Poilorama : le droit d’être hirsute !

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Ils sont diffusés sur ARTE Créative depuis le début décembre et leur ton résolument drôle va nous offrir une bouffée d’oxygène bien méritée lors des congés de Noël. Une respiration donc mais également l’occasion d’une réflexion bien sentie sur la dictature du glabre. En effet les 10 épisodes du très pertinent Poilorama reviennent sur l’histoire de nos pilosités et l’opprobre dont elle fait l’objet depuis des siècles.

Tyrannie hypocrite et bien pensante qui associe pubis velu et sexualité bestiale ! Le poil c’est à la fois mâle et mal !!! Mesdames, épilez-vous bien ras, vos toisons sentent le diable ! Mince, souple, souriante, la femme se retrouve corsetée dans cet interdit supplémentaire qui frappe d’anathème des follicules pourtant bien naturels, l’empêchant par là même de prétendre à l’égalité qui lui revient de droit.

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Aux commandes de cette saga, Emmanuelle Julien et Olivier Dubois tissent la trame d’un voyage initiatique au pays des velus, dont Adrien Pavillard assure la réalisation musclée, avec à la prod Honkytonk Films et ARTE France, sous le parrainage du magazine Causette et de Konbini. Une équipée sauvage qui trouve sa justification au fur et à mesure qu’elle déroule interviews, rencontres et analyses, sur fond de documents, d’extraits de film, d’oeuvres d’art et de publicités.

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Artistes, historiens, sociologues, philosophes, révélateurs de tendances ou spécialistes du marketing et de la communication, tous s’accordent sur ce point : le poil qui masculinise la femme est plus généralement signe de rébellion, de liberté du corps, d’affirmation d’une nature souveraine. Autant dire qu’il est symbole de trouble, de désordre, de révolution. Et la bonne bourgeoisie de s’en méfier comme de la peste, préférant la sagesse d’un rasage constant, qui enrichit les marques au passage, il n’y a pas de petits profits.

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En bref et pour couper court, ces cinquante minutes sont à la fois éclairantes, convaincantes, nécessaires. Titrés de façon accrocheuse, les dix chapitres tablent la carte du rapide, du synthétique et du frappant, dans un esprit pop art des plus speed. Doté de pareils atouts, Poilorama a tout pour faire prendre conscience d’un diktat pernicieux et mercantiliste : pas dit que ses spectateurs continuent ensuite de s’y soumettre.

Et plus si affinités
http://creative.arte.tv/fr/poilorama

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