The Last Narc : qu’est-il vraiment arrivé à « Kiki » Camarena ?

Affiche de la série documentaire The Last Narc

Rappelez-vous : le scénario particulièrement haletant de la série Narcos Mexico 1 et 2 était axé sur la disparition d’un agent de la DEA, enlevé, torturé et assassiné par les narcotrafiquants mexicains. Une fiction ? Malheureusement non. Il suffit de visionner le documentaire The Last Narc pour découvrir le destin funeste de ce policier trop zélé pour survivre dans un système de corruption d’une ampleur inédite.

Calvaire et corruption

Kiki” Camarena a bien existé, a subi le sort évoqué dans le feuilleton porté par Netflix ; or ce feuilleton, passionnant du reste, ne soulève qu’une partie du voile très épais cachant la réalité du trafic de drogue au Mexique dans les années 80. Pour en savoir plus, il faut regarder The Last Narc, réalisé par Tiller Russell. Ce dernier a travaillé 14 années durant sur cet épineux dossier qui a largement envenimé les relations diplomatiques en les USA et le Mexique ; il en connaît toutes les étapes, toutes les nuances, et a voulu explorer ses nombreuses zones d’ombre.

Car à ce jour et très officiellement, “Kiki” Camarena a été tué par les hommes de main des cartels. Or cette version pause plusieurs questions, qu’évoquent les quatre épisodes de la série documentaire. Objectif initial : reconstituer le calvaire subi par l’agent de la DEA depuis son enlèvement jusqu’à son assassinat. Mais The Last Narc a une autre finalité : mettre en évidence les affinités entre narcotrafiquants et dirigeants politiques, au sein d’un système de corruption profondément enraciné dans les institutions du pays.

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Des indices plus que troublants

L’analyse de Tiller Russell va plus loin encore, qui replace cette affaire au centre de la politique américaine de lutte contre les guérillas communistes jalonnant l’Amérique du Sud. Cette lecture poussée confronte les témoignages de la femme de Kiki Camarena, d’enquêteurs de la DEA, de juges et d’avocats en charge de l’affaire et d’anciens trafiquants désormais protégés comme témoins assistés. Le tout est assorti d’une multitude d’archives filmées, de documents officiels, de photographies … et d’un retour sur les lieux mêmes des événements.

Bien sûr la version de Russell a été contestée ; Kiki Macarena a-t-il vraiment été sacrifié pour préserver l’hégémonie des USA sur le continent ? Aura-t-on jamais une réponse claire ? Restent les certitudes exprimées devant la caméra de Russell, un faisceau d’indices plus que troublants … et le contexte géopolitique des années 60-70-80, quand, pour contrer la montée de régimes de gauche semblables à celui de Cuba, la CIA épaulait des dictatures militaires d’une rare cruauté : la prise en main du Chili par un Pinochet soutenu par les USA en est un exemple criant, idem au Salvador.

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The Last Narc, en affinant l’approche de Narcos Mexico, en replaçant cette affaire dans un contexte culturel, historique, politique, instaure le doute et alimente la peur face à pareilles ramifications. Il déclenche bien sûr la curiosité, l’envie d’en savoir plus, et trouve un écho dans le présent : aujourd’hui encore, le Mexique subit le joug des cartels.

Et plus si affinités

Vous pouvez visionner The Last narc en VoD.