Expositions en vrai dans la vraie vie : naissance du surréalisme ou divas orientales ?

affiches des expositions invention du surréalisme et divas orientales

Avec la réouverture des musées et lieux d’exposition, on ne sait plus où donner de la tête en matière d’offre. Nous vous proposons donc un doublé, historie de faire durer le plaisir et de varier les tendances et les inspirations, tout en restant dans le même secteur, vu que nos choix se situent à la Grande Bibliothèque François Mitterrand et à l’Institut du Monde Arabe.

L’invention du surréalisme – Des champs magnétiques à Nadja – BNF

La première étape de notre périple, nichée dans les salles de la BNF, est littéraire et interroge les débuts du surréalisme. C’est que Les Champs magnétiques signé André Breton et Philippe Soupault a maintenant un siècle. Il fallait donc célébrer comme il se doit l’anniversaire du la « première œuvre purement surréaliste », et en profiter pour fouiller les origines du mouvement, ses prémices (Apollinaire, Lautréamont, Dada), sa genèse, son émergence, avec force documents, photographies, lettres, témoignages.

Enraciné dans les décombres d’une première guerre mondiale sanglante et meurtrière, le surréalisme va tout dynamiter, la poésie et ses thématiques, les codes d’écriture, la créativité en soi. Faire exploser les silos artistiques pour s’affirmer farouchement pluridisciplinaire, aller défricher les zones inconnues mais ô combien tentatrices de l’inconscient via l’écriture automatique. L’amour, la vie, la mort, la ville, le monde, tout y passe dans un bouillonnement créatif sidérant d’inventivité qui s’affirme par l’invasion de l’espace public, un esprit de provocation récurent … et l’expérience ultime de l’amour fou pour Nadja.

Divas – D’Oum Kalthoum à Dalida – IMA

Quittons la BNF, le surréalisme et la littérature pour la musique orientale et ses plus grandes ambassadrices. L’IMA propose une exposition hommage aux divas du monde arabe. Oum Kalthoum, Fayrouz, Dalida bien sûr mais aussi Warda al-Djazaïria, Asmahan, Souad Hosni, Sabah … bien d’autres encore qui ont illuminé le XXeme siècle. Voix d’or, somptueuses et uniques, idoles adulées à l’échelle de la planète, porte-parole d’un patrimoine musical et poétique ancestral, d’une incroyable diversité, mais également icônes fédératrice d’une culture arabe commune, depuis l’Égypte jusqu’au Liban.

L’exposition retrace le parcours de ces chanteuses d’exception sur scène comme au cinéma, les comédies musicales qui les révélèrent (l’occasion de cerner l’importance et la qualité du cinéma arabe), leur héritage, la manière dont elles inspirent désormais une nouvelle génération d’artistes, musiciens, rapeurs, photographes, vidéastes … Il s’agit par ailleurs de mettre en évidence l’action émancipatrice de ces pionnières du mouvement féministe arabe, militantes assidues férues de culture et de créations artistiques en tous genres. Extraits de chansons et de films, interviews, photos, objets personnels, l’exposition fait dialoguer intimité de la créatrice et célébrité de l’artiste dans une restitution aussi fascinante que pertinente.