The Pembrokeshire murders : cold cases à la galloise

affiche de la mini-série The pembrokshire murders

Nouvelle mini série policière made in Britain à se mettre sous la dent, The Pembrokeshire murders réalisée par Mark Evans en 2021, se situe dans la lignée de Des pour narrer les péripéties d’une véritable affaire criminelle. En l’état, il s’agit de détailler l’enquête menée par Steve Wilkins pour confondre le meurtrier John Cooper. Et la chose ne fut pas simple, car il s’agissait de réveiller des cold cases complètement oubliés.

Une traque … vingt ans après les faits

Nous voici donc scrutant les cotes torturées du comté gallois du Pembrokeshire pour y traquer celui qui assassina les frère et sœur Richard et Helen Thomas, puis le couple Dixon dans les années 80. En charge de cette investigation, un enquêteur investi et particulièrement tenace, qui rouvre ces vieux dossiers datant des années 80 … en 2006. Soit vingt après des faits, qui de plus, n’ont jamais été connectés.

Parfaite incarnation du limier patient, rusé et retors, Wilkins, qui racontera les différentes étapes de cette aventure dans le livre The Pembrokeshire Murders: Catching the Bullseye Killer, point de départ du scénario, prend ici les traits d’un Luke Evans rigoureux et posé, même devant cette anguille méprisante et sûre d’elle qu’est John Cooper, son suspect, interprété par Keith Allen, parfait dans ce rôle de psychopathe terrifiant, bouffi d’orgueil et de brutalité.

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Neutraliser un véritable danger public

Objectif de la manœuvre : neutraliser définitivement ce danger public au passé chargé, dont on devine qu’il est impliqué mais qui échappe depuis tant de temps aux poursuites … et dont on n’a finalement jamais pu lister tous les crimes. Pour ce faire, rassembler suffisamment de preuves, à partir de dossiers mal tenus, d’indices perdus, d’informations et de témoignages par centaines qu’il faut recouper avec beaucoup de patience et de concentration.

Sans bénéficier d’un budget extensible bien sûr. Car Wilkins doit aussi composer avec les exigences de ses supérieurs, guère convaincus du bien fondé de sa démarche. Peu de moyens, peu de temps, peu d’argent, la pression des institutions, des médias … et un suspect redoutable d’intelligence sous ses faux airs de primate. L’intrigue tourne à la partie d’échecs mentale, au mentalisme : comment pousser Cooper à la faute ? Comment le mettre hors d’état de nuire ?

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Lourdeur administrative vs flair du limier

Les trois épisodes de The Pembrokeshire murders se dévorent littéralement, d’autant plus passionnants qu’ils reflètent une véritable enquête avec une vraisemblance frappante. La mini-série met en évidence les obstacles qui entravent la marche des enquêteurs : lourdeur administrative, poids de la presse et de l’opinion publique, frilosité des politiques … C’est leur volonté inflexible, ainsi que leur intelligence, leur sens stratégique, qui permet d’aboutir. Également leur connaissance de la psyché humaine …

Bref leur professionnalisme, leur logique, leur flair. Les progrès scientifiques comme les empreintes ADN permettent de sécuriser les preuves, verrouiller les dossiers d’enquête ; elles vérifient une intuition qui sert de point de départ à la quête de la vérité. Là aussi, la mini-série met en avant l’avancée des sciences légales … qui se heurte à l’inertie bureaucratique. Dans le cadre d’une réouverture d’enquête, avec pour finalité l’arrestation d’un assassin multi-récidiviste d’une rare violence, cette inertie est dévastatrice et mérite d’être questionnée, comme le fait du reste la série.

Et plus si affinités

Vous pouvez visionner la mini-série The Pembrokeshire Murders en VoD.