Les Derniers jours de Louis XIV : savoir mourir en roi

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Avec « L’art d’enterrer les rois de France » nous avions eu un aperçu de la manière dont les obsèques royales étaient jadis orchestrées. Avec Les Derniers jours de Louis XIV, ce sont les ultimes journées du roi Soleil qui sont passées au crible, depuis le 1er janvier 1715, son dernier jour de l’An jusqu’au matin du 1er septembre, où il s’éteint après une lente agonie. Qu’il a maîtrisée de bout en bout.

Et c’est principalement ce qui ressort de la chronique établie par Alexandre Maral, éditée en 2015 chez Perrin pour célébrer le tri centenaire de cette disparition pour le moins glorieuse. Car tout comme il a contrôlé sa vie, sa cour, son pays et l’Europe, Louis XIV va mettre un point d’honneur à prendre sa mort en main. Du moment où il se sait condamné, il planifie chaque détail, organise les adieux à sa famille, remercie ses courtisans et ses serviteurs, se confesse, communie, avec ferveur, avec constance et même avec humour parfois. Mais c’est surtout son testament politique qu’il prend soin de préparer, posant les fondations du règne suivant en paramétrant la Régence.

Extrêmement précis,le récit de cette dernière année passée en partie à Versailles, en partie à Marly, dresse un tableau passionnant des obligations du souverain, véritable bourreau de travail qui recevra ces ministres encore quelques jours avant de décéder. L’importance diplomatique du royaume, les enjeux sociaux, les conflits d’intérêt, la gestion des finances mises à mal par les guerres répétées apparaissent très clairement dans cette fin de règne. Le compte à rebours opéré est fascinant, plonge le lecteur dans la réalité d’un monde à part, d’un cocon de luxe conçu comme le coeur du pouvoir.

Derrière les oripeaux de la monarchie, par delà l’image publique d’un monarque qui veut mourir de manière exemplaire, l’intimité de Louis XIV transparaît régulièrement, dans ses conversations avec son épouse Mme de Maintenon, dans ses échanges avec ses deux fils bâtards, dans son amour pour le petit dauphin, futur Louis XV. De témoignage en témoignage, l’homme privé apparaît sous le masque lisse de l’homme d’état. En ce 17eme siècle classique, voué aux discours de Pascal et Descartes, où la raison se mêle à la foi, le trépas de Louis XIV est un exemple parfait de l’équilibre des passions atteint par l’honnête homme.

Et plus si affinités

Les Derniers jours de Louis XIV sont à découvrir aux éditions Perrin :

http://www.editions-perrin.fr/livre/les-derniers-jours-de-louis-xiv/9782262043353

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