TNP : Desproges n’a qu’une certitude, celle d’être dans le doute

« Mon président, mon chien, monsieur l’avocat e pus bas d’inter, mesdames et messieurs les jurés, public, chéri mon amour ». J’aime cette apostrophe au début des textes de Desproges. Tout le monde aime Desproges et ce soir il s’invite au TNP, ses textes revivent à travers Christian Gonon pour La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute.

Un an jour pour jour après Chronique d’une haine ordinaire aux Célestins, on ne rate plus une seule pièce sur ce grand homme qui faisait, fait et fera rire les Français. Un homme de radio, un homme de lettre, un homme de scène, un grand monsieur, Monsieur Desproges. Spectacle à succès qui après avoir enchanté la capitale arrive à Lyon. On ne peut pas maîtriser si parfaitement le verbe et les jeux de mots de notre langue. Entre rire, cynisme et absurde, l’univers de l’auteur revit à sa juste valeur.

Acteur sociétaire de la Comédie Française, Christian Gonon, seul sur scène sous la direction de Alain Lenglet et Marc Fayet nous fait rire et sourire pendant une heure et demi. Une réactualisation prenant la valeur d’un hommage. Celui-ci s’étant déjà illustré dans Le Misanthrope, Ubu roi, Cyrano, Un tramway nommé désir et tans d’autres encore, nous surprend une fois de plus. On se plait à les imaginer tous les deux sur scène (Christian et Pierre) comme deux vieux amis s’amusant avec les mots.

Chronique d’une haine ordinaire et Vivons heureux en attendant la mort sont deux œuvres moins connues de Desproges. Se pose alors la question si délicate « Peut-on rire de tout ? ». La réponse reste en suspend mais une chose est sûre, en assistant au spectacle, si on ne peut peut-être pas rire de tout, on peut certainement rire avec tout le monde. Le public est diversifié, on arrive même à sourire du cancer, de sujets graves, des plus grands et de soi même. Loin d’une comédie classique où tout le monde s’esclaffe au même moment, celui de la farce, ici chacun réagit mais ce n’est ni au même moment ni pour la même chose que son voisin.

Le TNP fait partie de ces lieux culturels lyonnais où les pièces sont de qualités, choisies avec attention et mises en scène avec originalité. Fondé en 1920 à Paris, le Théâtre National Populaire vit Jean Vilar nommé à sa direction. Aujourd’hui dirigé par Christian Schiaretti, avec pareille programmation à l’affiche, une chose est sûre, on ne peut être déçu …

Et plus si affinités

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