulement de la vie de quelques influenceurs perdus dans leur propre reflet ; elle parle de nous, de notre obsession à tout documenter, à tout partager, à monétiser même les moments les plus intimes. Elle pose une question féroce : que reste-t-il quand les lumières s’éteignent ? Uppercut médiatique, critique qui laisse groggy : si vous n’avez pas encore ouvert les yeux sur les dérives de notre monde hyperconnecté, <em>Les Enfants sont rois </em>va s&rsquo;en charger en mode électrochoc. Et cela devrait vous passer l&rsquo;envie de devenir influenceur.</p>



<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-678cc482" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns alignfull has-1-columns has-desktop-equal-layout has-tablet-equal-layout has-mobile-collapsedRows-layout has-reverse-columns-mobile has-vertical-bottom ticss-c00aadba"><div class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-columns-overlay"></div><div class="innerblocks-wrap">
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<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



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		<title>Théâtre du Grand Guignol : l’épouvante sur scène</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/theatre-grand-guignol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2024 17:23:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spectacles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=37530</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il fut un temps où, pour frissonner d&#8217;horreur, on n&#8217;allait pas au cinéma, mais au théâtre. A Paris, les amateurs de sensations fortes se rendaient dans une petite salle de théâtre nichée dans le quartier de Pigalle, où l’on jouait des pièces qui repoussaient les limites du macabre et du sanguinolent. Ce lieu culte, c’était le Théâtre du Grand Guignol, véritable temple de l’épouvante scénique. Entre 1897 et 1962, il...</p>
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<p>Il fut un temps où, pour frissonner d&rsquo;horreur, on n&rsquo;allait pas au cinéma, mais au théâtre. A Paris, les amateurs de sensations fortes se rendaient dans une petite salle de théâtre nichée dans le quartier de Pigalle, où l’on jouait des pièces qui repoussaient les limites du macabre et du sanguinolent. Ce lieu culte, c’était le <em>Théâtre du Grand Guignol</em>, véritable temple de l’épouvante scénique. Entre 1897 et 1962, il a régné en maître absolu sur l’horreur théâtrale, proposant des spectacles d’une intensité rarement égalée, où le sang, la peur, et la folie prenaient littéralement vie sur scène.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce que le Grand Guignol ?</h2>



<p>Le Grand Guignol n’est pas seulement un théâtre, c’est aussi un genre à part entière. Ce théâtre parisien, fondé par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_M%C3%A9t%C3%A9nier" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Oscar Méténier</a> en 1897 dans une petite chapelle de la rue Chaptal, se spécialise dans des pièces horrifiques, macabres, voire perverses, où la cruauté et la violence sont au cœur de l’intrigue. À une époque où les spectacles parisiens se disputent un public avide de sensations nouvelles, le Grand Guignol va se distinguer en offrant à ses spectateurs ce que personne d’autre n’osait : des scènes de terreur viscérale, des meurtres sanglants, des personnages torturés par la folie ou la vengeance.</p>



<p>Le concept remonte aux traditions du théâtre populaire et forain. Le terme lui-même fait référence à <em>Guignol</em>, une marionnette lyonnaise célèbre, utilisée pour des spectacles de satire sociale. Mais là où Guignol vise à faire rire des enfants, le Grand Guignol s’oriente vers des récits beaucoup plus sombres. Oscar Méténier, dramaturge et ancien secrétaire de police, fonde ce théâtre avec l’intention de montrer sur scène la réalité sordide des bas-fonds parisiens, mais très vite, sous la direction de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Maurey" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Max Maurey</a>, les pièces se tournent vers l’horreur pure et le surnaturel, attirant un mélange éclectique d’intellectuels, de curieux, et d’amateurs de sensations fortes, fascinés par les histoires de fantômes, de psychopathes et de meurtres brutaux.</p>



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</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les règles du genre : terreur, cruauté et réalisme</h2>



<p>Hautement cathartique, Le Grand Guignol suit des règles bien précises qui le distinguent du théâtre classique.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Tout d’abord, les intrigues sont résolument sadiques, d&rsquo;une rare violence. Les personnages subissent des tortures physiques ou mentales innommables, souvent dans un contexte réaliste et morbide. Les victimes sont fréquemment des innocents, les bourreaux, des figures d’une cruauté extrême, parfois motivées par la folie, parfois par la vengeance ou la volonté de détruire.</li>



