Pure : Bridget Jones avec un TOC?

série Pure

Mais pourquoi ? Pourquoi, à chaque seconde de sa jeune vie et quand elle s’y attend le moins, Marnie est-elle assaillie de pensées sexuelles d’une rare violence ? Pour le comprendre et tenter de mettre un terme à cet enfer mental, la jeune fuit son Écosse natale et migre en urgence à Londres. Objectif de la mission : mettre un nom sur son trouble… et redevenir “pure” ?

“Pure-O”, un enfer quotidien

Voici en quelques mots le sujet de la série Pure. Diffusée en 2019 sur Channel 4, cette adaptation du roman du même titre écrit par Rose Cartwright donne à voir le quotidien pour le moins tourmentée d’une Bridget Jones atteinte de TOC. Un trouble obsessionnel-compulsif baptisé du doux nom de “Pure-O” mais qui inflige un enfer quotidien à la pauvre Marnie. Cette dernière, qui ne sait plus quoi faire pour gérer sa phobie d’impulsion, fuit le cercle familial et sa petite ville natale, déboule à Londres chez une ancienne copine de lycée.

C’est le début d’une quête psychologique semée de péripéties sentimentales et professionnelles. Car notre héroïne va devoir affronter la difficile question du diagnostic et de la prise en charge, et c’est presque par hasard qu’elle va mettre un nom sur son TOC. Et puis il y a l’incompréhension des proches, de l’entourage, des collègues, des amis, des potentiels amants, car le handicap de Marnie n’est pas visible, mais a cependant un impact à tous les niveaux de sa vie et il lui faut bien du courage et de la ténacité pour gérer ses crises, trouver des parades.

Qu’est-ce que la normalité ?

C’est l’autre facette, passionnante, de ce petit personnage adorable : sa force. Refusant de nier le problème, elle décide soudainement de le prendre à bras le corps, quitte à tout plaquer pour y parvenir. Marnie est certes maladroite, bordélique, confuse, mais quand ça fuse, ça fait mal ; directe, elle ne mâche pas ses mots, décidée, elle coupe les ponts. Cela la rend énigmatique et très attractive, les messieurs se pressent autour d’elle… les dames aussi. Elle n’a que l’embarras du choix, du coup le choix l’embarrasse, et elle ne choisit pas.

La sagesse ? Peut-on construire quelque chose de durable quand on est en pleine recherche de soi-même ? Avec beaucoup d’humour et d’esprit, Marnie fait preuve d’une grande finesse de raisonnement, de courage également. Autour d’elle, ses amis, ses connaissances ne semblent finalement pas plus équilibrés qu’elle, mais ils ne s’en rendent pas compte, convaincus d’être normaux. Mais qu’est-ce que la normalité ? Porté par l’errance de Marnie, le spectateur s’identifie, se pose les mêmes questions, au fil de ses aventures sentimentales, de ses prises de conscience.

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Une série réjouissante

Pure ne comporte qu’une seule saison et c’est navrant car ces six épisodes sont absolument savoureux, d’une justesse, d’une pudeur, d’un humour réjouissants. Réalisation dynamique, BO tonique, personnages attachants, ce récit intelligent, qui ne sombre jamais dans le scabreux ou le ridicule, est porté par un casting de choc, Charly Clive, Kiran Sonia Sawar, Anthony Welsh, Niamh Algar et un certain Joe Cole qui apparaît également dans Peaky Blinders.

Bref, une belle brochette de jeunes acteurs très frais, très sincères. Pure est une véritable réussite dont on s’étonne qu’elle n’engendre pas un second volet. Si le dieu des séries m’entend, qu’il agisse, car on a bien besoin de ce type de fiction pour trancher avec les produits calibrés actuellement diffusés en boucle avec un sentiment écœurant de copié-collé.

Et plus si affinités

La série Pure est actuellement disponible sur la plateforme d’ARTE.

Posted by Delphine Neimon

Fondatrice, directrice, rédactrice en chef et rédactrice sur le webmagazine The ARTchemists, Delphine Neimon est par ailleurs rédactrice professionnelle, consultante et formatrice en communication. Son dada : créer des blogs professionnels. Sur The ARTchemists, outre l'administratif et la gestion du quotidien, elle s'occupe de politique, de société, de théâtre.

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