A l’avant garde : Mariel Clayton, the Barbie slayer !!!

dioramas de mariel clayton
©Mariel Clayton

Ah Mariel Clayton !!! j’ai presque honte de lui consacrer un article dans la rubrique « Avant-garde ». La dame n’a rien d’une débutante, voici belle lurette que ses dioramas et ses clichés font le bonheur de Hey !, sont exposés dans les galeries les plus reconnues de la planète, inspirent les vocations féministes … bref Mariel Clayton est devenue une référence. Raison de plus pour en parler.

Barbie, une bombe à retardement ?

Au centre de son univers horrifico-cynique, la célèbre Barbie, icône de la féminité moderne que Clayton prend un malin plaisir à placer dans des situations borderline, entre torture, meurtre, baise, défonce, suicide … Bref Barbie version Clayton tient plus de Harley Quinn que de la comtesse de Ségur. Ce qui n’est pas forcément incompatible, du reste : combien de paraphilies ont émergé de la lecture concentrée des Malheurs de Sophie ?

Cela mériterait questionnement ; quoi qu’il en soit, Mariel Clayton place ses Barbies sous la haute protection de Sade, Masoch, Dorcel et Escobar … mitrailleuse dans une main, scie à découper dans l’autre, ceinture gode bien accrochée au bassin, un sourire éclatant sur son visage froid et le corps de Ken ou ce qu’il en reste pendu dans le placard … lâchage complet donc pour ce jouet de petite fille devenu bombe à retardement …

La Barbie, une louve pour l’homme ?

On appréciera la foultitude de détails cocasses qui émaillent ces scènes atroces où le regard se perd : un rébus qui conchie la société de consommation, renverse les codes, propulse l’émancipation de la femme par delà les limites de la bienséance pour aller se vautrer dans le sperme, le sang, les tripes tout en faisant des pancakes avec les poils pubiens et les matières fécales de ses partenaires, dont les membres reposent dans le freezer …

Bref la Barbie est une louve pour l’homme et exacerbe les fantasmes de domination du vagina dentata. C’est à hurler de rire, et particulièrement libérateur pour peu qu’on ait encore un peu le sens de l’ironie et de la perversion des valeurs patriarcales. Clayton illustre ici avec beaucoup d’à-propos et plus aucun arrêt la maxime désormais incontournable inspirée par le titre du roman de Elie Grimes : « les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent ». Dont acte.

Et plus si affinités

https://www.marielclayton.com/