Sans peur et sans reproche : « Je suis le chevalier Bayard et je t’emmerde ! »

C’est LA réplique à retenir du troisième film réalisé par Gérard Jugnot, après Pinot simple flic et Scout toujours. Et là, vous me direz : « Padmé, pourquoi tu nous chroniques Sans Peur et sans reproche, une comédie franchouillarde de 1988 ? » Pour différentes raisons que je m’en vais vous narrer.

Renaissance version BD

Enfermés que nous sommes, privés par COVID l’Effrayant de cinés et de sorties, nous nous sommes tous rabattus sur les plateformes de VoD, où nous revisionnons à qui mieux mieux et comme pour nous rassurer sur notre monde nos classiques du 7eme Art, Scorcese, Almodovar, Tarantino, Nolan, Verneuil, Bergman, Gavras … le choix est vaste, alors pourquoi pas Jugnot qui s’avère un réalisateur assez juste et inspiré dans son propos, en témoignent Fallait pas, Casque bleu ou Monsieur Batignolle ?

Pour en revenir à Sans Peur et sans reproche, le film évoque dans un style à la fois comique et BD l’émergence du célèbre chevalier Pierre Terrail de Bayard sur le devant de la scène militaire européenne. Nous voici donc aux premières lueurs d’une Renaissance pas si évoluée que ça, avec en toile de fond les guerres d’Italie, la rivalité France/Espagne pour le contrôle du royaume de Naples, les tournois, la torture, l’invention de la bombarde et les progrès de l’anatomie. Entre autres.

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« Je ne suis pas son ami ! »

Notre jeune et ardent chevalier va se couvrir de gloire pour conquérir sa belle duchesse de Savoie qu’il aime depuis l’enfance mais qu’il ne peut épouser de fait, n’étant ni noble ni hautement titré. Pas le choix, c’est donc par les armes qu’il va s’élever, avec dans son sillage le capitaine Bellabre, fidèle soldat du roi Charles VII et vieux routard des champs de batailles, où il a du reste laissé une main. Le binôme va d’abord patiner, entre pillages, viols, massacres et autres joyeusetés, avant de trouver son rythme de croisière.

C’est que Bellabre n’apprécie guère la concurrence de ce godelureau qui s’obstine à le trouver sympathique. « Je ne suis pas son ami ! » crie-t-il entre une saignée et une chute de cheval. Le tout avec force rebondissements, gags, répliques bien tournées, anachronismes … et un casting bien senti, Jugnot donc, Rémy Vincent, Ticky Holgado, Gérard Darmon, Victoria Abril, Anémone, Josiane Balasko, Patrick Timsit, Roland Giraud, Martin Lamotte, Romain Bouteille … bref du beau monde, la fine fleur des comiques du moment, le tout en costumes et armures, pour nous servir un scénario qui annonce par son atmosphère et son humour décalé Les Visiteurs et Kaamelott.

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Bref un excellent divertissement, un feel good moovie qui vous fera marrer du début à la fin. C’est la meilleure des thérapies par les temps qui courent, et cela vous donnera même envie de rouvrir vos livres d’Histoire, qui sait ?

Et plus si affinités

https://www.canalplus.com/cinema/sans-peur-et-sans-reproche/h/345420_50002