Elvis Cadillac – King of Charleroi : Nadine Monfils ou « Heartbreak Hotel » à Bruxelles

Comme son nom ne l’indique pas forcément mais quand même, Elvis Cadillac est un sosie tout ce qu’il y a de plus contestable du King, mais son fan le plus respectueux, le plus impliqué, le plus fervent. Même sa chienne Priscilla, carlin puant et caractériel, qui est affublé d’une banane rose assortie à la Cadillac, faut ce qu’il faut … Jusque là, pas de quoi fouetter un chat, Elvis vit une petite vie tranquille, alternant performances dans les bals musette, lectures de grands auteurs et beuveries avec les potes … quand soudain sa mère, disparue il y a des lustres, réapparait dans sa vie pour tout régenter et en faire une star.

Radasse dominatrice, artistos dégénérés et enlèvement de chat

Premier problème d’envergure, car la dame est du genre radasse aussi dominatrice que débile, avec un goût artistique des plus contestables. Et voici le deuxième problème qui pointe son nez puisqu’elle se mêle de faire de la prochaine prestation de son rejeton (qu’elle a quand même abandonné dans une station d’essence quand il était gamin, histoire d’emmerder son ex) un succès. Or, et ça elle ne le sait (lui non plus du reste), la prestation a lieu dans un château appartenant à une vieille aristo dont la famille, dégénérée au dernier degré, attend impatiemment le trépas pour s’emparer de son magot. On s’en doute, ça va tourner fiasco, cette histoire, avec cadavres et enlèvement de chat à la clé.

Une écriture drôle et vivante à couper le souffle

Plus un flic tout droit sorti des polars de Frédéric Dard, des personnages dignes d’un Audiard et une écriture à couper le souffle tellement elle est enlevée, vivante et drôle. Bref le roman de Nadine Monfils confirme le talent de la dame, et son sens rédactionnel, sa plume énergique de virago dans le sens noble du terme. Car la dame a des couilles, et cela se perçoit à chaque rebond de sa trépidante expression, rehaussée de tournures belges aussi savoureuses et piquantes qu’une bonne bière, avec les fritures et les moules qui vont n’avec ! Bref Elvis Cadillac – King of Charleroi propose 240 pages fabuleuses à dévorer d’une traite, remède souverain pour se vider la tête et s’ouvrir les méninges. Dynamisme au rendez-vous, vous ressortirez de cette lecture le cœur en joie, et le rire aux lèvres, un luxe par ces temps moroses qui n’en finissent pas de nous plomber.

Et plus si affinités

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