Velvet Buzzsaw : swimming with artistic sharks

Critique redouté, mondain acerbe, esthète blasé, Morf Vandewalt fait la pluie et le beau temps sur le monde de l’art contemporain. Un monde où il s’ennuie ferme, dont il connaît tous les ressorts, qui ne le surprend plus … jusqu’à ce qu’il découvre les œuvres de Ventril Dease. Captivantes, visionnaires, dangereuses, vengeresses … Voici le pitch de départ de Velvet Buzzsaw, une fable qui interroge le devenir de la création artistique confrontée au marché féroce dont elle fait l’objet.

Et en l’état l’adjectif n’est pas galvaudé ; directeurs de galerie, acheteurs d’art, collectionneurs, les requins ne manquent guère qui gravitent autour de Morf, à l’affût du moindre petit talent qui pourrait accroître leur fortune, leur renommée. Le mystérieux Dease et ses peintures de sang arrivent à point nommé pour opérer une purge libératrice et régler leur compte à ces nuisibles qui salissent le Beau en le transformant en tirelire.

Avec cette histoire digne d’un Balzac ou d’un Wilde, le réalisateur Dan Gilroy renoue avec une thématique fantastique usitée et qui a fait ses preuves. Via ses œuvres qui tuent ceux qui n’en perçoivent que la valeur marchande, Dease fait le tri, sépare le bon grain de l’ivraie. Seuls les artistes dans l’âme sauront capter le potentiel terrifiant caché dans chaque toile hypnotique et s’en éloigner à temps pour renouer avec les racines de leur vocation.

Quant aux autres, ils finiront très mal … et avouons-le, c’est presque un soulagement car ces figures emblématiques du marché de l’art sont proprement odieuses et corrosives, caricaturales certes mais adeptes de bien des coups fourrés et des pratiques douteuses sous le vernis policé des mondanités. Ainsi le personnage de Rodhora qui escamote tous les tableaux de Dease pour faire grimper leur côte, puis les vend en catastrophe quand elle apprend que Morf va éditer un article sur la menace que représentent ces toiles.

Un exemple parmi tant d’autres … De pareilles entourloupes, le film en regorge, véritable manuel d’initiation accélérée à la négociation en milieu artistique hostile. Et les artistes dans tout ça ? Leur seul recours est la fuite, le retour au collectif, l’isolement … avec comme question de fond l’impératif renouvellement de l’inspiration, quitte à fâcher la foule des acheteurs. Servi par une excellente brochette d’interprètes (Jake Gyllenhaal, Toni Collette, Rene Russo, John Malkovich …), Velvet Buzzsaw mêle suspens et apologue dans un scénario qui aurait gagné à être plus fouillé, mais qui demeure un bon divertissement, une analyse fort juste.

Et plus si affinités

https://www.netflix.com/fr/title/80199689

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