The Other Bennet Sister : « Mary, you will flourish ! »

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The Ohter Bennet sister

Ah les sœurs Bennet, chères héroïnes d’Orgueil et préjugés. En écrivant ce qui allait devenir son chef d’oeuvre, Jane Austen s’est attardée sur le sort amoureux d’Elizabeth face au faussement hautain mais si attirant Mr Darcy. Il faudra la plume de Janice Hadlow pour s’intéresser au devenir de la fade et très coincée Mary, « the other Bennet sister », une version romanesque bien troussée que Sarah Quintrell et la BBC viennent d’adapter à l’écran pour notre plaisir à toutes et tous.

Le désespoir de sa mère

Mary donc. Des cinq sœurs Bennet, c’est la moins jolie, la moins pimpante. Perdue dans ses bouquins, passionnée d’histoire et de géographie, elle fait le désespoir de sa mère qui ne sait comment ni avec qui la marier. Du coup, cette maman obsédée par l’avenir de ses gamines la prend en grippe, en fait son souffre-douleur. Pas évident évident de s’épanouir dans pareil contexte. Tandis que ses sœurs l’une après l’autre trouvent chaussure à leur pied, Mary s’étiole face aux critiques de sa génitrice, à l’indifférence de son père.

Il faudra le décès de ce dernier pour que la délivrance arrive sous la forme du tonton maternel et de sa charmante épouse. Ils accueillent Mary chez eux à Londres, sous le prétexte d’en faire la préceptrice de leurs trois enfants. Loin de sa mère castratrice, Mary enfin se métamorphose … et se retrouve bien en peine devant le nombre de soupirants que soudain elle attire par son esprit, ses réparties, son humour. Qui va-t-elle choisir, au finish ?

Le luxe de la liberté

Chut, vous verrez par vous-même, mais avec Mary, la surprise est de mise, la demoiselle mettant un point d’honneur à affirmer cette indépendance si chèrement conquise et que pour rien au monde elle n’abandonnerait, surtout au prix d’un mariage arrangé. Courageuse, droite, juste, Mary incarne une émancipation féminine à la Mary Shelley, l’opprobre et la folie d’une union libre avec un génie torturé en moins.

Pleine d’humour, elle observe les dysfonctionnements de son temps, la violence larvée des rapports sociaux dans cet univers confiné, sclérosé, où les femmes n’ont d’avenir que dans l’union forcée. Une leçon pour les trad wives et leurs supporters/trices qui n’imaginent pas un instant ce que subissaient les filles à cette époque : Mary qui n’a rien pour plaire va finalement s’offrir le luxe de la liberté tout terrain et continuer à pouvoir se regarder dans une glace.

Des sentiments justes

Prenons-en de la graine, Mesdames. Et remercions au passage l’impeccable Ella Bruccoleri qui prête ses traits à un personnage si énergique et si actuel ; big up également à ses partenaires Donal Finn et Laurie Davidson, amoureux transis qui vont ployer le genou bien bas devant la dame, à Indira Varma parfaite dans le rôle de cette tante bienveillante qui va révéler Mary à elle-même et lui mettre le pied à l’étrier d’une vie sans entrave.

Le tout en dix épisodes dynamiques portés par des décors superbes, des costumes magnifiques, une musique prenante, des dialogues au scalpel. Et beaucoup, beaucoup de sentiments justes, d’émotions vraies, de doutes, de rêves, de souffrances, d’attirances, de rejets … Bref de la vie. Vous en avez plus que ras-la-casquette des super héros, des bluettes sirupeuses, des polars lourds, des films d’horreur redondants ? Laissez-vous porter par The Other Bennet sister, vous ne serez pas déçu.e, pas une seconde.

Et plus si affinités ?

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Padmé Purple

Posted by Padme Purple

Padmé Purple est LA rédactrice spécialisée musique et subcultures du webmagazine The ARTchemists. Punk revendiquée, elle s'occupe des playlists, du repérage des artistes, des festivals, des concerts. C'est aussi la première à monter au créneau quand il s'agit de gueuler !