Rotterdam : une métropole culturelle est née ?

Thalys à rayures et marinière pavoisant la ville : Rotterdam affiche actuellement les couleurs de notre Jean-Paul Gautier national, dont 30 ans de carrières ont annexé le musée du Kunsthal. L’évènement nous a valu un petit voyage de presse bien sympa, et déjà deux chroniques portant sur l’exposition Gautier en elle-même et Martine Viergever, une créatrice hollandaise rencontrée pendant une soirée.

Eh oui, vous pensez bien que nous n’allions pas nous contenter de rester dans notre chambre d’hôtel (fort confortable et design au demeurant, le Inntels Hotels Rotterdam Centers a grandement misé sur ces aspects pour marquer le coup) trois jours durant à nous tourner les pouces alors que le port hollandais nous ouvrait les bras. Boulot, boulot ! Après nous être extasiés sur les transgressives extravagances de maître Gautier, nous sommes allés nous balader dans les rues rotterdamoises, histoire d’en découvrir les surprises culturelles. Et nous ne fûmes point déçus, foi d’ARTchemists.

Viser haut : une métropole jeune, cosmopolite et riche

Pas un hasard si la ville accueille cette expo à portée internationale. C’est qu’elle vise haut ! En partie détruite dans les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, la ville s’est reconstruite, architecturalement, économiquement, s’ouvrant au monde par la grâce de son patrimoine portuaire. Et c’est aujourd’hui une métropole jeune, cosmopolite et riche qui se situe sur le chemin du Thalys et d’Amsterdam, prête à accueillir voyageurs, artistes, entrepreneurs … bref bosseurs et créatifs de demain.

Ainsi les autorités locales appuient une politique de construction traduite pas moult échafaudages et chantiers dans une cité qui confond les paysages, modelée par de grands noms tels Rem Koolhaas, Adriaan Geuze, Francine Houben, Winy Maas, Richard Hutten et Joep van Lieshout, à tel point qu’elle a été nominée pour un Wallpaper Design award dans la catégorie « Best City ». Entre maisons de ville en brique, gratte-ciel et parcs, c’est une savante alchimie mêlant tradition et avant-garde, où les habitations jouxtent les lieux de vie, les commerces et boutiques, les restaus, les bureaux, les sites dédiés à la culture. C’est qu’en recentrant la population dans le cœur même de la cité, ses dirigeants en favorisent l’activité.

Rotterdam : une capitale culturelle ?

Activité oui, dinguerie non. A Rotterdam on prend le temps de vivre, alternant taff et loisirs, rentabilité et écocitoyenneté. Cafés, restaus (Blender et Las Palmas entre autres), galeries d’art, musées, les infrastructures sont bien là pour accueillir touristes et habitants qui ne rechignent pas à la détente en terrasse quand ils ne prennent pas d’assaut les expos proposées : j’ai eu un mal fou à entrer à la Art Fair qui était bondée, et n’ai même pas pu faire l’expo « Van Eyck » tant il y avait de monde. C’est vous dire si la fréquentation est élevée.

Rotterdam : capitale culturelle ? Qui l’eût crû en voyant cette forêt de grues, ces gigantesques immeubles ? Et pourtant. Outre le Kunsthal, on peut citer le Chabot Museum, le Boijmans, le NAI consacré à l’architecture, un musée maritime, un musée des cultures du monde, un autre dédié aux arts orientaux installé dans un des plus vieux bâtiments de la ville. Egalement le Nederlands Fotomuseum, qui évoque l’histoire de la photographie au travers d’un parcours interactif vraiment ingénieux  mixant étapes de développement et techniques de pointe. Et expos bien sûr, particulièrement Supersonic Youth, une rétrospective de jeunes photographes belges, David Widart, Julie Calbert, Background, ou le collectif Big girls don’t cry.

Donner vie à aux projets artistiques

Œuvres du passé, valeurs actuelles, talents émergents : Rotterdam donne vie à l’artistique, dixit des galeries comme Witte de With ou la Rotterdam Art Fair, qui accueille des dizaines de galeries d’art contemporain. Même topo avec designers et stylistes, nous citions Martine Viergever, mais nous avons également eu l’occasion de rencontrer Marlies Dekker, créatrice de lingerie qui incarne la femme moderne, déterminée, séduisante et libre : des vingt boutiques qu’elle a développées, la première fut installée dans un des quartiers hype de Rotterdam.

Une notoriété internationale dont on sent la résonnance dans les nombreux festivals orchestrés. Musique classique, actuelle, jazz, théâtre, jouxtent évènements rattachés à la culture maritime, films, fanfares militaires. Le planning est chargé et riche de révélations comme en témoigne l’agenda du site web de l’office de tourisme : http://fr.rotterdam.info/visiteurs/agenda-culturel/. Rotterdam unlimited va bientôt s’ajouter  la liste ainsi que le Word Food Festival, portant sur les innovations internationales au niveau gastronomique.

Tout un programme donc, ambitieux, porteur, jonglant sur l’ouverture au monde et la mise en avant des talents rotterdamois. Qui dépasse les clichés du vélo, des tulipes, des sabots et des coffe shops pour proposer autre chose. Une action culturelle cohérente et Une ville à découvrir pour une interface culturelle à explorer, soutenir … et rehausser ?

 

Merci à Rotterdam Marketing, Thalys, Kim et sn équipe et tous ceux qui nous ont si gentiment accueillis pendant ce séjour.

 

Et plus si affinités

http://fr.rotterdam.info/visiteurs/