Football américain : l’équipe du podcat The Trick Play revient sur sa passion !

The trick Play
Gros plan sur le podcast The trick Play consacré au football américain

Je ne vous apprends rien, le podcast est à la mode en ce moment. On en dénombre actuellement plus de 1,5 millions, soit plus de 34 millions d’épisodes comptabilisés en octobre 2020 selon Podcast insights. C’est même devenu un rendez-vous hebdomadaire pour 9% des Français d’après Harris Media. On en fait sur tous les sujets : les animaux, l’art, la politique, le sport … et plus particulièrement le football américain. Ainsi le podcast The Trick Play qui relate toute l’actualité du football américain, entre National Football league et matches universitaires. Le tout est décortiqué avec précision par une bande de potes, Guillaume, Elio, Valentin, Robin, Augustin et Baptiste, qui nous donnent ainsi rendez-vous une à deux fois par semaine sur de nombreuses plateformes (Spotify, Youtube, Soundcloud, Apple podcast et Deezer) pour partager leur passion. Je les ai rencontrés pour en savoir plus.

Le podcast The Trick Play, ça parle de quoi ?

Robin : Le but du podcast est d’analyser les matchs et de promouvoir ce sport universitaire en France et auprès du plus grand nombre de personnes possible. On fait ça en décortiquant les matchs, en faisant des pronostics et beaucoup d’autres choses un peu plus fun ! L’objectif est vraiment de partager notre passion tout en gardant cet esprit “pote”, on n’est pas des pros, même si on s’y connaît très bien.

Le titre du podcast n’a pas été choisi par hasard, pouvez-vous expliquer à quoi il fait référence ?

Guillaume : “Trick play” est un terme typique du football américain, cela désigne une action un peu fun et décalée qui se passe pendant un match. Donc ça représente bien le ton que le podcast souhaite véhiculer : fun et décalé.

Robin : On a également pensé que pour toucher la plus grande audience possible, il ne fallait pas juste un terme propre au football américain universitaire, mais aussi au football américain en général.

Donc vous êtes six garçons passionnés de football américain. Vous suivez de près ce sport, certains d’entre vous le pratiquent et sont même coachs. Comment le projet est-il né ? Il faut quand même préciser que vous ne vous êtes jamais vus pour la plupart d’entre vous, vous vous fréquentez de manière virtuelle.

Elio : Chaque membre du groupe possède un compte fan Twitter de l’équipe de football américain universitaire qu’il supporte. Grâce à ces comptes, on a formé une petite communauté. On voyait déjà quelques podcasts sur ce sujet naître, et Valentin a soumis l’idée sur Twitter de créer un podcast sur le football américain universitaire. On a été plusieurs à répondre positivement, on a donc proposé de l’accompagner dans cette aventure et de là, ça s’est mis en route. On a fait un premier appel pour donner nos objectifs, de quoi on aimerait parler et un plan. Un jour, on s’est lancé et voilà ; maintenant on a tissé des liens et il y a une bonne alchimie dans notre groupe.

Est-ce que le fait d’avoir une passion commune suffit pour bien travailler ensemble ? Quelles sont vos forces ?

Robin : Notre plus grande force c’est Augustin, c’est lui qui tire le podcast vers le haut, on ne va pas se mentir. Il fait tous les plans, il rappelle toujours à tout le monde l’heure des séances d’enregistrement : un vrai pilier dans ce groupe. Mais sinon, une autre de nos forces, c’est que notre groupe est composé de personnes qui s’y connaissent vraiment bien en football américain, sans se définir comme experts bien évidemment. Je pense que c’est déjà un gros facteur clé de succès. Et le fait surtout que chacun soit investi.

Guillaume : Au-delà de la passion, le fait qu’on s’entende bien facilite beaucoup le travail. À mon avis, peu importe le sujet dont on aurait décidé de parler dans ce podcast, ça aurait fonctionné parce que nos différentes personnalités collent bien entre elles. Chacun a ses points forts et ses points faibles, et au final c’est bien équilibré comme histoire, tout ça. En plus de ça, on a les mêmes délires et des âges plutôt proches (de 19 ans à 31 ans).

Chacun a un rôle bien défini ? J’ai pu entendre que les introductions sont toujours faites par Elio, es-tu le leader de la bande ?

