Quand vient la nuit : c’est l’histoire d’un chiot qui sauve un mec …

C’est l’histoire d’un chiot qui sauve un mec : voici en substance et très condensée la ligne directrice du film de Michael R. Roskam. Sauf qu’à la base, il s’agit d’un scénar signé de la prolifique et très talentueuse main de Dennis Lehane, auteur des monuments Gone baby gone, Mystic River et Shutter Island. Du coup les choses se complexifient à profusion. Et pour notre plus grand plaisir :

Barman paumé dans un rade de Brooklyn impliqué dans le trafic de blanchiment d’argent des différentes mafias locales, Bob Saginowski est transparent, ennuyeux et un brin simplet. En apparence du moins. Car derrière ce masque de simplicité se cachent des méandres plus sombres et plus lumineuses à la fois. Méandres que la découverte d’un chiot jeté dans une poubelle vont dépoussiérer, car avec le chiot arrive une femme.

994189_705041926236373_3487152094092059033_n

Adaptant la nouvelle « Animal rescue » à l’écran, Lehane brosse ici le portrait d’un homme perdu qui doucement retrouve foi dans la vie. Le processus n’est pas aisé dans cet univers nocturne tissé de secrets et de violences, où tout le monde manipule tout le monde, où le rapport de force est de mise, où il faut savoir quand faire profil bas, quand redresser la tête.

photo-4

Et où il convient de se méfier de tous, y compris et surtout de ses proches. Progressivement alors que l’intrigue se déroule, le véritable visage de cet homme apparaît, observateur, mesuré, analytique et puissant. Doté de principes, de valeurs, méfiant et silencieux. On salue l’excellente performance de Thomas Hardy qui prête bien des nuances à cet anti-héros du quotidien qu’est Bob.

ANIMAL RESCUE

Autour de lui un ensemble d’acteurs qui fonctionnent dans un esprit de troupe, dans la cohérence et l’humilité, ce qui n’est pas un mal pour façonner ce drame proche par certains côtés de l’ambiance pesante des œuvres de Tennessee Williams. Notons Noomi Rapace dans le rôle de la jolie fille, ex toxico, harcelée par l’odieux Eric, incarné par un très psychotique Matthias Schoenaerts, ou et non des moindres le regretté James Gandolfini qui joue le cousin Marv, pétri d’amertume coupable et de désir de revanche.

photo-1

Un casting multiculturel représentatif du melting pot propre à Brooklyn, dont on découvre ici les ruelles, les arrière-cours et les intérieurs, toujours dans cette logique de pénétrer les milieux, les secrets, les silences. Le suspens n’en est que plus angoissant, rehaussé de temps à autre par l’émergence fulgurante de la violence, qu’il convient alors au plus vite de camoufler. A voir donc pour le jeu d’acteur, le cheminement tortueux de l’intrigue et l’histoire, chargée d’espoir et de ces petites étincelles de vie qui font un pe de bonheur au milieu du chaos.

Et plus si affinités

http://www.quandvientlanuit-lefilm.com

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.