Retour à Forbach : « beaucoup promis, si peu tenu »

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Forbach, ville frontalière de Lorraine, environ 22 000 habitants dont 12 866 chômeurs selon les données de Pôle Emploi. Un maire PS mais pour combien de temps, quand le FN patiemment fait son nid de cette misère ? Du fleuron minier de l’extraction charbonnière, il ne reste que des ruines, une cité abandonnée de tous, où fleurissent racisme, violence et communautarisme.

C’est dans ce néant, berceau dévasté de son enfance, que Régis Sauder revient, caméra au poing, pour comprendre. Comprendre les mécanisme du vote FN qui dévore les consciences ; comprendre les racines d’une férocité sociale, d’un refus de l’autre, qui ne fut pas toujours de mise dans cette zone où presque 55 % de la population compte au moins un ancêtre issu de l’immigration, italienne, polonaise, maghrébine.

D’où vient cette intolérance rampante ? Engraissée par la honte, une pauvreté effroyable, l’exploitation inacceptable des individus, le mépris des classes dirigeantes, elle s’affiche de plus en plus, quand chacun se replie dans son intimité, pour échapper au vide d’une communauté avortée de ses commerces, de ses lieux de rencontres, de ses espaces de culture et de savoir, de ce qui fait le lien social le plus élémentaire …

Tandis que l’objectif balaie les vitrines dégarnies et sales, les panneaux « A louer », les fenêtres sans visage, le spectateur découvre l’ampleur des dégâts, le mécanisme d’une catastrophe à l’œuvre. Comment a-t-on pu tourner le dos à ces gens ? Jetés à la benne de la vie, comme les meubles de la maison familiale, qu’il faut vendre car les parents sont trop âgés pour y vivre seuls. De témoignage en témoignage, la gorge se sert quand on réalise le lent calvaire vécu.

Fuir ? Partir ? Mais comment ? Et pour où ? Et avec quoi ? Alors on végète, livré à l’inaction, sans boulot, … c’est en cet instant, alors qu’on observe les vestiges des mines, rares souvenirs d’un passé qu’on préfère ignorer (le territoire fut annexé par les allemands en 1870 puis en 1940 quand les nazis occupèrent la zone) qu’apparaît la haine, le repli, le besoin de trouver un responsable.

Pourtant des identités se dressent pour questionner et stopper la vague, dire non, reconstruire un esprit d’entraide, d’ouverture au monde. C’est cette lueur de résistance, d’espoir que Sauder capte avec beaucoup d’humilité. Elle est là, cette force, discrète mais vibrante. Un refus de la régression, activé par le souci, le besoin d’être ensemble : l’union fait la force, c’est bien connu.

A l’heure d’un choix politique décisif pour le pays, ce documentaire s’inscrit dans une actualité, une urgence et une prise de conscience essentielle. Il devrait être visionné de tous, politiciens, économistes et grands entrepreneurs inclus, pour effacer la distanciation, ce rempart si pratique, et réinjecter de l’émotionnel, de l’humain au plus vite, pour rappeler que derrière les grandes décisions, se larvent des tragédies personnelles qu’il faut éviter, car accumulées elles engendrent la catastrophe.

Et plus si affinités

https://retour-a-forbach.com/

http://www.docks66.com/en-distribution/retour-a-forbach/

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