Elio : En fait ce qui s’est passé, c’est que lors des premiers appels, j’ai directement essayé de lier et d’intégrer tout le monde, donc le reste de la bande a tout de suite compris que je n’avais pas de mal à m’exprimer et prendre la parole dans le podcast. On m’a donc rapidement mis dans un rôle de présentateur.

Robin : Sinon moi je gère le temps de parole de chacun pour un podcast plus harmonieux et je m’occupe aussi du montage avec Augustin. Augustin s’occupe en grande partie des réseaux sociaux.

Elio : On peut ajouter qu’en dehors des rôles techniques, on a chacun un rôle selon notre caractère. Les auditeurs peuvent s’identifier à l’un de nous. Par exemple, Guillaume, c’est le garçon drôle qui peut péter un câble à n’importe quel moment. Robin, c’est le garçon posé. Baptiste, c’est l’intello du groupe ; c’est clairement notre encyclopédie. Augustin, c’est le garçon ambitieux et motivé. Valentin est assez borderline, il peut parler correctement et en une fraction de seconde devenir son opposé, on passe du tout au tout avec lui ! Donc on a tous un rôle, c’est un travail collaboratif.

Quelles sont les étapes pour réaliser un épisode ? Et cela vous prend combien de temps ?

Robin : La première étape se passe de 18h à 6h du matin et consiste à regarder les matchs universitaires, donc ça c’est la première étape de recherche.

Guillaume : C’est un boulot sympa de regarder les matchs, on ne va pas se mentir !

Robin : Le lendemain, on cherche un peu des statistiques et des informations. Ensuite on se trouve une date pour enregistrer, on s’appelle pendant 30min pour faire le plan et après on enregistre pendant 1h40 en général pour ne garder qu’1h15 d’enregistrement. Après il reste le montage qui peut prendre entre 1h30 et 2h. Donc pour un épisode, le travail est assez long.

Six personnes, ça veut aussi dire six emplois du temps différents. Sachant que vous sortez un podcast de plus d’une heure par semaine, comment faites-vous pour vous organiser et trouver un moment pour enregistrer ?

Robin : Stratégiquement parlant, on est obligé d’enregistrer le lundi parce qu’on a des concurrents qui sortent leur podcast le lundi ou mardi, donc on ne peut pas se permettre d’avoir trop de retard. On essaye aussi de ne pas publier à la même heure qu’eux pour éviter aux auditeurs de devoir faire un choix.

Elio : Qu’on ait tout le monde ou non, on enregistre quand même le lundi parce qu’on a trop d’emplois du temps différents à gérer. Mais en dehors de la saison des matchs, on est plus souple et on s’arrange pour que tout le monde soit là, comme on peut enregistrer quand on veut dans la semaine. Par contre, on essaye au maximum de garder ce rythme d’un épisode par semaine. On va dire que l’avantage du couvre-feu, c’est que maintenant on peut enregistrer plus facilement en étant sur d’avoir tout le monde…

Pourquoi utiliser le support du podcast ?

Guillaume : En étant à distance, le podcast était plus facile. C’est ce qui nous prend le moins de temps. C’est le moyen de diffusion qui nous permet de publier une fois par semaine. Avec nos emplois du temps, on n’arriverait pas à filmer des vidéos par exemple. Là, chacun peut être où il veut pour enregistrer. Et Twitter et Facebook sont des outils qu’on utilise pour faire la publicité de notre podcast.

J’ai mentionné au début de l’article toutes les plateformes où vous êtes présents. Vous pensez que c’est judicieux d’être sur autant de plateformes? Quelle est votre stratégie ?

Robin : Au départ, on était seulement sur Soundcloud et très rapidement on a utilisé Spotify et Deezer. En fait, on a eu des demandes de la part des auditeurs qui souhaitent nous trouver sur d’autres plateformes. Donc chaque plateforme aujourd’hui sur laquelle on est présent fait suite à une demande. C’est l’une de nos stratégies d’ailleurs d’être le plus disponible et arrangeant pour nos auditeurs afin de créer ce lien de proximité. Le but, c’est d’être là où l’auditeur est !

The Trick Play vient de fêter son premier anniversaire ; si on fait le point, ça donne quoi ?

