A l’avant-garde : Alexander Korzer-Robinson, collagiste encyclopédique

Alexander Korzer-Robinson

« Il y a toujours dans un livre, même mauvais, une phrase qui bondit au visage du lecteur comme si elle n’attendait que lui » dit en substance l’auteur Christian Bobin qui ajoute : « un livre dans une brocante, c’est parfois un mort qui me tend la main et qui me dit : ne me laisse pas, s’il te plaît ». Deux citations qui pourraient déterminer l’alpha et l’omega des œuvres de Alexander Korzer-Robinson.

Vieilles reliures et pages froissées

Cet artiste anglais opère depuis des années en première ligne de la scène collagiste internationale. Son medium favori : les livres anciens. Écornés, jaunis, abîmés, désuets, ternis, poussiéreux … vieilles reliures et pages froissées, des volumes oubliés dans des greniers, des caves, que Korzer-Robinson récupère, creuse, sculpte pour les transformer en théâtres de l’imaginaire. Il superpose figures et décors découpés à même les illustrations de vieux ouvrages, gravures surannées de romans d’aventures, d’ouvrages pour dames, planches anatomiques, dessins d’animaux exotiques …

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Jungle d’images

Ces découpes, l’artiste les mélange, les entrelace dans un fouillis savant de formes colorées, comme le ferait l’imaginaire d’un enfant parcourant les lignes d’un récit de voyage. Cette jungle d’images qui viennent à l’esprit quand on parcourt les lignes des romans de Jules Verne ou d’Alexandre Dumas, ces émotions contradictoires qui nous saisissent le ventre au fur et à mesure qu’on s’identifie aux personnages, qu’on découvre leur destin, que quelque part, on ressent leurs émotions, leurs cœurs qui palpitent d’amour, de peur, de chagrin …

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Effets de profondeur

Les créations de Korzer-Robinson donnent également à voir la cascade de connaissances que recèlent les livres, encyclopédiques, scientifiques ou narratifs. Chacun offre un voyage dont le lecteur traduit à sa manière le parcours, dont il retient certains souvenirs, des impressions personnelles fortes. Une mise en perspective du savoir que les effets de profondeur de chaque œuvre expriment de charmante manière, comme le ferait une maquette de décors, un théâtre de marionnettes. Une manière très poétique par ailleurs de signifier que nous faisons tous partie du même univers, réel et mental.

Et plus si affinités

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