Reflet d’artiste / Stéphane Portelli : « Quand on choisit d’être artiste c’est que l’on veut être libre ».

 

« Pour une fois notre trouvaille ne sera ni électro, ni punk, ni … En fait Portelli Stéphane de son prénom nous vient d’une planète haut perchée entre la stratosphère folk, la voie lactée de la chanson française et le champ d’astéroïdes du blues ».

C’est en ces termes que je débutais la trouvaille du 11 mars 2012. Depuis j’ai eu le temps d’aller un peu explorer cette fameuse planète Portelli et les trois albums qu’elle porte :

  • Portelli 2004
  • Tête en l’air 2006
  • A bientôt sur les routes 2011

De fait Stéphane Portelli distille une ambiance, des images musicales, un rythme qui compose une identité artistique décidément hors normes. Une richesse qui s’exprime depuis 10 ans maintenant dans un cadre thématique d’une sensualité intimiste et troublante.

Incontestablement Stéphane Portelli aime la vie, ses infimes moments de grâce qui en composent la sève et il n’a pas son pareil pour en exprimer le sel dans des chansons aux textes très simples, très doux, faits de l’air du temps, rehaussés par des mélodies vives et entraînantes où les influences les plus éclectiques se mêlent de façon audacieuse, inattendue mais toujours heureuse.

Une atmosphère qui a su trouver ses adeptes et qui est en passe de s’enrichir d’un chapitre supplémentaire : un album actuellement en gestation. Phénomène d’autant plus intéressant chez cet artiste qui se joue du conventionnel sans pour autant tomber dans le protestataire, contemplatif en apparence mais traçant sa propre voie avec la farouche et tranquille détermination du coureur de fond.

Nous avons voulu interroger ce parcours, revenir sur ce qui déclenche pareille carrière, les spécificités de cet univers musical. Stéphane s’est prêté au jeu avec une grande confiance. Portrait d’un artiste instinctif et libre.

Voici dix ans que vous avez commencé votre carrière musicale.
Comment avez-vous embrassé cet univers ?

Devant l’émission musicale Les Enfants du Rock où un reportage sur le groupe Dire Straits était diffusé. Ce fût le choc!!!  ..Le solo de guitare qui clôture le titre « Tunnel of love », m’a particulièrement marqué. J’ai acheté tous leurs albums et j’essayais de « repiquer » leurs plans de guitare à l’oreille. J’ai débuté l’apprentissage de la guitare de cette façon, en autodidacte.

Vos mélodies passent en quelques secondes d’accents irlandais à des colorations
sud américaines, hispaniques ou africaines.
Pourquoi ces constants glissements ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je n’aime pas la monotonie. Ma musique colle à ma personnalité. De plus, il y a toujours une cohérence avec mes textes et la musique. Comme je traite de sujets différents à chaque chanson, ma musique suit la même logique. Avant de tourner sous mon nom,  j’étais guitariste dans un groupe de Blues. Après quelques années, j’étouffais dans un seul registre musical. Je l’ai quitté pour plus d’ouverture, plus couleurs. J‘ai écouté différents styles musicaux comme ceux que vous venez de citer mais aussi des artistes de Smooth Jazz et de R&B des années 70 pour le Groove. Mes influences majeures reste le Rock et le Blues. Elles sont la base de mes compositions.

Votre formation implique un guitariste, un bassiste un batteur et une accordéoniste.
Comment s’équilibrent et se complètent ces quatre univers ?
Comment faites-vous pour qu’ils ne s’étouffent pas ?

Musicalement un quartet est assez facile à gérer quand les instruments sont différents. Pour l’équilibre et la complémentarité il y a d’une part, un travail au moment de la composition. Avant de présenter les titres aux musiciens j’essaie d’avoir une idée bien précise de la place que va occuper chaque instrument. Selon le style musical abordé et la couleur recherchée, j’essaie de capter quel instrument va être plus apte à faire passer l’émotion et je le mets en valeur. D’autre part il y a un travail sur le son. Par exemple j’ai pris le temps de  travailler mon son des guitares électriques pour trouver l’alchimie avec le son de l’accordéon car ces deux instruments sont dans le même spectre sonore.

Qu’est-ce qui selon vous fait l’originalité de vos compositions ?

Comme tout musicien autodidacte je fonctionne à l’instinct. Ne connaissant aucune « barrière » théorique je ne m’impose aucune limite. Suivant l’émotion du moment je compose ce qui me passe par la tête.  Difficile pour moi de vous parler de l’originalité de mes compositions. Ce qui va être original pour moi ne le sera peut être pas pour vous. C’est une question à poser au public qui écoute ma musique….Peut être le dialogue Guitare /Accordéon et la fusion de différents styles sur des textes en français mais ça ne reste que mon avis.

Votre musique est très travaillée et riche. Comment positionnez-vous le texte et les voix dessus ?

Je compose toujours la musique en premier, les paroles viennent par la suite. La guitare acoustique me guide dans un rythme, un Groove, une mélodie. Avec quelques arrangements sommaires j’imagine la couleur et la structure de la chanson. Par la suite je pose le texte et d’autres idées me viennent pour enrichir, contre-chants, parties instrumentales… Marilou, mon accordéoniste qui est à mes côté depuis le début du projet, s’occupe des arrangements des chœurs. J’attache beaucoup d’important à la cohérence texte et couleur musicale.