<li>Les pièces du Grand Guignol sont courtes, souvent en un seul acte, et alternent entre horreur et comédie noire pour maintenir le public en tension permanente. Cette juxtaposition de moments de légèreté et de terreur brutale suscite un effet de choc encore plus intense.</li>



<li>Le réalisme des scènes d’horreur est primordial. Pour simuler des meurtres, des éviscérations, ou des mutilations, des effets spéciaux rudimentaires mais ingénieux sont utilisés. Le sang, omniprésent sur scène, est simulé avec des mixtures soigneusement préparées ; les cris, les gémissements et les râles de douleur résonnent dans la salle exiguë, créant une atmosphère presque insoutenable.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Une expérience sensorielle totale</h2>



<p>La mise en scène au Grand Guignol ne se contente pas d&rsquo;exhiber des horreurs visuelles. C’est une expérience sensorielle complète ; le public est immergé dans un univers de peur. L’éclairage joue un rôle clé, avec des jeux d’ombre et de lumière qui accentuent les moments d’angoisse. Les décors, souvent minimalistes, mettent en valeur les scènes d’horreur qui se jouent sur le devant de la scène.</p>



<p>L’espace confiné du théâtre ajoute à cette ambiance oppressante. Le public, assis près de la scène, distingue chaque goutte de sang, entend chaque cri. Cette proximité avec l’action happe littéralement les spectateurs, emportés dans le cauchemar qui se déroule devant eux. Des vomissements, des évanouissements, et des cris de panique sont fréquents dans l’audience. Certaines soirées sont d’ailleurs interrompues pour secourir des spectateurs trop affectés par l’horreur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les pièces phares du Grand Guignol</h2>



<p>Plusieurs pièces ont marqué l’histoire du Grand Guignol et sont devenues emblématiques du genre horrifique. Citons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>« Le Laboratoire des Hallucinations » (1916)</strong> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_de_Lorde" target="_blank" rel="noreferrer noopener">André de Lorde</a> : Un chirurgien fou se livre à des expériences effroyables sur des patients, explorant les tréfonds de la douleur humaine. André de Lorde, connu comme « le Prince de la Terreur », est l’un des auteurs les plus prolifiques du Grand Guignol, ayant écrit de nombreuses pièces jouant sur la folie et les cauchemars éveillés.</li>



<li><strong>« Au Téléphone » (1901)</strong> de André de Lorde et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Fole%C3%BF" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charles Foley</a> : Cette pièce met en scène une femme assassinée tandis qu’elle est en ligne avec son mari. L&rsquo;horreur est amplifiée par l&rsquo;impuissance de l&rsquo;homme, qui entend les cris de sa femme sans pouvoir intervenir. C’est un chef-d’œuvre de tension psychologique.</li>



<li><strong>« Le Baiser dans la Nuit » (1923)</strong> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Level" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Maurice Level</a> : Une histoire où la vengeance atteint un niveau de cruauté insupportable, et où l’amour devient le prétexte à une violence inouïe. Ce genre de pièce, où l’intime se transforme en terreur, était l’une des spécialités du Grand Guignol.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Le legs du Grand Guignol</h2>



<p>Le <a href="https://www.theartchemists.com/?s=grand+guignol">Grand Guignol</a> a disparu en 1962, mais son influence se fait encore sentir aujourd’hui, notamment dans le cinéma d’horreur. Les effets de choc, les twists macabres, l’exploitation de la peur psychologique sont des éléments que l’on retrouve dans de nombreux films d’épouvante modernes. Le <em>splatter</em> et le <em>gore</em>, des sous-genres du cinéma d’horreur, doivent beaucoup au Grand Guignol, avec leurs scènes de violence extrême et de corps mutilés.</p>



<p>Le Grand Guignol reste une expérience théâtrale unique, un lieu où l’horreur est à la fois un spectacle et une catharsis collective. Ses pièces, aussi effrayantes qu’innovantes, ont marqué des générations de spectateurs, laissant une empreinte indélébile et beaucoup de regrets. Aujourd&rsquo;hui, on ne joue guère plus ce répertoire que de manière anecdotique comme ce fut le cas pour le cinquantenaire de la fermeture du théâtre. Il y aurait pourtant beaucoup à apprendre de ces textes, de cette atmosphère. Peut-être un jour ?</p>



