A l’avant-garde : Guido Mocafino – Serpens

Guido Mocafino - Serpens

Roses éclatantes, pistolets rutilants, vanités inspirées du XVIIeme siècle, immeubles de Sarajevo, Beyrouth ou Brasilia, Guido Mocafino n’est jamais aussi bon que quand il photographie des serpents. De toutes les espèces, de toutes les couleurs, venimeux si possible, toujours concentrés en nœuds inextricables, faussement endormis, prêts à mordre. Somptueux, dangereux.

Ainsi ce magnifique portrait de DEDROASPIS VIRIDIS, mambas verts de Guinée aux écailles presque turquoise qui nouent leurs anneaux empoisonnés en majestueuses boucles. On imagine l’ambiance pendant les séances de shooting. Et on s’interroge sur la manière dont ont été positionnés les sinueux modèles. Car c’est d’une main sûre et avec une perception unique, un amour évident de ces créatures que Guido Mocafino les a photographiées. Patient, calme, observateur. Avec un aspi-venin et le numéro du centre antipoison le plus proche à portée de main ?

Positionnés avec soin dans des boites noires, ses modèles prennent la lumière comme personne, et leurs sinuosités ont quelque chose de fascinant. Guidé par l’esprit de M.C. Escher et Giovanni Battista Piranese, l’artiste saisit ces labyrinthes lovés dans leur isolement de bêtes immondes et splendides. Il s’en est fait une spécialité et ses séries de portraits reptiliens sont de pures merveilles qui interrogent les mystères esthétiques de la nature. Le tout a engendré un ouvrage somptueux. 

On dit les serpents hypnotiques. On sait maintenant que c’est vrai.

 

Et plus si affinités

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