Brother : contagious

Brother - Marco Da Silva Ferreira - Photos par José Caldeira

Créé en 2017, Brother de l’ultra prometteur chorégraphe Marco Da Silva Ferreira ne cesse de tourner depuis. La clé d’un tel succès : son ardente énergie, son inquiétante étrangeté, sa définition clubbing du vivre ensemble. Brut, audacieux, efficace… what else ?

Urbanité contemporaine et danses tribales

Le danseur entre seul sur scène. Plateau nu, lumière aux rabais, sapé casual. Visage poudré, Marco Da Silva Ferreira s’élance dans une pantomime où désarticulation et zygomatique accouchent d’un objet curieux. Irrémédiablement saisissant. Tout semble déjà dit dans ces 5 premières minutes, dans ce carrefour d’influences entre urbanité contemporaine et danses tribales. Brother ou son inquiétante étrangeté, sa relecture des danses urbaines du monde entier, des raves, son queerness. Mais déjà entrent sur scène un autre interprète, puis une autre… pour qu’au final se forme au plateau un groupe de sept individus bien décidés à s’enjailler.

Cristalliser chorégraphiquement le « vivre ensemble » ?

On le devine très vite : ici point de dramaturgie, de lumières soignées, de costumes élaborés. Come as you are, dance and share avec en ligne de mire : le plaisir d’être sur scène. Il transpire ce plaisir : les danseurs se sourient, s’entrainent dans leur joie tout à danser. Et si Marco avait su cristalliser chorégraphiquement le « vivre ensemble », concept flou apparu dans les 80’s qui prend là des atours sacrément plus badants ? Ici s’agrègent les corps en un groupe organique qui carbure dans l’alchimie de rythmes electro-clubbing produit par Rui Lima et Sergio Martins. À la façon déglingos d’une rave sauvage, le sound system s’arrête net quand le groupe, ivre de sons, poursuit sa transe. HI HA. Leurs cris guerriers remplaceront momentanément les beats puis deviendront à leur tour matière sonore pénétrante.

Brother célèbre le fluide, la connivence, l’envie

Dancehall jamaïcain, kuduro angolais, pantsula sud-africain, voguing américain … Da Silva Ferreira ratisse large, mixe le tout et offre une danse singulière qui contamine tout le groupe. Copier, coller, imiter, reproduire, fusionner, Brother célèbre le fluide, la connivence, l’envie et le partage dans la ressemblance et la dissonance. Il y a bien longtemps que le public ne cherche plus à comprendre ce qui se trame sous ses yeux. Hypnotisé par ces visages peints en jaune et cette transe métissée, il commence à dodeliner de la tête sur les rythmes house. La fraternité est contagieuse. La folie aussi. La petite bande peut bien abandonner ses nippes sportwear pour revêtir des costumes baroques à l’effet comique incontestable, continuer à twerker et ahaner… comme dans toute fin de party, nous, on a lâché prise. On se laisse aller. Avant que l’aurore ne pointe.

Et plus si affinités

Tournée : Les 5, 6 et 7 avril Les 2 Scènes (Besançon), Le 15 avril La Manufacture (Bordeaux).

Pour en savoir plus sur le travail du chorégraphe Marco Da Silva Ferreira, consultez son site ainsi que son compte Instagram.