L’Intervention : le western comme acte de naissance du GIGN ?

GIGN … Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale … vêtus de noir, cagoulés, casqués, armés, surentraînés pour dénouer les missions à hauts risques comme la traque du grand banditisme, les actions anti-terroristes, la prise d’otages … deux créneaux qui firent le berceau du groupe, son acte de naissance. Et pour le rappeler, le film de Fred Grivois, L’Intervention.

Soit 90 minutes environ pour relater comment, en 1976, des terroristes indépendantistes détournèrent un bus scolaire à Djibouti, ultime colonie française en mal d’émancipation, et de quelle manière le tout jeune GIGN régla le problème. Musclée, efficace, et totalement inédite pour l’époque. Pas de casque ni d’équipement, des fusils à lunettes et une allure à la Serpico pour ces jeunes mecs en mode tête brûlée qui libérèrent une trentaine de gosses et leur institutrice en désobéissant à la hiérarchie militaire.

Pas de chichi ni de prise de tête, pas de grands dialogues métaphysiques, Grivois joue la carte du concret et de la logistique, en injectant un suspens concentré sur l’attente, le questionnement découlant des négociations diplomatiques enclenchées, la présence discrète mais sensible de forces étrangères, USA et URSS. Car tandis que les politiques dialoguent, les hommes de terrain constatent la dangerosité croissante de la situation. Patienter ou agir … sous un soleil de plomb, dans une chaleur de four, c’est une atmosphère digne de Duel au soleil qui s’installe …

Une ambiance de western, une approche très sensorielle, et quelques libertés injectées de ci de là pour rappeler les réalités géo-politiques de l’époque et mieux saisir les véritables enjeux à l’œuvre quand la diplomatie clashe la réalité de terrain. Au milieu, des gosses innocents et des hommes qui doivent décider et travailler pour sauver des vies. S’appuyant sur le peu d’infos qui demeure de cette opération (quelques articles d’alors et des témoignages), Grivois inscrit la notion de choix et d’autonomie au cœur de l’équation.

Sans sacrifier le rythme de son récit, sa nervosité latente ni son esthétique très 70’s, jusque dans le traitement de l’image et des couleurs, il propose un excellent film d’action, nullement partisan mais réaliste et particulièrement pertinent, qui tranche dans le paysage cinématographique hexagonal. Et c’est on ne peut plus appréciable.

Et plus si affinités

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