Piercing – Denis Bruna : la revanche des infâmes

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Alors que le Mondial du Tatouage fourbit ses armes pour une nouvelle édition prévue du 4 au 6 mars 2016, orientons notre attention sur l’étude consacrée par Denis Bruna aux racines des modifications corporelles : Piercing – Sur les traces d’une infamie médiévale.

Spécialiste de l’Histoire de l’Art et plus spécifiquement de la représentation du corps et du vêtement, Bruna s’est focalisé sur le Moyen Age comme période de prédilection. C’est dans les peintures de Bosch et de ses contemporains qu’il débusque plusieurs cas de piercing qui feraient pâlir d’envie les bod mods les plus acharnés : oreilles, lèvres, nez mais aussi mentons, joues, langue ou cuisse, il souligne les pendeloques et autres anneaux précieux qui sertissent l’anatomie des personnages grotesques qui émaillent les tableaux du XIIIeme au XVIeme siècle.

Objectif : y découvrir les origines du malaise ressenti par nos sociétés modernes face aux modifications corporelles de tout poil. Avec force détails et arguments, Bruna explique comment le geste de transpercer le corps humain, image de Dieu, stigmatise l’incroyant et pourfend les ennemis de la foi chrétienne. Des infâmes : voici ce que le piercing désigne alors dans un balayage très large de cette définition.

Publié en 2001 aux éditions Textuel, l’ouvrage anticipait le succès à venir de cette mode, aujourd’hui ancrée dans les mœurs au point de déplacer les foules comme en témoigne le succès toujours grandissant du Mondial du tatouage et des conventions du même genre. Les infâmes semblent avoir pris leur revanche sur la rude communauté médiévale, qui sectorisait et excluait à tout va ce qui n’entrait pas dans la norme. En parcourant les analyses très fines et extrêmement documentées de Bruna on mesure à quel point notre monde s’est ouvert et doit le rester.

On comprend par ailleurs l’impact décisif des artistes tels Bosch, dans l’imaginaire de leurs contemporains. Tandis qu’on s’apprête à célébrer les 500 ans du maître de Bois le Duc, Piercing – Sur les traces d’une infamie médiévale donne à voir son incroyable talent d’une façon à la fois inattendue et hors du temps.

Et plus si affinités
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