Molière sur le divan : un spectacle délicieux où Molière et Freud se questionnent réciproquement !

spectacle Molière sur le divan

Molière, 400 ans au compteur, pas une ride, des textes universels enracinés dans l’exploration d’une humanité excessive, un penchant très net pour des personnages névrosés dont la folie éclate face au calme de l’Honnête Homme, modèle d’équilibre mental. Cette galerie de caractères comiques a dû faire pâlir d’envie La Bruyère en son temps ; aujourd’hui, Michelle Brulé s’en saisit pour les passer à la moulinette freudienne, ce qui nous vaut le magnifique spectacle Molière sur le divan, disponible sur Opsis TV.

Molière & Freud : un même regard sur les blocages psychiques

Objectif de la manœuvre : se servir de certains passages de notre auteur national pour illustrer les théories de Sigmund Freud. Entre le dramaturge du XVIIe siècle et le psychanalyste de la fin du XIXe, trois cents années d’écart, pourtant un même regard, une même acuité pour cerner et décrire les blocages psychiques : Hypocondrie, le père, Narcissisme, sa femme, Coprolalie, sa sœur, Hystérie, sa fille, Mélancolie, son fils. Une famille où règnent les frustrations sexuelles alimentées par les interdits, la répression des pulsions. D’où une belle liste de maladies qui n’en sont point.

Théorie des humeurs, quand tu nous tiens ! Accouplant avec intelligence et sagacité les répliques de l’un et les observations de l’autre, Michelle Brulé distille un cocktail délicieux où Molière et Freud s’éclairent et se questionnent réciproquement, dans une succession de séquences à la fois dérangeantes et cocasses, où les outrances de la commedia dell’arte s’acoquinent avec les non-sens du théâtre de l’absurde, pour donner à voir les ombres qui nous rongent en secret.

Les Précieuses Ridicules : Molière et les rockeuses savantes

Gags visuels et rigueur scientifique viennoise

L’occasion de comprendre la grande modernité d’un auteur universel dont les œuvres, par delà le rire qu’elles déclenchent immanquablement, annoncent irrésistiblement Ionesco, Beckett et Kantor. On appréciera par ailleurs l’interprétation impeccable d’Anaïs Todelem, Edith Monteil, Paul Spera, Diane Laszlo, Bruno La Brasca et Claire Chérel, dirigés par une Michelle Brûlé qui multiplie les gags visuels comme les effets de lumière.

Plateau nu hormis une table recouverte d’étoffe blanche, rouge, noire, le banquet devient alcôve qui devient tombeau. Éros et Thanatos, chez Molière comme chez Freud, font leurs habituels ravages, et Michelle Brûlé les traque jusque dans Le Malade imaginaire, L’Amour médecin, La Comtesse d’Escarbagnas, Le Misanthrope, avec comme maîtresse de cérémonie la soubrette, Toinette, qui mène ses observations avec une rigueur de scientifique viennoise.

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Résumons : Molière sur le divan nous propose 76 minutes aussi délicieuses qu’intelligentes : l’occasion d’assister à une rencontre fondatrice entre deux génies qui surent disséquer l’âme humaine comme personne. À ne rater sous aucun prétexte !

Et plus si affinités

Pour visionner la pièce Molière sur le divan, consultez le site d’Opsis TV.