Danse Macabre au Moulin Rouge : quand Lautrec mène l’enquête …

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C’est un fait acquis et prisé des éditeurs, le polar historique a du succès. Nous promenant de la Rome antique au Paris du XVIIIème siècle en passant par l’Angleterre élisabéthaine, les grandes plumes du suspens ont su mettre le genre en abîme en mêlant intrigues sanglantes, exotisme temporel et études de mœurs, en témoigne le livre Danse macabre au moulin Rouge.

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Pigalle populaire et tueur en série

En effet avec cette enquête, Renée Bonneau pour sa part choisit comme espace d’expression la Pigalle populaire de la Belle Epoque. Et il y a de qui dire en la matière, et du juteux. Cancan, chansonniers et maisons de passe, la romancière nous entraîne dans ce Paris lumineux auquel l’exposition du Petit Palais rendait hommage il y a quelques années, de même les Fêtes de Montmartre et le musée attenant ou le film de Renoir.

Une ville spectacle illuminée de mille feux et d’autant de vices : Danse macabre au moulin Rouge mérite son titre, qui débute … sur la découverte d’une danseuse crucifiée sur une des ailes du célèbre dancing. Éventrée. Nous sommes en 1895, et les enquêteurs redoutent un quelconque Jack l’Eventreur hexagonal, peut-être même celui d’origine qui aurait très bien venir en France faire un peu de tourisme meurtrier après tout ?

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Les moeurs d’une fin de siècle

Il ne manquerait plus que ça, que le premier tueur en série moderne vienne se faire la lame sur les jolies sauterelles du très célèbre cabaret ! Du coup les inspecteurs de la criminelle, aidés de Toulouse Lautrec en personne secondé de son jeune assistant se lancent sur la trace de cet redoutable assassin, nous faisant au passage découvrir ce quartier de l’intérieur, entre ateliers d’artistes, rades mal famés, et ruelles tortueuses du maquis.

L’intrigue va aller rebondissant, pour dériver vers le sordide. Mais ce n’est pas ici le plus important. Tout en fait réside dans la bibliographie inscrite dans les dernières pages du roman. Pointilleuse, l’auteure s’est appuyée sur les dessins et les tableaux du peintre tout comme sur un ensemble d’études et d’essais où elle a puisé ses références et son inspiration. Aussi cette danse macabre reflète fidèlement la réalité des mœurs de cette fin de siècle.

 

Et plus si affinités

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