Horrorstör : histoire de meubles hantés

couverture du roman horrorstore

Horrorstör : confessons-le, ce roman nous a littéralement cloué au lit au figuré, vu que nous l’avons boulotté d’une traite. Cloués au lit, donc, au figuré, mais vu ce que raconte le roman de Grady Hendrix, cela pourrait bien ne pas être qu’une figure de style. C’est du moins le cas pour les pauvres employés de cette moulinette humaine qu’est le magasin Orsk de Cuyahoga, joyeuse bourgade de l’Ohio, qui s’enorgueillit d’abriter pareil fleuron du commerce de masse à l’américaine. Achetez, achetez, mes frères pour vous donner l’illusion d’exister, tandis que nous réduisons votre cerveau à néant …

Conditions de travail concentrationnaires

Confrontés depuis peu à de bien étranges manifestations qui perturbent le fonctionnement ordonné de cette gigantesque mécanique marketing, le manager de cette enseigne et plusieurs de ses employés décident de bivouaquer en nocturne au milieu du magasin afin d’attraper le fauteur de troubles … bien évidemment c’est sur autre chose qu’ils vont tomber … de chasseurs ils deviennent proies, et c’est la pire nuit de leur existence qu’ils vont vivre, avec nous comme témoins impuissants de leur supplice. Supplice : c’est le mot clé dans cet univers inspiré de Metropolis, d’Amazon et d’Ikea, où les conditions de travail sont proprement abjectes et inacceptables, pour ne pas dire concentrationnaires.

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Un catalogue signé Kafka

Très bien écrit, mené tambour battant, le roman évoque irrésistiblement un mix du Projet Blair Witch et de La Colonie pénitentiaire … oui oui Kafka rien que ça, mais décliné sous forme de catalogue pour mobilier ! Et c’est là que le bouquin prend une dimension d’épouvante palpable : chaque chapitre est introduit par la fiche technique de meubles qui progressivement se transforment en outils de torture au fil de l’action (merci au passage à Andie Reid et Michael Rogalski en charge du graphisme et des illustrations, tous deux ont dû beaucoup s’amuser à nous entourlouper visuellement ).

Des indices, des signes, des avertissements

Flippant, fascinant, on ne décroche qu’à la fin et encore … Je ne vous en dis pas plus, sachez seulement que ce livre se scrute autant qu’il se lit, soyez attentifs, il contient des indices, des signes, des avertissements qu’il vous faudra décrypter si vous ne voulez pas finir comme les malheureux protagonistes de cette aventure infernale qu’un E.A. Poe aurait adoré, amateur qu’il était de puits, de pendule, de portrait, de barrique et autres accessoires macabres … Ah oui dernier point avant que vous ne commenciez la lecture de ce petit chef d’oeuvre : après l’avoir fini, vous ne pourrez plus jamais entrer dans un magasin de meubles sans frémir de la tête aux pieds … c’est toujours bon de le savoir …

Et plus si affinités

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