Sound Central Festival / 2eme édition : making off !

English below.

Vous présenter la deuxième édition du SCF est une chose, en comprendre les enjeux, les rouages et les clivages en est un autre, tout aussi importante, sinon plus.

Travis Beard, orga du festival, nous en dit un peu plus sur les dessous de cette nouvelle session. Interview.

Sound Central Festival 2 vient de se terminer.
Quoi de neuf à propos de cette deuxième édition ?

Le nouvel élément de ce festival, c’est que nous sommes passé d’un festival de musique alternative à un festival d’arts alternatifs, ce qui signifie que nous ne présentons plus seulement de la musique, mais aussi de nombreux autres arts visuels et audio pour la jeunesse afghane.

Qu’est-ce qui a changé par rapport à la première édition ?
L’année dernière, l’ événement durait 1 jour, cette année, il a couvert 3 journées.
L’année dernière, nous avions eu 8 groupes musicaux, cette année, ils étaient 14
L’année dernière, nous avons seulement présenté de la musique, cette année nous avons ajouté des films, de la photographie, du théâtre, de la danse, des graffiti, de la peinture, et des bijoux
L’année dernière, nous avons eu un peu plus de 500 personnes, cette année nous en avons eu plus de 1600
L’année dernière c’était un événement extérieur, cette année, il a eu lieu en intérieur

Comment avez-vous travaillé pour organiser cette nouvelle édition?
Notre équipe faisait partie de l’équipe de ces dernières années, ainsi que quelques nouveaux membres. Elle était composée de 80% de bénévoles, avec beaucoup de ces gens qui ont voyagé dans le pays à leurs propres frais, si bien qu’ils étaient très impliqués dans leur travail. Notre objectif était d’élargir le programme, la présence et les caractéristiques démographiques des participants. Par exemple cette année, nous avons initié une journée consacrée aux femmes et ce fut un grand succès, où les femmes pouvaient venir et être à l’aise, tout en regardant d’autres femmes s’exprimer artistiquement.

Qu’avez-vous appris de la première édition ?
Nous avons beaucoup appris, nous avons appris à dépenser moins d’argent et le faire aller plus loin, cette année, nous avions un budget réduit d’ 1/4 par rapport à celui de l’année précédente et nous avons pu aller beaucoup plus loin.
Nous avons appris que nous devions beaucoup plus anticiper, notamment au nvieau des désistements de groupes dûs au climat dans lequel nous travaillons. Donc nous avons contacté plus de groupes que prévu, car nous savions que certains annuleraient.
Nous avons également élargi notre rayonnement auprès des bailleurs de fonds, de sorte que nous ne dépendions pas d’un seul sponsor comme l’année dernière. Cette année, nous avons eu 4 ambassades pour nous soutenir. 1/2 du budget venait d’eux et l’autre moitié de la campagne de financement que nous avons faite.

Vos principaux problèmes étaient le lieu et la sécurité. Comment les avez-vous résolus cette année?
La sécurité n’était pas un problème majeur, la sécurité était un objectif principal que nous avons abordé dès le début et notre stratégie a été exécutée au point que nous n’avons pas eu un seul incident que et l’événement s’est déroulée sans difficulté. Nous ne nions pas qu’il y a des menaces là-bas qui voudraient interrompre notre programme, mais avec le caractère furtif de notre campagne promotionnelle, nous pouvons atteindre le bon public, quant au mauvais public, il lui faudra beaucoup et longtemps chercher avant de détecter les infos et les détails les plus pointus concernant le festival.
Nous avons eu de la chance de pouvoir utiliser l’Institut de France en Afghanistan, qui avait la garde présidentielle sur place, de plus nous avons travaillé avec la police locale et notre propre équipe de sécurité interne qui ont rendu tout cela possible.

Apropos des artistes qui étaient présents, lesquels sont les plus significatifs de l’évolution de l’art en Afghanistan ? Pourquoi ?
Nous avons eu des artistes venus de 8 pays différents : les Etats-Unis, l’Australie, la France, le Pakistan, le Sri Lanka, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Mexique.
Il est vraiment difficile de dire qui était le plus significatif, car tous les artistes ont fait un travail incroyable. Mais si je devais choisir mes meilleurs moments du festival, ce seraient les suivants :
• Nous avons été très fiers de présenter la première femme rappeur afghane, Ramika. Elle a a cassé toutes les barrières avec son morceau «Listen»
• le groupe  Earthling Paranoid venu du Sri Lanka, un pays qui partage un grand nombre d’éléments de conflit avec l’Afghanistan, et qui a su conquérir l’auditoire
• District Unknown, groupe afghan qui a porté LA performance du festival.
L’autre grande surprise du festival a été la prestation de break dance de la troupe Face Off.

Cette année, le festival a invité un grand nombre de femmes artistes. Qu’en est-il de la présence de toutes ces femmes ?
Nous essayons de corriger le déséquilibre hommes/femmes dans le milieu des arts à Kaboul. A chaque événement, il y a 80% d’hommes et ils ont tendance à prendre tout l’espace et par conséquent, les femmes sont occultées.

Est-ce important ? Pourquoi ?
C’est très significatif, nous repoussons les limites d’un schéma culturel très sensible et nous devons le faire avec soin. Etape par étape, nous intégrons de plus en plus de femmes et nous espérons à long terme qu’elles partageront la scène à égalité avec leurs collègues masculins.

