Nos étoiles contraires : tant qu’il y a de la vie …

film Nos étoiles contraires

Autant être cash, en annonçant la sortie de cette love story largement appuyée du reste par une campagne de presse et de communication fournie, nous redoutions un enième opus rampant entre drame larmoyant et bluette pour ados. Mais au bout du compte, le film Nos étoiles contraires de Josh Boone remplit le difficile contrat qui lui était imposé : retranscrire avec finesse les émotions mêlées de ces deux gamins frappés par la maladie et l’amour sans pour autant verser dans un pathos navrant.

Histoire de vie, choix d’exister

Même s’il est placé sous le patronage shakespearien avec un titre directement inspiré de Jules César et Roméo et Juliette, le récit de cet amour impossible n’est en rien une tragédie, bien au contraire. Drôle et émouvant à la fois, il s’agit avant tout d’une histoire de vie, d’un choix d’exister. Rongés par le cancer, Hazel et Augustus décident de vivre cet amour fragile, même s’il n’a aucun avenir. Privés de l’insouciance de la jeunesse par l’expérience de la souffrance et de la précarité, ils entrent dans cette relation en toute conscience. Ils savent que ça ne durera pas. Et qu’il convient donc d’en profiter autant que leur pathologie le leur permet.

C’est justement là que le film fait mal et cela dès les premiers instants où la narratrice met les choses au point : oui, elle est malade, oui, elle trimballe une bouteille d’oxygène, oui, son souffle tient à un fil, oui, elle peut mourir à n’importe quel instant. Crue et directe, Hazel ne se fait pas d’illusion. Paradoxalement, c’est la véritable battante de l’histoire, formidable force de résistance, car elle a intégré le fait de mourir. Il ne lui reste plus qu’à basculer dans la vie au jour le jour et c’est Augustus qui va l’y faire plonger avec sa douce folie et son humour, son charme et son élan.

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Mignonne, allons voir si la rose

Oublier un instant qu’on va mourir, se rappeler qu’il faut vivre. Se laisser faire, s’abandonner, flotter… « Carpe diem » susurre une petite voix, tandis qu’au fil des images et des séquences, on repense aux vers de Ronsard. « Mignonne, allons voir si la rose…». Pour restituer ces subtilités, le choix de Shailene Woodley et Ansel Elgort était on ne peut plus judicieux, car ces deux acteurs savent planter leurs personnages sans irradier ni bouffer l’écran, en simplicité et en puissance, devant une caméra qui reste sobre dans ses mouvements, intimiste et pudique dans ses approches…

Notons la présence de Laura Dern dans le rôle de la mère de Hazel, qui va tout faire pour apporter cette étincelle de vie à sa fille, sans la couver trop ni l’étouffer en la surprotégeant. Notons la courte mais frappante prestation de Willem Dafoe, auteur idolâtré dont la rencontre sera ô combien surprenante. L’ensemble est à voir, car il porte de manière intelligente et très subtile le message répété depuis des siècles que, même frappés par le sort, nous sommes maîtres de nos destins de par nos choix.

Et plus si affinités

Le film Nos étoiles contraires est disponible en VoD.