Le Magnifique : Belmondo for ever

affiche du film Le magnifique de Philippe de broca avec jean-Paul Belmondo

6 Septembre 2021 : bye bye Belmondo. Bebel pour les intimes comme pour des générations de spectateurs vient de rejoindre le paradis. Restent le souvenir de son sourire, sa gouaille, son talent de comédien hors normes … et ses films. Nouvelle vague, comédies, aventures, polars … au milieu de ce patrimoine conséquent, cette merveille d’auto-dérision qu’est Le Magnifique.

Bob Saint-Clar ou François Merlin ?

Tourné en 1973, le film de Philippe de Broca, par ailleurs réalisateur de L’Homme de Rio et Les Tribulations d’un chinois en Chine, évoque les aventures trépidantes du célèbre espion Bob Saint-Clar, sorte de James Bond 007 à la française, séducteur patenté à la gâchette facile et au sourire ravageur qui enchaîne les missions, toutes plus périlleuses les unes que les autres. Enfin ça, c’est quand François Merlin, auteur de romans de gare et papa rédactionnel du dit Saint-Clar, a de l’inspiration. Or, ces temps derniers, Merlin a du mal à les pondre, les aventures de Saint-Clar.

Problème d’identification

Car son héros le bouffe. Proprement. C’est qu’il s’identifie souvent à ce winner, Merlin. Un peu de fantaisie, beaucoup d’imagination, l’envie de retrouver un brin de dignité dans ce monde de merde réduit à la trilogie métro-boulot-dodo. Sans compter un éditeur méprisant au possible … et cette jolie voisine sociologue qui se prend soudain de passion pour ce héros qu’elle veut disséquer à coup de thèse afin de comprendre la fascination qu’il exerce sur un lectorat conquis bien que peu regardant sur la qualité.

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Un film barré de bout en bout

La goutte d’eau qui fait déborder le vase ? Merlin va-t-il réussir à boucler ce bon dieu de bouquin dans les temps ? Ou flinguer ce personnage dans lequel il se projette pour son plus grand désarroi ? Vous le saurez en visionnant ce film barré de bout en bout, où Belmondo s’amuse à parodier les personnages qu’il joue habituellement avec humour et plaisir, avec au passage un petit coup de griffe au filon du livre et du film d’action, ultra-violent et hyper-sexualisé, mais finalement très réducteur dans le schéma social qu’il propose.

Une partie de rigolade

C’est outrancier, délirant, drôle, une bande dessinée déjantée, avec le plein de couleur, d’exotisme, de fantaisie, une véritable partie de rigolade quand il s’agit de passer du fictionnel au réel (l’entrée de la femme de ménage aspirant le sable de la plage où Saint-Clar bousille du terroriste à tour de bras est juste savoureux). Bebel y est royal et jovial, son bonheur de jouer est palpable, idem pour son naturel. Bref, c’est le feel good movie par excellence … A voir et revoir sans compter.

Et plus si affinités

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