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<div id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column-4d412c51" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-column">
<h2 id="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39" class="wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading wp-block-themeisle-blocks-advanced-heading-fb3c7a39">Et plus si affinités ?</h2>



<p class="has-text-align-center has-text-color" style="color:#fefefe">Vous avez des envies de culture ? Cet article vous a plu ?</p>



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			</item>
		<item>
		<title>La leçon du mal : un lycée ne devrait pas être un tombeau</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/roman-lecon-mal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Dec 2023 11:26:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.theartchemists.com/?p=36819</guid>

					<description><![CDATA[<p>«  On peut sourire et sourire et pourtant être un scélérat » dixit Shakespeare dans Macbeth ou Othello, je ne sais plus trop. La tournure est belle, un brin effrayante aussi, certainement, car elle est on ne peut plus exacte. Oui, on peut sourire, paraître tout gentil/mignon/fiable/digne de confiance et être un parfait salopard. Pire. Un monstre. C’est ce que démontre avec brio Yûsuke Kishi dans le roman La leçon du...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="379" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-lecon-du-mal.jpg" alt="" class="wp-image-36820" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-lecon-du-mal.jpg 379w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-lecon-du-mal-182x288.jpg 182w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/12/the-artchemists-lecon-du-mal-312x494.jpg 312w" sizes="auto, (max-width: 379px) 100vw, 379px" /></figure>



<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



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<div style="height:15px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>«  <em>On peut sourire et sourire et pourtant être un scélérat </em>» dixit Shakespeare dans <em>Macbeth</em> ou <em>Othello</em>, je ne sais plus trop. La tournure est belle, un brin effrayante aussi, certainement, car elle est on ne peut plus exacte. Oui, on peut sourire, paraître tout gentil/mignon/fiable/digne de confiance et être un parfait salopard. Pire. Un monstre. C’est ce que démontre avec brio <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C5%ABsuke_Kishi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Yûsuke Kishi</a> dans le roman <em>La leçon du mal</em>. Et de la plus atroce des façons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un professeur charismatique&nbsp;?</h2>



<p>Machida, Japon&nbsp;: une ville rattachée à la métropole tokyoïte, avec ses 400 000 habitants, ses petits quartiers, ses parcs, ses lieux culturels. Et le lycée Shinkô Gakuin où officie Seiji Hasumi. Un professeur d’anglais charismatique, trentenaire cultivé et affable, adoré de tous les élèves, respecté par ses collègues, sympathique avec ses voisins. Un problème de logistique&nbsp;? Hasumi s’en charge. Un souci avec un étudiant&nbsp;? Hasumi intervient. Un soupçon de triche aux examens&nbsp;? Hasumi trouve une solution. Indispensable, efficace, bienveillant. Le mec parfait.</p>



<p>Une façade. Si les collègues et les élèves d’Hasumi savaient vraiment ce qui lui trotte par la tête, sa manière de voir le monde, de pénétrer les âmes, d’aplanir obstacles et problèmes, ils fuiraient. En galopant et sans demander leur reste. Pas pour rien qu’il fredonne en boucle la complainte de Mackie extraite de <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Op%C3%A9ra_de_quat%27sous" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Opéra de Quat’ Sous</a>. </em>Pourtant, le standard composé par Weill et Brecht déroule très exactement la philosophie de vie d’Hasumi et cela depuis son enfance. Une philosophie de vie… et surtout de mort.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un crescendo d’atrocités</h2>



<p>Une logique de la destruction qui dicte un rythme très particulier à la construction du roman. La première partie de <em>La leçon du mal</em> pose le cadre, donne à voir par petites touches subtiles et intrigantes l’atmosphère on ne peut plus toxique du lycée, entre violences physiques, verbales, psychiques, abus sexuels, harcèlements en tous genres, querelles de pouvoir opposant enseignants et dirigeants, groupes d’élèves. L’ensemble mijotant à l’étouffé sous un épais couvercle de silence et de courtoisie nippone qui alimente les pires bassesses, les perversions les plus odieuses, l’hypocrisie.</p>



