Trouvaille Musique : Miss Nessie

Miss Nessie, groupe de rock garage de Strasbourg

Direction Strasbourg, ses saucisses et ses maisons à colombage baignées par le Rhin pour savourer le rock bien poisseux de Miss Nessie.

Chouineries adulescentes et spleen provincial

Vous vous attendiez à un grand cri de rage ? Raté, et c’est justement l’intérêt. Aux éructations primitives des grands frontmen de la discipline habitués à hurler leur amour, leur colère, leur envie de rider en moto, le trio Jacques/Thomas/Jules préfère les chouineries adulescentes sur fond de spleen provincial. Guitare/voix, basse, batterie : équation de base pour des mélodies acidifiées à la bile, histoire de cracher dans un rot sonore son ras-le-bol d’une existence blafarde et sans relief.

Créé fin 2018 après une rencontre dans un rade, le combo est finalement baptisé Miss Nessie, clin d’œil ironique aux difficultés du groupe pour trouver un nom de baptême un peu catchy, plus difficile à débusquer que le monstre du Loch Ness. Un gros serpent d’eau douce donc, dont on devine à peine les contours, un mythe plus qu’une certitude, un monstre sympa qu’on ne redoute plus tellement il fait partie du paysage. Un nounours plus qu’une terreur.

L’ataraxie est dans le bore out !

Vous doutez ? « Paraît qu’c’est au cœur des lésions que demeure la passion » constate Jacques dans« Physalis », l’un des morceaux de l’EP Laquedem sorti en mai 2021, après La Plage en mai 2019 et un premier LP éponyme en décembre 2019. Productifs et autonomes, les loulous, malgré un romantisme bien amer, ce p’tit air de Didier Wampas sous Xanax pour gérer la dépression provinciale, des accents de Nirvana bourré de Lexomyl pour diluer les idées sombres.

Bref, malgré le coup d’arrêt de la pandémie, le rock de Miss Nessie continue de patauger allégrement dans le bore out d’un quotidien sans saveur ni odeur, mais cela lui va plutôt bien au teint, tout comme ces accents de gratte ultra-saturée, ce son garage crado, cette manière de claquer les accords comme les paroles pour revendiquer haut et fort la joie malsaine de se faire chier et d’y dénicher un semblant d’ataraxie.

Bref il y a du potentiel ! Toutes les conditions sont même réunies pour que Miss Nessie trace sa route dans les marigots des musiques actuelles hexagonales. À suivre avec intérêt pour saisir les prochaines apparitions du monstre et en profiter pour la teuf avec.

Et plus si affinités

Suivez l’évolution de Miss Nessie à partir de sa page Bandcamp, son compte Facebook et son profil Instagram ! Et n’oubliez pas la chaîne Youtube du groupe !