#Salepute : la réalité crue du cyberharcèlement

affiche du documentaire #salepute

La Meute, Scandale, The Loudest Voice, Le démon de la Croisette, … ce n’est pas la première fois que nous évoquons la question du harcèlement. Avec le documentaire #SalePute, un cap est franchi qui met en évidence la réalité crue du cyberharcèlement sexiste … et sa propagation.

73 % de femmes

En une heure d’interviews et de témoignages, les journalistes belges Florence Hainaut et Myriam Leroy, donnent à voir cette réalité sordide, sa logique, son impact, ses retombées. Et sa banalisation. Elles savent de quoi elles parlent, puisqu’elles en ont été victimes. Au même titre que 73 % d’autres femmes au travers du monde, si l’on en croit les chiffres cités par l’ONU … en 2015. Autant dire qu’en six ans, la situation, déjà grave, a bien sûr dégénéré.

Impossible qu’il en soit autrement quand on entend d’autres victimes exposer leur calvaire. Chroniqueuse, journaliste, humoriste, auteure, députée, activiste, avocate, streameuse … toutes expliquent comment elles se sont retrouvées traquées sur les réseaux sociaux, insultées, menacées. Pour rien, des déclarations, des opinions, rien de scabreux ni de grossier, des réflexions de bon sens, le refus d’être harcelée dans la rue, la volonté d’être respectée, considérée comme un être humain à part entière …

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« Ferme ta gueule »

Rien que de normal … et derrière un déferlement de brutalité verbale absolument sidérant. Des propos qui évoquent les fantasmes de tueurs en série, les procédés des tortionnaires les plus barbares … sans compter les proches menacés eux-aussi, époux, compagnons, enfants … Vient la peur puis la panique, l’obligation de fuir des réseaux sociaux devenus incontournables dans notre univers ultra-connecté, même pour faire ses courses. Ostracisées, exclues, bannies, celles qui ont osé dire non perdent jusqu’à leur travail et leur droit d’expression.

Face à elles, on imagine des pervers, des assassins, des terroristes, des fanatiques … bref un ramassis de psychopathes totalement ingérables … alors qu’il s’agit en majorité des bons pères de famille, intégrés, avec des jobs valorisants, des postes de dirigeants, une situation sociale enviable, de la reconnaissance, du respect … Des personnes censées être responsables et respectueuses mais qui sous couvert d’anonymat s’offrent le luxe de crier à ces dames un « ferme ta gueule » clair, précis et très inquiétant par ce qu’il représente : un déni d’égalité et donc de démocratie.

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Personne ne veut voir

Cela revient en somme à proscrire de cette agora que sont devenus les réseaux sociaux la parole féminine à qui on refuse le droit de s’élever, de contredire, de discuter. Et cela de la manière la plus abjecte qui soit, par la menace, l’insulte, la violence psychologique, des comportements initialement réprimés par la loi. Les femmes ne sont pas les seules touchées, sont par ailleurs concernés les homosexuels, les handicapés, les personnes de couleur … C’est un flot d’ordures qui se déverse sur ceux qui osent dire non à cette cyber-doxa aux relents on ne peut plus fasciste.

Aucun arrêt, aucune décence … et des questions : comment a-t-on pu en arriver là ? Comment en sortir ? Car la banalisation de ces comportements est évidente, la prise de conscience qu’on est face à une rupture des conventions sociales d’écoute et de respect, difficile. Personne ne veut voir, tout le monde édulcore, beaucoup rejettent la faute sur les victimes, à l’égal de ceux qui reprochent aux femmes violées de s’être habillées trop court, d’avoir été aguicheuses. Cette heure de documentaire se veut un miroir qu’on se prend en pleine face, un électrochoc … et un avertissement.

Et plus si affinités

Vous pouvez visionner le documentaire #SalePute sur ARTE.