<p>Extrêmement instable, ce mélange va exploser en seconde partie, dans un safari d’une brutalité malfaisante. Tout va déraper en quelques minutes, accouchant d’un crescendo d’atrocités. Hasumi a en effet une manière très personnelle de faire passer leurs examens à ses étudiants. L’évaluation sera aussi féroce que sanglante, chronométrage de l’horreur à l’appui, avec descriptions d’une précision chirurgicale à la limite du supportable. Un mix de <em>Battle Royal,</em> <em>American Psycho</em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-all-of-us-are-dead/">All of us are dead</a></em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/la-vague-une-lecture-necessaire/">La Vague</a></em> et <em>Les Chasses du comte Zaroff.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Combien de Hasumi ?</h2>



<p>Si vous étiez déjà fâché.e avec l’univers scolaire (nous avons tous le désagréable souvenir de pédagogues inaptes, mesquins et cruels), <em>La leçon du mal</em> n’effacera pas vos traumas, au contraire : sous la plume de Yûsuke Kishi, l’espace scolaire devient un échiquier bourbeux où les pions sont amenés à s’entre-tuer sous l’influence d’un maître de la manipulation qui, le cas échéant, n’hésite pas à mettre la main à la pâte quand il s’agit d’exterminer son prochain. Et tout est calculé pour neutraliser les potentielles conséquences et éviter de se faire prendre. Même quand on est percé à jour.</p>



<p>Question : qui va pouvoir stopper Hasumi dans sa course mortifère ? Est-ce seulement possible dans une société psychorigide dont les rouages, les diktats, les codes sont du pain béni pour ce démon humain ? Un démon qui jouit de l’incroyable ascendant psychologique qu’il a sur cet entourage ? <em>La leçon du mal </em>ne débouche sur aucune morale, au lecteur de tirer sa conclusion. Ce qui est certain, c’est que le monde moderne facilite les actions de pareils personnages. C’est d’autant plus flagrant dans un univers initialement destiné à préparer l’avenir de nos enfants. Un lycée ne devrait pas être un tombeau. </p>



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</ul>
</div></div>



<p>Et pourtant… combien de Hasumi dans nos écoles ? Dans nos entreprises ? Dans nos ministères ? Difficile de ne pas y penser, Yûsuke Kishi fait d’ailleurs tout pour que cela s’imprime en continu dans notre esprit, que cela tourne en boucle dans notre mémoire, longtemps après avoir terminé la dernière page de ce récit diabolique.</p>


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		<title>Comme si nous étions des fantômes : massacre rituel dans les tranchées</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/livre-comme-si-nous-etions-fantomes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Sep 2023 10:51:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un des objectifs du polar que de donner à ressentir une réalité sociale, historique. Avec les tripes, au propre comme au figuré. Philip Clay n’échappe pas à la règle : son premier roman Comme si nous étions des fantômes paru aux éditions Sonatine nous plonge dans l’horreur des tranchées. Et chacune des pages de ce thriller d’exception nous emmène un peu plus loin dans l’atrocité de la Grande Boucherie. Une...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="382" height="600" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/9782383991007ORI1.jpg" alt="" class="wp-image-36370" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/9782383991007ORI1.jpg 382w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/9782383991007ORI1-183x288.jpg 183w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/09/9782383991007ORI1-315x494.jpg 315w" sizes="auto, (max-width: 382px) 100vw, 382px" /></figure>



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<p>C’est un des objectifs du polar que de donner à ressentir une réalité sociale, historique. Avec les tripes, au propre comme au figuré. Philip Clay n’échappe pas à la règle : son premier roman <em>Comme si nous étions des fantômes</em> paru aux <a href="https://www.lisez.com/sonatine/31" target="_blank" rel="noreferrer noopener">éditions Sonatine</a> nous plonge dans l’horreur des tranchées. Et chacune des pages de ce thriller d’exception nous emmène un peu plus loin dans l’atrocité de la Grande Boucherie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une enquête dans le no man’s land</h2>



<p>À l’origine de cette intrigue haletante, deux amants que tout oppose : elle, fille de la noblesse britannique, lui petit prof de musique aux origines inconnues. Pour épouser la belle, pas d’autre choix que de conquérir son adoubement sur le front. Nous sommes en 1916 : Edward s’enrôle. 1919 : Amy part chercher la dépouille d’Edward sur les champs de bataille. Porté disparu, le corps de son fiancé n’a pas été retrouvé.</p>



