Télévision / La femme qui pleure au chapeau rouge : Picasso en téléfilm … Dora Maar en héroïne ?

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Comment commémorer un génie disparu ? Nous nous posions la question il y a peu en chroniquant Dernières nouvelles de Frau Major, qui rendait hommage à Bashung parti il y a quatre ans.

Picasso quant à lui est décédé il y a quarante ans et France 2 a voulu marquer le coup avec une soirée spéciale proposant un Secret d’Histoire spécialement dédié au grand peintre, suivi de la diffusion de La femme qui pleure au chapeau rouge. Un tableau du maître et le titre du téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe qui retrace la passion tumultueuse de Picasso et son modèle Dora Maar.

Et ici une stratégie voulue et assumée : rattacher l’œuvre du créateur avec sa vie personnelle. Nous découvrons ici les mécanismes d’une œuvre gigantesque, en rupture avec les codes d’alors et qui ouvre la voie à l’art contemporain. Et prend corps dans la passion … et la destruction.  C’est que Pablo est loin d’être calme et linéaire dans ses rapports. Les dames qui l’entourent en font les frais, et il enchaine les liaisons, imposant parfois à ses maîtresses de se fréquenter, ce qui n’est pas de tout repos, et provoque bien des clashs.  

Dora Maar, créatrice, photographe, peintre également, devient la Muse de cet homme hors pair, qu’elle épaulera, qu’elle inspirera, … Nous voyons leur rencontre, leur amour, leur désir, leur collaboration, leurs jalousies, leurs contradictions, leur rivalité aussi : elle l’amène à peindre Guernica, le photographie pendant tout le processus de création. Le suit, le subit, le déteste, lui résiste. Lui survit. Laissée à moitié folle par leur séparation, elle seule aura la résistance nécessaire pour tenir le choc après son départ. Après sa mort. Les autres ne pourront en dire autant, qui pour certaines se suicideront. Après avoir vécu dans l’ombre de l’artiste adulé, vampirique.

Porté par un Thierry Frémont sidérant dans son interprétation habitée (le regard, la ressemblance sont hallucinantes), le téléfilm prend toute sa valeur dans la figure d’une Dora Maar magistralement incarnée par une Amira Casar que nous voyons lutter contre la folie qui doucement la submerge. Elle aussi saisissante dans l’allure, l’accent, l’intensité du jeu.

S’il n’évoque que rapidement les bases du surréalisme, la condition des artistes pendant l’Occupation ou le travail de créatrice de Dora Maar, La femme qui pleure au chapeau rouge s’interroge avec beaucoup de justesse sur la place de la Muse dans la vie d’un artiste. Et les risques qu’elle encourt.

Et plus si affinités

http://www.france2.fr/videos/80175153

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