Robin : On a réalisé 46 épisodes ! Au niveau des vues, on est en moyenne à 150/200 vues par épisode, ce n’est pas mal pour un podcast qui parle d’un sport très peu connu en France. On a remarqué que les épisodes qui fonctionnent le mieux sont ceux qui font le pont entre le football américain professionnel et universitaire. Sachant que le football américain professionnel en France représente une plus grande communauté que l’universitaire, on augmente forcément notre audience potentielle quand on fait le pont entre les deux.

Guillaume : On a aussi pu faire un partenariat avec Actu Football Américain qui est l’une des plus grosses pages de football américain française sur Instagram (12 000 abonnés) et Facebook (26 000 abonnés). C’est un partenariat non rémunéré pour lequel nous écrivons des résumés de match tous les dimanches pour ses comptes en échange de publicité de sa part. Ce partenariat a bien augmenté notre visibilité et nous a aidés à nous développer.

Elio : Durant cette année, on a interviewé un Français qui joue au football américain aux États-Unis pour en apprendre plus sur son parcours et son avenir. C’était un épisode vraiment chouette à réaliser. On a aussi invité des personnes qui tiennent des comptes Twitter fans d’équipe universitaire pour qu’ils puissent parler de leur équipe favorite. Ça nous a permis d’avoir un autre point de vue parce qu’on est parti du principe qu’on n’était pas les seuls en France à s’y connaître et à avoir des choses à dire. Ça a été très compliqué de gérer le podcast avec le Covid. Il y a eu des grosses périodes de vide au niveau des infos dans le milieu du sport donc il a fallu combler ça et garder une audience. On a dû redoubler d’efforts et de créativité, en plus pendant le confinement les gens étaient très disponibles pour nous écouter.

Vous pensez un jour pouvoir gagner de l’argent avec le podcast ?

Elio : Non, au mieux on pourra obtenir des accréditations pour aller voir des matchs aux États-Unis et ce n’est pas un but inatteignable. Mais de toute manière, c’est loin d’être l’objectif, le but, c’est juste de partager notre passion.

Robin : De toute façon, on ne fait pas assez de vues et le potentiel d’auditeurs intéressés par le football américain est trop faible en France pour atteindre ce niveau de vues et être rémunérateur. Si jamais on faisait le podcast en anglais, ça serait envisageable mais l’objectif est de promouvoir ce sport en France en français.

Guillaume : Si on avait voulu gagner de l’argent, on aurait de base fait un podcast sur le basket ou le soccer (football) qui sont bien plus connus en France. Il faut être conscient qu’on a fait le choix de parler d’un sport de niche et prendre une catégorie de niche de ce sport de niche. Donc clairement, on s’est tiré une balle dans chaque pied mais comme c’est notre passion, on continue de marcher et au final on fait ce qu’on aime ! Mais après, si le football américain explose en France et qu’on se retrouve avec des matchs universitaires en prime time sur TF1, oui là on va pouvoir gagner de l’argent, mais ça ne risque pas d’arriver …

Elio : C’est quand même intéressant de voir qu’en France, il y a toute une nouvelle génération qui s’intéresse à ce sport, et il y a aussi de plus en plus de joueurs français qui partent jouer aux États-Unis en université. On avait rarement vu cela avant, donc cela veut bien dire que ça progresse.

Guillaume : Pour conclure, on aura une très grosse écoute aussi le jour où l’équivalent de Tony Parker au basket arrivera au football américain, c’est comme ça que la NBA s’est développée en France.

Bon, moi j’adore les anecdotes, vous en avez quelques unes à me raconter ?

Elio : Sur Twitter on a été retweeté par des joueurs de football américain professionnels, ça fait plaisir quand des joueurs dont on parle dans les épisodes aiment notre travail.

Robin : On a également été bloqué par un podcast concurrent qui a une plus grande communauté que nous mais qui n’a pas trop apprécié de voir des nouveaux venus sur le marché.

Guillaume : Sinon un point super important, c’est que de base on voulait juste parler de notre passion, et là on se retrouve pour certains à se rencontrer pour de vrai, à participer à nos anniversaires, pour ceux sur Paris, à aller voir des matchs ensemble dans des bars.

En fait je trouve ça incroyable qu’en partant d’une passion commune, on ait réussi à se faire de vrais amis avec qui on peut parler de tout et n’importe quoi, et notamment de nos vies personnelles. On est tous hyper fiers de faire partie de ça et de faire la promotion en France d’un sport qu’on adore !

Merci à la team de The Trick Play pour son temps et ses réponses !

Chloé SPRINSKI

Et plus si affinités

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