Ozma : jazz explosif au New Morning

À l’occasion de la sortie de leur sixième album, Welcome Home (“Bienvenue chez nous”, en belge), le groupe Ozma s’est produit mi-décembre 2016 dans la prestigieuse salle du New Morning, l’une, sinon la meilleure sono de jazz à Paris, avec, ce soir-là, Boris Darley  aux manettes et, en première partie, le duo d’instrumentistes accompagnateurs ayant accédé au statut de solistes, l’excellent joueur de basse à cinq cordes, Bertrand Beruard et l’époustouflant percussionniste vénézuélien, Orlando Poleo.

Ozma s’inscrit, si l’on veut, dans la lignée du jazz-rock, formule paradoxale élaborée il y a près de cinquante ans déjà par Miles Davis et ses recrues (non des moindres : John McLaughlin, Wayne Shorter, Herbie Hancock, Joe Zawinul, Dave Holland, Tony Williams…). Les cinq jeunes gens poussent au maximum les potentiomètres, pulsent ce qu’il faut, hachent menu les phrases toutes faites, ressassent ad lib riffs et ritournelles, montent et descendent les niveaux – ceux du premier et du second degré comme ceux purement techniques – et placent ainsi la barre très haut, d’un album à l’autre, d’un gig au suivant.

Après une assez longue tournée, de retour à la maison pour passer les fêtes en famille ou entre amis, Stéphane Scharlé (batteur, compositeur et chef d’orchestre), Edouard Séro-Guillaume (bassiste-compositeur), Julien Soro (poly-saxophoniste), Guillaume Nuss (virtuose du trombone) et Tam De Villiers (gaucho-guitariste) nous ont offert un set mémorable, chauffant à blanc le cube noir du club de légende, intercalant au meilleur moment quelque lyrique ballade, poussant leur musicale science aux limites de la transe.

Depuis leurs débuts en fanfare, dans tous les sens du terme, hormis celui de la fanfaronnade, ils ont élargi leur palette audio, gagné en densité, en intensité et, si besoin était, élevé le volume sonore sans jamais brouiller ni l’énoncé ni l’émotion. En une dizaine de thèmes d’une durée optimale, ils ont évité la démonstration concertiste pour, au contraire, atteindre le corps et le cœur de l’auditeur le plus lointain, quitte à le déconcerter parfois par leur surprenante énergie et leur entêtement dans la voie qu’ils continuent à tracer.

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