Trouvaille Musique : Paradoxant

Paradoxant par la photographe Lucie Martin

Aujourd’hui, direction Bruxelles pour découvrir l’univers de Paradoxant. Une hybridation dark comme on les aime, avec en son centre Antoine Meersseman, bassiste de BRNS qui s’offre ici un side project particulièrement prometteur.

Un difficile retour parmi les vivants ?

Il suffit d’écouter son premier album Earworm pour s’en convaincre. Neuf tracks teintées d’esprit new wave, un son graveleux, irrégulier, malsain comme les constantes physiologiques d’un malade, bippant irrégulièrement sur un scope poussiéreux, en quête de souffle. Un shoot constant, une pénible sortie de coma, quand les contours, les sons sont encore flous, quand on confond encore les perceptions. Un difficile retour parmi les vivants ?

Earworm : un titre qui parle de lui-même (le ver ne constitue-t-il pas le fil directeur du redoutable Antichrist Superstar de Marylin Manson ? Autant dire qu’on ne choisit pas pareil symbole de décomposition au hasard, et l’ensemble des morceaux y fait écho : « Rebirth », « Dead beat », « Modern lie », Unheimlich », « Asylum » … N’importe quel enfant du dark tiltera devant ce naming marqué au fer rouge.

Une maîtrise évidente de la composition

Les mélodies sont de même facture : des distorsions travaillées juste ce qu’il faut pour laisser sa place au hasard, des voix spectrales qui évoquent Cure aux grandes heures de « A forest » (écoutez « Ha ha ha ha », c’est assez frappant). Plus généralement une tonalité proche de Trisomie 21, Cassandra Complex, Xmal Deutschland, Virgin Prunes … Et pour sûr une maîtrise évidente de la composition.

Rien d’étonnant : si Paradoxant est un projet solo, il n’a rien de solitaire. Dans la boucle Monolithe noir qui a encouragé l’accouchement de ces chansons, et le batteur Romain Bernard from Ropoporose, avec lequel Meersseman avait déjà oeuvré via l’aventure Namdose. L’ensemble se tient très franchement ; s’il en fallait une preuve, « Summer Glow » qui conclut l’album de manière magistrale.

Un éclat, une harmonie magnifiquement ouvragée jusque dans ses discrètes tachycardies, l’épaisseur des synthés, la déferlante des percussions, le passage du tonitruant à l’intimité de la guitare … Paradoxant y dévoile tout son talent, et ce morceau superbe et touchant en annonce pour sûr beaucoup d’autres, aussi prometteurs.

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur Paradoxant, consultez :

– la page Facebook du groupe

– le bandcamp.