Vos textes portent sur les séparations et les retrouvailles, le voyage et l’errance, la marginalité aussi. Pourquoi la récurrence de ces thèmes ?
Vous sentez-vous observateur de ce monde ou acteur impliqué ?

Ces thèmes on un point commun : la liberté. Quand on choisit d’être artiste c’est que l’on veut être libre. Dans mes textes il y a toujours une part de moi-même. Je me sens autant observateur qu’acteur impliqué. J’ai besoin d’observer et de vivre pour écrire.

« Clémence », « Poupée russe », « Petit réglisse », « Betty », « Ma belle blonde », … les personnages d’amoureuses abondent dans vos textes. Pourquoi ? Comment traitez-vous cet univers féminin ? En quoi cela complète-t-il votre musique ?

J’aime la sensualité et je la retrouve chez les femmes que je croise et qui m’entourent. La plupart de mes chansons, sont des rencontres que je romance. « Clémence » est une fille que j’ai croisée dans un Pub à la fin d’un concert et qui était fan de musique irlandaise, « Poupée Russe » est une fille que j’ai rencontrée lors d’un Festival qui faisait des études de russe, « Betty » c’est une prostituée que j’ai croisée dans un quartier de Paris.

Je raconte des personnes qui me touchent, qui m’émeuvent, des personnes atypiques, passionnées et qui ont une forte personnalité. J’aime aussi jouer avec la sensualité. Comme par exemple avec la chanson « Ma belle blonde ». Je ne parle pas d’une blonde que j’ai croisée, mais d’un ami qui essaie d’arrêter de fumer !!!

Portelli en 2004, Tête en l’air en 2006, A bientôt sur les routes en 2011 :
comment jugez-vous votre évolution au travers de cette triade ?

Concernant les compositions, au fil des albums l’énergie est mieux canalisée, les arrangements plus riches et plus fins. Les textes sont plus travaillés, par soucis de qualité mais aussi pour éviter de me répéter. Le choix du Studio est aussi important. Le dernier album a été enregistré au studio Recall (Bashung, Noir désir…). Je recherchais la véracité des instruments et le son est très proche de celui du live. Le son de l’accordéon et des guitares est très authentique.

Vous vous exprimez aussi bien par le disque que sur scène.
Comment appréhendez-vous vos live ? Qu’est-ce qui a vos yeux fait un concert réussi ?

J’appréhende le live dès la composition des chansons. J’imagine le live dès l’écriture. J’appréhende le live en tant que musicien comme je l’appréhende en tant que spectateur. J’aime la pluralité des univers, la monotonie me lasse vite. Je recherche l’éclectisme tout en gardant une certaine cohérence dans l’écriture et dans le Son.  Mais ça déstabilise certaines personnes car on aime bien ranger les artistes dans des tiroirs, pour les comparer plus facilement. Si j’ai choisi la liberté ce n’est pas pour qu’on m’enferme ou pour m’emprisonner.

Je passe facilement d’un univers Folk Irlandais à un Tango Rock en passant par un Blues pour revenir sur une Valse et un Jazz/Swing. Qu’importe, l’important c’est l’émotion que la chanson véhicule. Je ne sais pas si c’est très français comme réaction mais lorsque je me suis produit au Québec, l’éclectisme de ma musique a été ressenti comme une originalité et non comme une incohérence.

Les musiciens mais aussi le public participent à la réussite d’un concert. Il y a parfois des instants magiques sur scène entre musiciens mais aussi avec le public. Des morceaux que nous allons jouer des centaines de fois et un soir il y a une osmose un échange musical, un groove de quelques minutes qui nous porte et on ne sait pas pourquoi. J’essaie d’amener le public dans ma bulle pour deux heures de voyage.

Un nouvel album est actuellement en projet.
Pouvez-vous nous révéler ses orientations esthétiques ?

Comme pour tout projet il faut bien s’entourer. Suivant l’orientation musicale, le choix des musiciens et du studio sont importants. J’ai commencé à écrire il y a peu de temps. Tous les titres ne sont pas encore écrits et l’inspiration peut m’emmener vers des horizons différents. Mais pour l’instant le Blues, le Rock et le Groove sont à l’honneur avec des guitares bien sûr, de l’accordéon certainement, mais il y aura peut être aussi des instruments que je n’ai pas utilisés sur mes précédents albums. Mais je ne sais pas encore où et avec qui je vais l’enregistrer. Même si on désire qu’il soit intemporel,  un album est la photographie d’un moment. Mes dernières émotions guideront mon inspiration.

Deux albums A bientôt sur les routes sont à gagner sur The ARTchemists. Rendez-vous sur notre Facebook et laissez nous un commentaire dans le statut concernant l’article pour participer.

En concert au Festival Atout Coeurs Mercredi 16 Mai 2012.

 

Et plus si affinités

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Posted by Delphine Neimon

Fondatrice, directrice, rédactrice en chef et rédactrice sur le webmagazine The ARTchemists, Delphine Neimon est par ailleurs rédactrice professionnelle, consultante et formatrice en communication. Son dada : créer des blogs professionnels. Sur The ARTchemists, outre l'administratif et la gestion du quotidien, elle s'occupe de politique, de société, de théâtre.

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