L’Etrange cas Deborah Logan : diabolique Alzheimer …

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Tourné en 2014, L’Étrange cas Deborah Logan, le premier film d’Adam Robitel, conte une histoire de possession. Le sujet ne se démode pas, peinant du reste à se renouveler depuis le fracassant L’Exorciste. Notons ici deux différences majeures qui font l’originalité effrayante du propos : une volonté très nette de vraisemblance et le lien avec la maladie d’Alzheimer.

Maladie ou maléfice ?

Deborah Logan est atteinte de cette maladie ; elle a beau lutter, elle sait qu’elle va perdre ses facultés. Sa fille la soutient et l’accompagne dans leur vieille maison de famille isolée en pleine campagne. Pour subvenir à leurs besoins, elles acceptent d’être filmées au quotidien par un groupe d’étudiants, dans le cadre d’un projet de recherches universitaires. Or la présence de l’équipe de tournage, les prises de vue réalisées, vont vite mettre en lumière des comportements étranges qui tiennent autant de la maladie que du maléfice. Vieille, fatiguée, malade, Deborah est-elle en train de sombrer dans la folie ou la proie d’un esprit particulièrement destructeur ?

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Sobriété d’un scénario à suspens

Tourné comme un documentaire, L’Étrange cas Deborah Logan évoque le Projet Blair Witch autant que L’Exorciste. L’atmosphère pourrait être celle d’un épisode des X-Files, d’un conte horrifique de Poe. D’une très grande économie de moyens, le film joue sur un scenario à suspens, où l’intervention du Malin est juste suggérée, dans une obscurité de plus en plus opaque. On appréciera tout particulièrement la prestation de Jill Larson, qui prête à l’héroïne une personnalité contrastée, passant de la force de caractère d’une battante résolue à combattre le mal à la fragilité occasionnée par les troubles de mémoire aux signes dérangeants d’une forme d’ensorcellement.

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Une pertinente ambiguïté

La globalité du film est sobre, nous pénétrons le quotidien difficile de ces deux femmes pour y découvrir progressivement les marques d’un mystère qui nous dépasse. La tension est d’autant plus palpable que les effets spéciaux sont rares. Pas de gore ni d’effusions de sang, pas de spectres blafards apparaissant dans les miroirs ou arrachant les couvertures. C’est finalement la maladie elle-même qui alimente l’ambiguïté : est-elle un processus normal ou l’expression d’une présence surnaturelle ? Pendant des siècles, les hommes ont considéré les pathologies comme des marques venues d’autres dimensions, protection divine, malédictions démoniaques, punitions des forces supérieures. L’Étrange cas Deborah Logan réveille cette incertitude avec soin et pertinence.