A l’avant garde : Ceija Stojka

A l’heure où le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie se banalisent, où l’on nie la Shoah, où certains n’hésitent plus à affirmer qu’il faut arracher les dents en or des rom pour qu’ils financent leur présence sur notre sol, il devient urgentissime de contempler les tableaux de Ceija Stojka. A plus d’un titre.

Actuellement exposée dans une rétrospective que lui consacre la Friche de la Belle de Mai à Marseille, l’artiste tzigane attendra 40 ans après avoir échappé aux camps de la mort pour exprimer ce qu’elle y a vécu sur la toile. Raflée et déportée à 10 ans, c’est avec des yeux d’enfant qu’elle témoigne de l’horreur absolue. Et d’un espoir infini.

Façonnée par l’abominable infligé et subi, cette femme s’abandonne des années après dans l’art le plus brut par peur qu’on oublie. Qu’on oublie le martyre, la cruauté, la folie, l’absurdité. Elle rappelle que les camps furent le tombeau d’une humanité ravalée au stade du néant, juifs, noirs, homosexuels, tziganes, handicapés, communistes, intellectuels, …

Comment se fait-il qu’elle ait échappé à l’enfer quand des milliers d’autres ont succombé ? Si ses dessins interrogent ce mystère, ils ne s’y arrêtent pas. Ceija Stojka y laisse surtout apparaître une force de vie que rien ni personne jamais ne peut détruire. La leçon est bonne à prendre et à méditer.

Et plus si affinités

http://www.lafriche.org/fr/agenda/ceija-stojka-artiste-rom-620

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