Opium, histoire d’un paradis infernal … ou d’une addiction artistique ?

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Opium, histoire d’un paradis infernal : la publication dont nous allons traiter aujourd’hui n’est pas récente puisque éditée en 1999.Elle a néanmoins l’avantage d’extraire cette thématique délicate de son carcan géopolitique et social pour en étudier la force de fascination. Car fascinant, l’opium le fut à plus d’un titre, pour le pire … et le meilleur. C’est cette ambivalence que Barbara Hodgson explore, passant ainsi en revue deux siècles de créativité dédiée à la fleur du mal.

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Remarquablement illustré, cet ouvrage de belle facture documente la formidable passion des élites occidentales du XIXeme siècle pour une drogue ô combien ravageuse. Photographies, dessins, peintures, objets dérivés, mais aussi récits de voyage, poèmes, bandes dessinées, polars, les opiacés dégorgent jusque sur le grand écran naissant, thème récurent pour des artistes en mal d’inspiration ou surpris par cet engouement dont on ignore le caractère létal.

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C’est que l’opium, fumé, bu, mâché, respiré n’est alors pas perçu comme dangereux. Les produits pharmaceutiques de la révolution industrielle en font un large usage, ignorant les principes addictifs de la substance. Les créateurs et la jet set trouvent eux de bon ton d’y puiser un vent de rébellion doublé de visions contemplatives riches. Thomas de Quincey n’est pas le seul à disserter sur les effets du pavot, loin s’en faut.

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D’autres cheminent de concert, tombant progressivement en dépendance. Leur déchéance alimente les chroniques, dans cette période absorbée par l’orientalisme à la chinoise. Doucement alors que les pouvoirs publics construisent l’appareil judiciaire qui réprimera cette passion, celle-ci devient une muse venimeuse, entourée de vapeurs capiteuses et de femmes en kimono. Très clair, le propos de l’auteur éclaire les liens qui entraveront les génies de l’ère industrielle dans cette toile d’araignée tissée de volutes empoisonnées.

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