<p>Amy va donc enquêter sur le terrain, au milieu du no man’s land, dans ce paysage apocalyptique labouré de tranchées effondrées, de trous d’obus, de barbelés déchiquetés, de tombes improvisées. Des charniers qu’il faut vider afin d’apporter une sépulture décente aux soldats tombés en héros, et dont beaucoup sont devenus, décomposition oblige, totalement méconnaissables. Questions :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Dans quelles circonstances exactes Edward est-il décédé&nbsp;?</li>



<li>Qu’a-t-il à voir avec le massacre atroce de plusieurs coolies chinois et d’un officier britannique dans un bunker allemand&nbsp;?</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Une époustouflante mécanique</h2>



<p>Car massacre, il y a eu, aux allures de meurtre rituel. Rien de comparable avec les horreurs quotidiennes du front, les soldats égorgés durant les actions commando, les régiments déchiquetés par les obus, les troupes gazées. Personne ne veut l’admettre ; mais un mystérieux général au visage labouré de cicatrices a décidé de mener l’enquête, avec Amy dans son sillage. Et ses investigations vont nous ramener en arrière vers d’autres conflits, horribles et dévastateurs eux aussi, à la racine de psychés traumatisées irrémédiablement.</p>



<p>L’intrigue est menée rondement, époustouflante mécanique où rien n’est laissé au hasard jusqu’à la ligne ultime. Au cœur de ce jeu de piste macabre parsemé de flash back et d’extraits de lettres, l’auteur questionne la mince frontière qui sépare le troufion lambda du tueur né, le glissement pervers de l’un à l’autre. Habituellement traqué, le psychopathe peut s’avérer un atout de poids lors d’un affrontement. Tant pis pour l’éthique, tant qu’on gagne des points sur l’ennemi et qu’on le terrorise, c’est tout bénéfice.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’empathie plus que l’effroi</h2>



<p>Edward est-il devenu un assassin ? Amy va devoir l’envisager, et c’est alors un autre paramètre que Clay ajoute à l’équation : l’incompréhension. Comment reprendre la vie d’avant après tant de chocs psychiques ? Est-ce seulement possible ? Envisageable ? Souhaitable ? Cette dimension, d’autres œuvres en parlent : <em>Un long dimanche de fiançailles</em>, <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-capitaine-conan/">Capitaine Conan</a></em>, <em>Au revoir là-haut</em>, <em>La Chambre des officiers, La vie et rien d’autre… </em>le livre de Clay mêle cette atmosphère très particulièrement d’apaisement si fragile avec l’ambiance cauchemardesque de <em>The Trench </em>ou <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-a-louest-rien-de-nouveau/">A l’ouest rien de nouveau</a>.</em></p>



<p>Aussi étonnant que cela puisse paraître, ses personnages sont attachants, pitoyables, il ne les juge jamais, car il n’y a pas à juger quand on tente de survivre mentalement à l’abominable. Pire, l’empathie joue en plein, plus encore que l’effroi, et on s’identifie à chacun de ces malheureux, se demandant ce que nous, nous aurions fait en pareille circonstance. C’est que l’atmosphère régnant dans les tranchées au lendemain immédiat du conflit est particulièrement bien restituée, d’une incroyable justesse, dans les moindres détails de phrases élaborées avec une efficacité frappante. Un style sobre qui colle à l’histoire, ne s’égare pas dans de trop longues digressions romantiques, des descriptions trop sanglantes.</p>



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<p>Un travail d’équilibriste que ce magnifique premier roman ! <em>Comme si nous étions des fantômes</em> mérite d’être lu, car à sa manière, il fait acte de mémoire avec autant d’intensité que les livres d’Histoire.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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		<title>The Patient : la psychothérapie à l’extrême</title>
		<link>https://www.theartchemists.com/serie-the-patient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Delphine Neimon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 09:37:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Séries]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vous êtes amateurs de thrillers psychologiques, de huis clos suffocants, de sensations fortes et de coups de théâtre/tension&#160;? Jetez-vous sans attendre une minute et si ce n’est déjà fait sur l’excellente série The Patient. Vous ne serez pas déçus et pour cause. Un engrenage terrifiant Posons le cadre&#160;: Alan Strauss est un vieux psychothérapeute de confession juive qui n’en finit plus de pleurer sa femme morte d’un cancer et son...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="480" src="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52.jpg" alt="" class="wp-image-36267" srcset="https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52.jpg 600w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52-288x230.jpg 288w, https://www.theartchemists.com/wp-content/uploads/2023/08/Devenez-un-pro-du-design-en-quel52-494x395.jpg 494w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



