Musée Gustave Moreau : visite d’un atelier symboliste …

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Paris sous le soleil, vidé de ses habitants, nous sommes le premier dimanche d’Août, les musées de la ville sont gratuits, le choix est vaste. Nos pas nous conduisent dans le 9eme arrondissement vers la rue de la Rochefoucault où se dresse l’hôtel particulier de Gustave Moreau.

Le peintre symboliste y a installé son logis et son atelier en 1852. La façade ornemente le quartier alors en vogue de La Nouvelle Athènes, place forte des artistes romantiques, des actrices de renom et des hommes d’affaire de l’époque. Quatre étages qui abritent les appartements de la famille et les locaux de production du créatif.

Un créatif particulièrement productif qui va saturer l’espace libre avec les quelques 14 000 œuvres dont il a l’auguste paternité. Tableaux, dessins, aquarelles, études, croquis, envahissent les parois, occupent chaque centimètre carré des murs, s’accumulent dans des classeurs orchestrés avec soin, cadres de bois protégeant les précieuses esquisses sous verre.

Si les pièces à vivre sont feutrées, confortables, luxueuses même, étalant la réussite sociale du maître par un mobilier cossu, des bibelots précieux et exotiques, les deux derniers niveaux, reliés par le fameux escalier torsadé, se veulent monumentaux, preuve que l’art est tout ce qui compte pour Moreau. Les grands volumes y sont exposés jusqu’au plafond, et en les observant on hésite.

Symbolisme dit-on, … Klimt le viennois transparaît dans les détails des tissus, la dentelle discrète apposée sur les robes des héroïnes majestueuses, des vierges compassées, comme une vision de l’avenir … certains traits évoquent l’onirisme surréaliste d’un Clovis Trouille, le contour de plusieurs figures annonce les profils épurés de Cocteau, d’autres étrangement nous ramènent au mysticisme du Greco, aux angoisses de Goya, …

On redescend les étages avec la tête renversée par les images de ces dieux, de ces personnages mythiques ou historiques, et la conviction que Moreau fut un trait d’union puissant entre l’ académisme classique et la modernité sous toutes ses formes. On comprend mieux alors ce désir obsessionnel de classer son travail, de le conserver pour les générations futures, dans le cadre familier qui protégea sa vie.

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