The Strain : Guillermo del Toro aux commandes de l’Apocalypse vampirique

The strain, … la lignée, la souche : le double sens de la traduction française en dit long sur la portée de la saga initiée par Guillermo del Toro, qui adapte ainsi son roman du même nom pour le petit écran. Petit écran mais force de frappe, et gros moyens. Car il s’agit ici de dérouler la fin du monde, invasion vampirique et combats dantesques à l’appui.

Revenons à la source. Un avion en provenance d’Allemagne atterrit à New York ; à son bord les voyageurs sont tous mystérieusement décédés. Un virus inconnu ? On envoie sur site des épidémiologistes effarés par cette énigmatique maladie … et qui vont très vite comprendre que l’infection est bien plus grave qu’ils ne le pensent. Car le surnaturel s’en mêle. Il prend les traits d’un parasite séculaire, bien décidé à conquérir la planète. Et il va falloir le stopper. Coûte que coûte.

On l’aura compris : Guillermo del Toro s’offre ici une réécriture du mythe de Dracula, en mode The Walking Dead, dans un esprit similaire à celui de Blade II et Hellboy. Étalé sur trois saisons bientôt complétées d’une quatrième (vite vite on n’en peut plus d’attendre), ce récit épique mêle des personnages riches aux motivations complexes, aux passions échevelées. Tous se révèlent dans cet affrontement anthologique, face à des strigoi terrifiants qui servent de repoussoir aux pires cauchemars.

Del Toro profite de son intrigue pour revenir sur des thèmes qui lui sont chers, le rapport aux parents par exemple ou la gestation du fascisme, de l’intolérance, du fanatisme. Ses vampires flirtent avec le nazisme, la Shoah, le terrorisme, l’apocalypse nucléaire. En cela ils ne font que tirer parti de la haine profondément ancrée dans le cœur humain, si facile à dévoyer, dés qu’on parle argent, amour, jeunesse éternelle, pouvoir … De fait le Maître vampire ne manquera pas d’adjuvants dociles … et d’ennemis implacables.

Car la résistance s’organise, tandis que petit à petit le monde glisse imperceptiblement dans le chaos. Là aussi, l’analyse du phénomène est pertinente, cette désagrégation du tissu social s’orchestre par petites touches, des détails insignifiants que personne ne remarque, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Les rebondissements ne manquent pas, ni les scènes d’affrontement musclées, les trahisons comme les moments de bravoure …

Magnifiquement tourné, interprété avec ce qu’il faut de démesure par un casting inspiré, la série prime par le travail des couleurs et des lumières, l’alternance des rythmes, des flashback constants qui explorent le vécu des protagonistes, nuançant ainsi notre perception. Ici rien n’est noir ou blanc, tout se floute au gré des péripéties, et la morale fiche vite le camp, comme tout le reste d’ailleurs dans cette ambiance d’apocalypse.

Quant au suspens, on n’en manque pas, dans un esprit très BD qui évoque les rebondissements sans fin des comics américains. Bref le tout est addictif, et avouons-le, on est vite contaminé par ce histoire rocambolesque qui par bien des côtés fait écho avec notre actualité.

Et plus si affinités

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