Théâtre : Le Dindon – Georges Feydeau … de la Comédie Française à France 2

Une femme de la bourgeoisie annonce  que si son mari la trompait, elle aurait vite fait de se venger. Elle prendrait de suite un amant. Plusieurs prétendants à ce titre : un célibataire, un homme marié…. Voici en deux mots l’intrigue de cette pièce, Le Dindon, du célèbre Georges Feydeau.

Et il y a deux semaines, représentation exceptionnelle de la dite pièce à la télévision sur France 2 avec François Berléant, Laurent Deutsch, Valérie Benguigui incarnant les principaux protagonistes de cette pièce. Représentation que j’ai suivie bien évidemment de bout en bout.

C’était bien, très bien  même – les acteurs jouaient juste. On voyait qu’ils avaient un vrai plaisir à être sur scène et jouer. Les costumes et les décors étaient magnifiques. J’ai trouvé le personnage Laurent Deutsch un peu ridicule. Valérie Benguigui était une Maggie tout à fait crédible en anglaise parlant un anglais approximatif.

Oui mais……………….

Afin de rester  dedans, j’ai revisionné les deux versions de la Comédie Française. La plus récente, celle mise en scène par Lucas Hembled et réalisée par Don Kent.  Et l’autre, l’ancienne version,  mise en scène par Jean Meyer.  « Y a pas photo » comme on dit aujourd’hui. Jean Meyer et ses acteurs restent les meilleurs.

Mise en scène de Jean Meyer

Dans la version « actuelle » : C’est une farce – jeu outrancier des acteurs – scènes pour le moins ridicules – mise en scène moderne – l’action se situe de nos jours – les costumes sont actuels – le décor, pour le moins minimaliste. Bien sûr  les spectateurs rient et s’amusent, mais il manque toute la folie de Feydeau.

Dans la mise en scène de Jean Meyer, que j’ai eu la chance de voir sur scène « en vrai » comme on dit, c’est la folie de Feydeau avec  la classe. Tout est juste et à sa place. Je ne pense pas qu’il soit possible d’égaler le jeu de Louis Seigner et de Denise Gence, dans le deuxième acte de cette pièce.  On rit, on s’amuse, les portes claquent, les amants sont dans les armoires, le commissaire intervient et c’est formidable. Le regretté Michel Duchaussoy, dans le troisième acte, apparaît en amant choisi mais incapable : il s’est trop fatigué avec une autre. Irremplaçable. Il est élégant, aucunement vulgaire et il est juste.

Mise en scène de Lucas Hembled

Je ne devrais pas comparer. Mais c’est très difficile. Lorsque je découvre une nouvelle version d’une pièce vue « il y a déjà quelques temps », même si je ne le veux pas, à un moment ou à un autre, les images de l’ancienne  version se superposent  et forcément la comparaison se fait d’emblée. J’en suis désolée pour tout le travail qui est effectué par tous les acteurs. Mais une pièce de Feydeau, c’est avant tout la  pièce d’une troupe où tous les éléments doivent s’imbriquer sans fausse note. Il faut bien se connaître pour arriver à cette osmose.

C’était le cas pour la troupe mythique de la Comédie Française à l’époque de Piat, Seigner, Gence, Duchaussoy, Dhéran, et bien d’autres.

 

Là je vous le dis, « de mon temps c’était……………………………… ».

 

Autres mises en scène du Dindon

Mise en scène de Philippe Adrien – La criée Marseille

Mise en scène de Francis Perrin