Trouvaille Beautiful Skin : gros plan sur le performeur et danseur Jayson Batut

Photographies de l'artiste, acteur et performeur Jayson Batut par Simon Loiseau
Photographies par Simon Loiseau

Tandis que la première Beautiful Skin – Clubbing Naturiste de 2023 se prépare avec son lot de DJ sets, de joie et d’amour, zoomons sur Jayson Batut. L’artiste belge sera de la partie, performant un numéro dont j’ai cru comprendre qu’il mêlera avec beaucoup d’humour et de décontraction yoga et flatulence. Si je n’en sais pas plus sur ce happening qui promet son lot de fantaisie, j’ai néanmoins pu converser avec Jayson pour en savoir plus sur son approche et son travail. Avec à la clé quelques questions de fond particulièrement pertinentes.

Liberté et prise de risque

Issu du théâtre et de la danse, formé au TNB puis au C.N.D.C d’Angers, Jayson Batut a participé à des productions chorégraphiques type Cascade de Meg Stuart ou 10 000 gestes de Boris Charmatz. Il a travaillé entre autres avec Stanislas Nordey, a joué dans le remake de Suspiria de Lucas Guadagnino. Le monde de la nuit, du cabaret ? Il y a touché, il y a longtemps, dans une autre vie, en intégrant le collectif Nuits Bas-Nylon par exemple. « J’aime énormément le monde de la nuit » confesse-t-il, « parce qu’il offre plus de liberté au niveau créatif, une prise de risque également quand il s’agit de façonner un numéro en duo ou en solo ».

C’est dans tous les cas l’opportunité d’« expérimenter des choses dans différents environnements », hors du cadre d’une compagnie, d’une chorégraphie dédiée à la scène. Car lorsqu’on performe en club ou en soirée, la proximité avec le public est accrue, l’interaction plus vivante : « il y a plus d’échange, de communication ». Comment Jayson s’est retrouvé embarqué dans l’aventure Beautiful Skin ? « Je dansais à Beaubourg, Jeremie m’a tout de suite proposé de performer. Il m’a invité, c’était en octobre ou novembre, c’était ma première participation à un événement naturiste et j’ai beaucoup aimé ».

Moment de grâce et nouveau potentiel

De son aveu même, Jayson a vécu ce moment comme une libération, une expérience à part dans un contexte nouveau, il s’est alors senti très à l’aise avec un corps en pleine transition, dont il a alors découvert un nouveau potentiel. « Mon corps, c’est mon outil de travail » souligne-t-il. Or cette première performance où il a exposé la nudité de son corps d’homme a constitué le point de départ d’un questionnement sur son travail, son art, son approche de la scène. Comment créer un effet comique avec un corps qu’on trouvait jadis ridicule, mais dans lequel on se sent progressivement mieux, dont on perçoit petit à petit le potentiel de séduction, qui se révèle plus séduisant et sexy après transformation ?

Toute l’approche créative est à repenser, et c’est une prise de conscience qui se dévoile petit à petit, un enjeu également, surtout quand on est seul en scène, qu’il n’y a personne pour donner la réplique, interagir. Ainsi, comment adapter ses anciens costumes ? « J’avais créé un numéro comique où je portais un maillot de bain et je multipliais les effets de gag avec mes seins. J’ai remis ce maillot de bain il y a peu, et ce n’est plus du tout le même effet avec une poitrine d’homme. » Tous les ressorts comiques sont à recalculer « et c’est une prise de tête ; comment créer du rire avec ce nouveau corps sans jouer sur le ridicule ou la dérision ? »

Un questionnement qui, de facto, ajoute à la dimension festive des soirées Beautiful Skin un statut de laboratoire culturel où les artistes comme Jayson Batut ont l’opportunité de faire évoluer leur art en direct live, dans ce cadre spécifique de respect, de tolérance et d’échange. Ou quand le clubbing devient le refuge de la recherche artistique dans un monde où cette dernière est souffrance ?

Merci à Jayson Batut pour son temps et ses réponses.

Et plus si affinités

Pour en savoir plus sur l’univers Beautiful Skin et les artistes qui s’y produisent, consultez le groupe Facebook et le compte Instagram des soirées.

Posted by Delphine Neimon

Fondatrice, directrice, rédactrice en chef et rédactrice sur le webmagazine The ARTchemists, Delphine Neimon est par ailleurs rédactrice professionnelle, consultante et formatrice en communication. Son dada : créer des blogs professionnels. Sur The ARTchemists, outre l'administratif et la gestion du quotidien, elle s'occupe de politique, de société, de théâtre.

Website: https://www.theartchemists.com