Un Dimanche à la galerie 2020 : la 6eme édition aura lieu !

C’est tellement rare par les temps qui courent que ça vaut le coup de le souligner et de s’y intéresser. Rappelons en effet que les annulations pleuvent de toute part et dans tous les domaines , que concerts, festivals, musées et autres acteurs culturels n’en finissent plus de réduire leurs jauges, revoir leur offre, réinventer leur fonctionnement, quand ils ne jettent pas carrément l’éponge en mettant la clé sous la porte. Aussi le maintien de la 6eme édition de Un Dimanche à la galerie 2020 sonne comme une petite victoire face à l’adversité.

Démythifier la galerie d’art

Organisé par le Comité Professionnel des Galeries d’art, l’événement, prévu ce 13 septembre, rassemble 166 établissements, répartis dans 20 villes sur 10 régions. Une manifestation à l’échelle nationale, qui vise à ouvrir les portes des galeries aux curieux, promeneurs dominicaux désireux de découvrir un univers confidentiel et à tort perçu comme réservé à une élite intellectuelle et fortunée. Une image pour le moins erronée que Marion Papillon, présidente du comité, veut modifier, tout comme ses prédécesseurs.

Objectif : démythifier la galerie d’art, la positionner comme un lieu de culture ouvert à tous, où l’on prend le temps d’observer, de découvrir, où l’on est accueilli, où l’on rencontre des artistes et leurs œuvres. Passionnés, les galeristes jouent un rôle moteur dans le monde de l’art, et qui n’est pas que marchand. Ils repèrent des talents, les mettent en avant, en font la promotion. De même, ils sont en lien avec des acheteurs qui sont très investis dans ce qu’ils considèrent comme une mission autant qu’un plaisir.

Séduire de nouveaux publics 

Bref les galeries d’art comptent dans ce paysage, elles ont même une fonction essentielle … et veulent le faire savoir. Certes le marché a été impacté par la pandémie, avec l’annulation en chaîne des grandes foires, vitrines internationales et hauts lieux de négociations.Si certaines enseignes ont vu leur chiffre d’affaire chuter, d’autres ont pu maintenir le cap, notamment en province. Il est encore trop tôt pour avoir des données fiables, mais les galéristes dans leur ensemble se mobilisent, pour preuve leur implication dans cette 6eme édition.

Un mouvement commun visant à séduire de nouveaux publics … avec des atouts face au COVID :

    • De taille humaine, les galeries reçoivent beaucoup moins de public qu’un musée, les mesures de sécurité et les gestes barrière y sont applicables plus facilement, sans que jamais soit annulée la qualité du contact humain.
    • L’œuvre y est proche, observable à loisir et dans la quiétude.
    • Le galériste va non seulement accueillir mais expliquer, détailler, orienter.

Acheter de l’art, c’est possible

Bref tout est fait pour révéler de nouveaux profils de collectionneurs. Le mot d’ordre : « acheter de l’art, c’est possible ». Il convient de mettre les œuvres à la portée de toutes les bourses. Avec des catalogues proposant des tarifs variés, des facilités de paiement, par traite notamment. Le Comité Professionnel des Galeries d’art s’investit d’ailleurs auprès des institutions pour aller dans ce sens, multiplier les leviers afin d’encourager l’accès à l’achat. C’est d’autant plus important que le secteur ne bénéficie que peu d’aides publiques, absorbées en grande partie par le spectacle vivant et le cinéma.

La digitalisation ? Elle se pratique déjà mais suppose un coût important, sans jamais permettre le contact direct avec une création qu’il faut pouvoir observer dans sa réalité, son volume initial, ses couleurs, ses reliefs … La délocalisation en province profonde ? Une gageure à l’heure où l’écosystème, déjà instable, est fragilisé par les confinements à l’international, l’absence des clients étrangers. Reste l’action groupée, selon l’adage indémodable : « L’union fait la force ». Avec 280 adhérents, le Comité Professionnel des Galeries d’art fédère de plus en plus de professionnels, convaincus par le collectif.

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En témoigne cette nouvelle édition … qui pourrait à l’avenir s’ouvrir sur plus de territoires et prendre une dimension européenne ? Pourquoi pas ? Dans cet univers au ralenti, c’est en tout cas l’occasion pour les galeries de réinvestir sur leur identité première : des lieux dédiés à l’art, et qui doivent s’ouvrir à tous.

Merci à Marion Papillon pour son temps et ses explications.

Et plus si affinités

http://www.comitedesgaleriesdart.com/actualites/save-date-un-dimanche-la-galerie-2020