Et les mistrals gagnants d’Anne Dauphine Julliand : apprendre à vivre !

Les rires malicieux et les mots d’enfants nous racontent dans un style léger et jamais dramatique les maux de la maladie. Ce reportage, guidé par cinq enfants malades nous réapprend à vivre, à aimer et à nous émerveiller. Pour l’avant première au Comoedia, la réalisatrice Anne Dauphine Julliand vient soutenir son film dans une grande simplicité, avec naturel et passion.

L’actualité en période d’élection nous rappelle chaque jour que l’hôpital public va mal, que les soignants arrivent au bout de leurs capacités, que les médicaments sont déremboursés, que les mauvais choix politiques passés ou présents épuisent un système de santé en fin de vie. Le documentaire d’Anne Dauphine Julliand constitue un magnifique hommage à une médecine performante, dévouée, compétente et humaine. Plongés dans le monde de la pédiatrie, les cinq petits héros du quotidien font de l’hôpital leur deuxième maison et des soignants leurs amis. Quel beau pays que celui qui offre la possibilité au petit Imad d’avoir un rein tout neuf, quelles belles infirmières que celles qui passent plusieurs heures à refaire les pansements de Charles. Un souffle d’espoir et de reconnaissance nous envahit, en les regardant faire.

Traiter de cinq enfants gravement malade est un sujet difficile et qui pourrait dangereusement tomber dans le pathos. La contemplation malsaine de la souffrance de l’autre n’a pourtant aucune place dans le film. Les barbares noms des maladies infantiles qui sévissent ne sont quasiment pas évoquées, même le monde hospitalier est mis de côté. Ici tout est centré sur l’enfant, son innocence et sa manière d’affronter la vie. Ici on ne pleure pas, on est ému devant tant de force et de courage. On cherche à se souvenir de cette âme ingénue qu’on avait autrefois également. Par leur détermination, ces cinq enfants ordinaires (malgré leur pathologie) nous rappellent qu’il faut prendre la vie comme elle vient. Au rythme de Renaud, on voudrait retrouver un peu de cette force initiale.

La principale qualité de ce documentaire est sa simplicité et son naturel. Si on ne tombe jamais dans le voyeurisme, la pitié ou pire le tragique, c’est grâce à un usage de la caméra prudent et respectueux. Ce respect mis au service des ces enfants confère au film tout son charme. Les enfants choisis grâce au réseau associatif ne sont pas exposés, ils nous invitent seulement à entrer dans leur quotidien. Ils nous rappellent notre devoir de joie, qui devrait dépasser celui de réussite. Passant du rire à l’émotion ils nous enseignent l’essentiel du bonheur. Merci Ambre, Camille, Charles, Imad, Tugdual (Jason aussi). Merci Anne Dauphine Julliand, Nour production et le Comoedia. Merci de nous insuffler ce vent d’espoir.

Et plus si affinités

http://www.nourfilms.com/?p=2685

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