Vous avez invité des groupes, mais aussi un cirque et des peintres. Pourquoi avez-vous ouvert le festival à d’autres formes artistiques ?
La mission de notre festival a toujours été d’exposer les Afghans à la performance sonore et visuelle qui les pousse au-delà de ce qu’ils connaissent maintenant. L’Afghanistan est une île déserte entourée de pays qui sont saturés de culture moderne depuis longtemps. Il est temps que les Afghans aient aussi la chance de voir de tels plaisirs. Ils ne peuvent pas connaître tout ce qu’ils découvrent durant le festival sur un téléphone mobile ou un portable, nous devons leur montrer cela concrètement et ainsi ouvrir leur perception.

Maintenant, quels sont vos projets pour la troisième édition ?
Avril 2013 sera plus grand et meilleur. Plus d’artistes provenant de plus de pays, plus d’artiste afghans, plus de formes artistiques, plus de jours, plus de présence féminine, plus de monde, plus de place et plus de plaisir.

Merci à Travis Beard pour son temps et ses réponses.

Merci au SCF pour les photos.

Et plus si affinités

Festival : Sound Central festival : dans les steppes rockeuses d’Asie Centrale

Sound central festival : le parcours du combattant musical

http://soundcentralfestival.com/

Ok we’ve just presented the second edition of SCF. But it’s useless if you don’t understand how it works and why it exists. Time now to question Travis Beard, foundor of SCF, about this second event. Interview.

Sound Central Festival 2 has just finished.
What’s new about this second edition?

The newest element about this years festival is that we have morphed from a alternative music festival to an alternative arts festival. meaning that we are not only presenting music, but many other visual and audio arts for the Afghan youth.

 
What has changed since the first one?

Last year we were a 1 day event, this year we were 3 day.
Last year we had 8 musical groups, this year we had 14
Last year we only presented music, this year we added, film photography, theatre, dance, graffiti, painting, and jewelery
Last year we had just over 500 people attend, this year we have over 1600
Last year was an outdoor event, this year was indoor


How did you work to organize this new edition?

Our team was part from last years team, plus a few new members. The team was 80% volunteers, with a lot of those people that flew into the country at their own costs, so clearly they were dedicated and this came across in the work that they executed. Our goal was to expand the program, the attendance and the demographic of the attendees. For example this year we introduced a women’s only day and it was a great success, it was a day where women could come along and feel comfortable, while watching other women create the arts.

 

What did you learn from the first one?

we learned a lot, we learned how to spend less money and make it go further, this year we had a budget the 1/4 of the size of the last years budget and we made it go a lot further.
We learned that we had to be ahead of ourselves a lot more, booking bands for such a location and therefore, it is common to loose artist, due to the climate we work in. So we over booked the amount of bands because we knew some would pull out.
We also broaden our outreach to donors, so that we were not just dependent on one donor like last year. This year we had 4 embassies support us. 1/2 of the budget came from them and the other 1/2 from the crowd funding campaign we did.

 

Your main problems were the location and the security.
How did you solve them this year?

Security was not a main problem, security was a main focus that we addressed from the start and our strategy was executed to the point, that we did not have a single security incident and the event went ahead smoothly. We dont deny that there are threats out there that would like interrupt our program, But with the stealth design of our promotional campaign we can reach out to the right audience and the wrong audience will have to search hard to find out the finer details of the festival program.
We were lucky that we used the Institute France Afghanistan, which has presidential guard in place, plus we were working with local police and our own internal security team that made it all possible.

 

About the artists who were present, which one are the most significant about the evolution of art in Afghanistan? Why?

We had artists from 8 different countries: the US, Australia, France, Pakistan, Sri Lanka, the UK, Germany and Mexico.
It’s really hard to say who was the most significant, as all artist did an amazing job. But if I had to choose my highlights of the festival, they were:

  • We were very proud to present the first ever Afghan female Rapper: Ramika, she broke all boundaries with her track ‘Listen’
  • The Sri Lankan band: Paranoid Earthling, who share a lot of conflict elements that Afghanistan does, rocked the auditorium
  • The Afghan band District Unknown was definitely the performance of the festival, they were rocking hard and they had the crowd in the palm of their hands.

The other big surprise at the festival, was the dace troop; Face Off, they break danced their way around the festival.

 

This year the festival invited a lot of female artists.
What about the presence of all these women?

We are trying to correct the imbalance of men to women in the arts scene in Kabul. At every event it is 80% men and they do have a tendency to take over the space and therefore the women are pushed to the corner.

 

Is it significant? Why?

It is very significant, we are pushing the envelope in a very sensitive cultural  canvas and we have to do it carefully. Step by Step we are bringing more women into the mix and we hope in the long term they will share the stage equally with their male colleagues.
You invited bands but also a circus and painters.
Why did you open the festival to other arts?

The mission of our festival has always been to expose Afghans to audio and visual performance that pushes them beyond what they know now. Afghanistan is a desert island surrounded by countries that have saturated in modern culture for a long time. Its about time that Afghans too got the chance to view such pleasures. They cant experience all they do at the festival on a mobile phone or laptop, we have to show them it in reality and expand their minds.

 

Now what are your plans for the third edition?

April 2013 will be bigger and better. More artists from more countries, more afghan artists, more art forms, more days, more focus on women, more attendance, more volume and more fun.

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