Trouvaille Musique : Billy Nomates

Billy nomates

Honneur aux dames pour la trouvaille musicale de cette semaine qui nous conduit en Angleterre du côté du Leicestershire où opère Billy Nomates. Nous découvrons la petite frimousse de ce joli petit chat sauvage au détour du clip « Mork’n Mindy » des Sleaford Mods, où elle pousse la chansonnette au côté de Jason Williamson et Andrew Fearn. Ce qui vaut bien tous les manifestes du monde :

Une métamorphose

Eh oui, il en faut pour matcher avec ces deux-là, dont l’engagement sociétal et politique se répercute de track en track, avec une rage égale, alimentée par les aberrations et les injustices du monde moderne. Pas un hasard si le projet Billy Nomates prend corps en 2019 durant un concert des Sleaford, comme une révélation, une évidence. Et une métamorphose. Jusque là, Tor Maries enchaînait les projets sans grande portée. D’un seul coup, tout devient clair. Solitaire, rageuse, elle accouche de « No » toute seule devant son ordi, mixant une ligne de basse, un rythme de batterie, un fond de synthé et sa voix de chanteuse country soudainement passée au rap avec armes et bagages.

Adepte de la galère

Beaucoup d’armes surtout, des bagages, la dame n’en a que peu. En bonne adepte de la galère, elle voyage léger, avec un don certain pour rebondir quelles que soient les circonstances. Le live des Transmusicales où elle devait se produire capote because COVID ? Qu’à cela ne tienne. Repli stratégique sur l’île de Wight (haut lieu rock si il en est depuis 1970 et ce festival totalement fou qui inspira du reste les premières mesures de « Fucking in the bushes » d’Oasis) pour accoucher d’ Emergency telephone, galette tout aussi échevelée , talentueuse et inspirée que son premier opus éponyme, déjà solide et prometteur. Car la donzelle a beaucoup à raconter : la loose, le manque de fric, les aventures amoureuses foireuses … elle les collectionne comme le ferait une héroïne de Ken Loach.

« No is the greatest resistance »

Pas chanceuse, pas honteuse : elle assume, fière, la tête haute. « No is the greatest resistance » et un point de départ prolixe pour une série de textes punchy où elle règle ses comptes avec la misère, l’exploitation, le raciste, le sexisme, l’intolérance, les diktats … et ‘une voix claire, sans ambiguïté. En ligne directe avec une certaine Lydia Lunch et son spoken word incisif, préférant le bleu de travail et les baskets aux petites jupes et aux talons hauts, ce qui ne l’empêche guère d’occuper la scène avec style. Visionnez le concert enregistré sur ARTE : elle s’empare de l’espace avec une rare efficacité, capte la caméra du regard, verrouille l’objectif à ses prunelles de mer orageuse et vous assène son live en y prenant un plaisir palpable.

C’est ce qui ressort de l’ensemble, ce qui annonce la suite : Billy Nomates s’éclate, la voie est toute tracée, tout a pris un sens et le bon visiblement. Personne donc ne l’arrêtera. En d’autres termes, nous n’avons pas fini de voir sa petite bouille de gamine en colère venir nous sonner les cloches à grands coups de lyrics claquants comme d’impérieux coups de fouet. Et nous allons en redemandez !!!!

Et plus si affinités

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