Trance : Danny Boyle signe un film hypnotique !

Bon on va taper direct dans le dur : Trance est dingue, superbe et prenant. Non, je ne raconte pas de bobard, c’est du vécu. Explication : étant arrivée à la bourre de 5 minutes à la projection presse pour cause de grève RER sauvage, je m’installe dans une salle obscure où le film a déjà déroulé son générique et ses trois premières minutes. Du coup, pas le temps de potasser le dossier de presse et de prendre connaissance du synopsis.

Intrigue diabolique et contrôle des consciences

C’est donc pure comme l’agneau qui vient de naître que je me fais happer par cette tornade incroyable, qui débute par un casse retentissant, rondement mené où, ironie du sort, est dérobé le tableau de Goya Vol de sorcières, que j’avais eu la joie de contempler auparavant à l’inauguration presse de l’expo L’Ange du bizarre. Il n’y a pas de hasard. En effet, ce sulfureux tableau dicte toute la logique du film de Danny Boyle, qui retrouve ici son compagnon en écriture John Hodge pour scénariser une intrigue diabolique aux rouages pervers interrogeant de façon spectaculaire la notion de contrôle des consciences.

Au cœur du processus, l’hypnose et sa « trance », à laquelle des malfrats ont recours pour retrouver les souvenirs de leur complice, commissaire-priseur endetté et amnésique, incapable de se rappeler de l’endroit où il a planqué le tableau, avant de subir le traumatisme crânien qui l’a envoyé dans les limbes. Et pour déterrer la mémoire de Simon que même la torture n’a pu exhumer, Franck, à la tête du gang, décide d’utiliser les services d’Elizabeth, véritable spécialiste en la matière. Moderne sorcière ? À partir de là, je ne vous dis plus rien hormis que ça ne va pas du tout se passer comme on l’attend et que bien sûr la vérité va vous sauter à la gorge comme un loup enragé. L’équipe voulait explorer les comportements extrêmes ?

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Petits meurtres entre amants

Croyez-moi, pour le coup, c’est réussi, et vous allez vivre ici un parcours éprouvant, dont vous allez goûter chaque étape avec les tripes nouées. Car, si le trio Rosario Dawson/Vincent Cassel/James McAvoy contribue très très très largement à tenir cette course poursuite synaptique haletante avec un brio rare, le réalisateur et son directeur de la photographie, Anthony Dod Mantle, ajoutent à une ambiance étouffante la richesse de plans colorés où les nuances froides voisinent la brûlure des rouges et des jaunes flamboyants comme autant d’oxymores visuels, démultipliés par la valse des miroirs et des vitres qui jouent la carte du reflet des âmes.

Le tout est enlevé, malsain, tortueux, frénétique, inquiétant, et débouche sur une des pires vengeances qu’il m’a été donné d’apprécier (et Dieu sait si la littérature et le théâtre sont truffés de ce genre de récit peu amène sur la nature humaine). Pour finir, big up à Danny Boyle et sa team pour Trance, ce petit bijou qui affirme une fois de plus le talent britannique en matière cinématographique. À voir au plus vite ce « petits meurtres entre amants », et surtout soyez attentifs dès les premières secondes, chaque élément ayant sa signification. Bon jeu de piste au cœur du cortex !!!!

Et plus si affinités

Vous pouvez visionner le film Trance en VoD ou en DVD.