Exposition : Judith Scott (1943-2005) – Objets secrets – Collège des Bernardins – Paris

Il y a peu, l’exposition consacrée à Carlo Zinelli nous avait amené à poser la question de l’art brut. Avec le cas Judith Scott, le problème est de nouveau sur le tapis.




Au coeur du débat « Questions d’artistes » organisé par le Collège des Bernardins pour la deuxième saison consécutive, l’énigme que constitue l’oeuvre de l’artiste américaine Judith Scott, une représentante remarquable de l’Art Brut pour la première fois exposée à Paris.

Une douzaine d’oeuvres, des sculptures qui entremêlent les fils de l’existence en une trame d’autant plus complexe qu’elle est tissée par une artiste trisomique. Une vocation apparue sur le tard. A 44 ans, après plusieurs années de placement dans diverses institutions spécialisées où elle ne trouve pas sa place, Judith entre au Creative Growth Art Center à Oakland, centre d’art consacré à l’art brut qui aide les personnes handicapées en les invitant à développer leur expression artistique.

Elle se met à sculpter des cocons multicolores qui interpelleront vite artistes, collectionneurs et scientifiques (dixit les conférences et débats qui englobent cette exposition). Des « objets magiques, secrets, puissants », une « pratique de la sculpture désinvolte à l’égard du tissage et des formes traditionnelles », … et son seul moyen d’expression puisqu’elle est sourde et muette.

Mais ce facteur physique peut-il expliquer à lui seul la fascination qu’exercent ces cosses textiles que la sculpteuse tient contre elle comme un fœtus ? Une œuvre d’une force incroyable, animale, spontanée, et qui gagne une dimension presque mystique, suspendue qu’elle est  dans la froide lumière et le volume tout en hauteur du Collège des Bernardins. A voir, à vivre, à respirer … ? Certes mais convient-il de l’expliquer ? Est-ce seulement possible ?

 

Et plus si affinités

http://www.collegedesbernardins.fr/index.php/art/questions-dartistes/judith-scott.html

http://www.youtube.com/watch?v=DA4I6Q0x60s