Narcos : Plata o plomo !

série narcos saisons 1 et 2

Il faut l’inscrire en lettres d’or au fronton des séries télévisées d’avant-garde : sorti en 2015,  Narcos saison 1 et 2 a tout du boulet de canon dans un ciel de printemps. Le réalisateur brésilien José Padilha y relate l’ascension et la chute du narcotrafiquant Pablo Escobar au début des années 80. Mais son récit n’est pas qu’un portrait. Il excède le film de genre, pour brosser une fresque historique où mafieux, politiciens, militaires et flics s’affrontent sans pitié dans une course à la drogue et au pouvoir. Le tout avec un rythme effréné et dans un style visuel particulièrement travaillé. Une véritable référence !

Restituer l’horreur au quotidien

« Plata o plomo » … l’argent ou le plomb. Tout est résumé en trois mots, de la logique pernicieuse qui va conduire la Colombie au cœur d’un véritable enfer. Meurtres, attentats, corruptions, perversions, … tourné en anglais et en espagnol dans le pays même, le feuilleton retrace les grandes étapes de cette guerre qui oppose l’État et les cartels. La presse internationale s’en est faite l’écho, mais lire un article, ce n’est pas vivre l’horreur au quotidien.

Avec minutie et un travail de reconstitution conséquent, l’équipe de tournage restitue cette angoisse palpable qui paralyse le pays devant les criminels. Tout-puissant de par la violence qu’il applique sous ces formes les plus atroces, Escobar au fur et à mesure qu’il conquiert une place de leader, tombe dans les affres que connaissent tous les héros shakespeariens : la parano, la solitude, la démesure… Wagner Moura prête au personnage qu’il incarne une ambiguïté qui fait trembler tout en dessinant un profil psychologique effrayant.

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Aux origines des cartels

Costa Gavras, Oliver Stone, Martin Scorcese : Narcos est à la hauteur de ces illustres références, pour analyser tous les ressorts qui ont composé cette mécanique diabolique. Sans tabou, le scénario remonte aux origines des cartels, quand le trafic de cocaïne migre d’Argentine en Colombie pour échapper aux frappes de Pinochet. Affrontements entre CIA et DEA, tentatives désespérées de négociations, la stratégie de noyautage des narco terroristes est très bien exposée, sans que l’intrigue en soit un instant ralentie.

C’est sur un rythme infernal et sans respiration aucune que Padilha mène son attelage, avec des images superbes, où les couleurs varient de l’éclat torride du soleil aux ombres suffocantes de la nuit. On ne peut souffler dans cette étuve tropicale, jungle ou favelas, partout le danger règne, il suffit d’une seconde d’inadvertance pour être enlevé ou précipité dans l’au-delà. « Plata o plomo », … les deux saisons se concluent sans qu’on ait pu décrocher une seule minute. Et quand déboule le dernier générique, on n’a plus en tête qu’une chose : revisionner le tout… puis enchaîner sur la suite de cette saga.

Et plus si affinités

Les deux premiers volets de la série Narcos sont disponibles en VoD.