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<p>Vous êtes amateurs de thrillers psychologiques, de huis clos suffocants, de sensations fortes et de coups de théâtre/tension&nbsp;? Jetez-vous sans attendre une minute et si ce n’est déjà fait sur l’excellente série <em>The Patient</em>. Vous ne serez pas déçus et pour cause.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="The Patient - Bande-annonce officielle (VF) | Disney+" width="640" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/U76BJW_RqvA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un engrenage terrifiant</h2>



<p>Posons le cadre&nbsp;: Alan Strauss est un vieux psychothérapeute de confession juive qui n’en finit plus de pleurer sa femme morte d’un cancer et son fils orthodoxe avec lequel il s’est fâché. Sa vie se déroule par automatisme, au milieu des souvenirs, des regrets, de la routine des consultations. Jusqu’au jour où Sam Fortner passe la porte de son cabinet. Sans même le savoir, Alan vient de mettre le doigt dans un engrenage terrifiant qui va le propulser au cœur d’un enfer quotidien.</p>



<p>Car Sam est un tueur en série&nbsp;; conscient de sa déviance, bien décidé à se soigner, il considère cette thérapie comme son seul espoir de devenir normal. Et il décide de s’y impliquer à fond, 24 heures sur 24. Quitte à kidnapper Alan qui va devoir la jouer très serré pour&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>empêcher son patient de tuer d’autres victimes&nbsp;;</li>



<li>sauver sa peau car s’il échoue, Sam le liquidera sans pitié.</li>
</ol>



<p>Voici donc la ligne directrice de <em><a href="https://www.disneyplus.com/fr-fr/series/the-patient/4lTrRbumnjNn" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Patient</a></em>, petit bijou signé Joel Fields et Joe Weisberg, produit par Hulu et diffusé par Disney + qui confirme ainsi son penchant pour les fictions complexes, les thématiques ardues, les ambiances au couteau, type <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-dopesick/">Dopesick</a></em> et <em><a href="https://www.theartchemists.com/serie-severance/">Severance</a></em>. Séquencé en 10 épisodes d’une trentaine de minutes chacun, le récit est mené tambour battant, alternant montées de stress, confrontations douloureuses, révélations coup de poing et souvenirs poignants autour de petits plats gastronomes faussement conviviaux.</p>



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</ul>
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<h2 class="wp-block-heading">Humain et atroce à la fois</h2>



<p>Car, quand il n’est pas en train d’écouter son patient et d’improviser pour juguler la rage destructrice de Sam, Alan, seul dans son cachot, a tout le temps de revenir sur son passé. Il repense aux petites joies, aux déceptions, aux erreurs. Aux chagrins. Et fait le point comme un condamné à mort dans l’attente de son exécution. À moins que&nbsp;? Survivre à tout prix&nbsp;? Ou bien s’abandonner, lâcher prise&nbsp;? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Carell" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Steve Carell</a> apporte à ce rôle complexe autant d’intériorité que d’énergie et de questionnement. C’est que tenter de soigner Sam est un véritable défi.</p>



<p>Sam, interprété par l’énigmatique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Domhnall_Gleeson" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Domhall Gleeson</a>, aperçu entre autres dans <em><a href="https://www.theartchemists.com/film-frank/">Frank</a></em>, qui plante un psychopathe aussi effrayant que touchant. C’est d&rsquo;ailleurs le propre de cette histoire que d’être à la fois horrible et teintée d’émotions. Humaine et atroce à la fois. La relation qui se tisse entre Alan et Sam s’intensifie à mesure que le transfert s’opère, qu’Alan prend petit à petit la place du père dans cette relation tourmentée, mais ô combien passionnante à observer car finement analysée par le scénario. N’en disons pas plus, faites-vous votre opinion. Mais pour sûr, vous ne verrez plus jamais la psychothérapie de la même manière après avoir visionné <em>The Patient</em>.</p>



<p><strong>Et plus si affinités</strong></p>


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